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Abdelilah Benkirane, très remonté contre tout et tous, prépare son retour...
Publié dans PanoraPost le 04 - 02 - 2018

Abdelilah Benkirane, pour les très rares personnes qui ne le savent toujours pas, fut chef du gouvernement et du PJD. Il a quitté le gouvernement le 15 mars dernier et la tête du PJD le 10 décembre, après avoir tout fait pour se maintenir à ces deux fonctions. Lors du congrès de la Jeunesse du parti, ce samedi 3 février, il a délivré un discours qui est en soi un discours de campagne… une campagne de roussi, car ça sent désormais le brûlé au PJD.
Nous avions abondamment critiqué l'ancien chef du gouvernement et ancien patron du PJD quand il était en fonction et tant qu'il était en fonction. Après son départ, nous n'avons pas écrit une ligne sur lui. Mais puisque M.Benkirane revient, alors nous revenons… car son positionnement est agressif.
L'homme bénéficie d'une popularité unique dans les annales politiques du royaume, mais cette popularité est fondée sur son populisme et son art consommé et inégalable de la harangue. Il n'y a pas de politique au bénéfice des « pauvres », il y a une ambition au service d'un homme mortifié et narcissique. Nous reprendrons donc nos critiques à son égard, contre l'homme public et non contre la personne privée.
Prélude
Au départ, l'annonce du retour… : « On voulait faire de ma présente prise de parole quelque chose comme un hommage… mais nous n'avons pas besoin d'hommage ! Les gens de la Jeunesse voulaient entendre Abdelilah (sic !) et on leur a amené Abdelilah, et quiconque d'autre veut m'entendre, j'irai à lui »…
L'ancien chef du parti multiplie les phrases sur l'unité et la cohésion du parti, et appelle à soutenir la direction actuelle, après l'étape passée, celle de sa révocation, de la formation du gouvernement Elotmani et la suite. Il appelle toute cette phase de 2017 « un séisme » qui a frappé le PJD ! On comprendra l'allusion. Mais fort heureusement, les gens, « ceux qui parlent amazigh et qui ne comprennent pas mes paroles », étaient convaincus du sérieux des gens du PJD, et de leur alors secrétaire général.
« Vous avez des ennemis féroces, qui ont des intérêts, qui ne vous regardent même pas, pas plus que ceux qui ont voté pour vous. Ils sont prêts à faire n'importe quoi et pas uniquement contre notre parti », fulmine l'ancien chef du parti devant une assistance de « jeunes » qui lui est acquise.
M.Benkirane explique que les autres chapelles politiques et leurs dirigeants sont des « frères, des amis, des Marocains », et il explique qu'il a souhaité que ces autres soient « meilleurs que le PJD et ses cadres… Mais non, ce n'est pas le cas, il nous faut donc rester là ! ». Un discours de division et de haine contre l'autre.
Politique et religion
Dans un passage où il parle de religion, Abdelilah Benkirane explique qu'au Maroc, religion et politique sont indissociables, « à moins que vous ne vouliez installer la laïcité ici, et vous ne le pourrez jamais !».Ovation dans la salle, et l'orateur poursuit que « la raison en est que le chef de l'Etat réunit en lui-même les fonctions du roi et de commandeur des croyants »… sauf qu'il est, précisément, le seul à avoir cette possibilité. S'en suit un long passage sur la religion, le référentiel religieux, les valeurs portées par ce référentiel, et la force du PJD de s'appuyer sur ce référentiel, « même si cela doit nous conduire à en payer le prix, ce qui serait alors un honneur ! »… Et même la décision, éminemment moderne, de confier la tâche d'adoul aux femmes, M . Benkirane dit ne l'avoir vraiment acceptée que quand Ahmed Raïssouni - qu'il câline au passage, après que ce dernier, théologien connu et reconnu, l'ait assez sérieusement éreinté - a émis une fatwa expliquant que cette décision royale est heureuse.
« La dignité du citoyen doit être préservée, et cela passe par le fait que son choix électoral doit être respecté, car quand il vote pour un camp, il ne vote forcément pas pour un autre ». Certes, mais le PJD, premier aux élections, est toujours à la tête du gouvernement Elotmani, avec moins de technocrates d'ailleurs que du temps des gouvernements Benkirane I et II. Pour l'ancien chef du gouvernement, ne pas rester en fonction signifie que rien n'a été respecté…
Aziz Akhannouch
Les attaques ad hominem , contre Elotmani et Aziz Akhannouch : « Si toi, Ssi Saadeddine, tu aimes employer des mots soigneusement choisis, moi je suis tout autre…Ssi Aziz Akhannouch veut t'emporter les élections de 2021, je n'ai aucun problème avec cela, mais qu'il nous dise qu'elle est cette voyante qui le lui a garanti… quelqu'un lui a-t-il assuré la victoire, à moins qu'il ne veuille réitérer l'expérience foireuse et misérable du parti que vous savez (le PAM, NDLR) ? » . Puis, s'adressant directement à Akhannouch, il lui lance : « Travaille et montre ce que tu sais faire, mais n'essaie pas de nous effrayer car nous n'avons par peur… Où tu étais jusqu'à aujourd'hui, toi qui viens maintenant nous dire que tu régleras tous les problèmes du Maroc ». Et contrairement à toute logique, il l'assure de son amitié, avant de lui lancer, sous l'ovation du public, que « la liaison de l'argent et de la politique est un danger pour l'Etat ». Notons qu'Akhannouch était ministre de Benkirane 5 années durant, sans que l'ancien chef du gouvernement n'y ait trouvé à redire.
Et il poursuit : « Personne ne vous empêchera de faire de la politique, mais le peuple a besoin de politiciens, et de partis sérieux »… Dire cela, en présence du chef du gouvernement, sur le compte d'un pilier de la coalition qu'il a lui-même soutenue, est particulièrement dangereux pour la stabilité du gouvernement, et bien entendu du pays, surtout quand il ajoute « certains personnages, inconnus voici quelque 10 ou 15 ans, figurent aujourd'hui parmi les plus riches au monde… ». M. Benkirane n'était-il pas chef du gouvernement, pourquoi n'a-t-il pas enquêté sur eux ?
Réponse dans la phrase suivante : « Je te conseille, Ssi Aziz, de lire le livre américain intitulé 'saving the capitalism' »… Et d'expliquer que « nous (au PJD, NDLR) voulons sauver le capitalisme »… donc le libéralisme, donc l'inégalitarisme. Et c'est ce qui s'est produit durant les 5 dernières années (compensation, taxations, cadeaux aux entreprises…).
Appel à la sédition
« Si ce gouvernement, qui repose sur une majorité, laquelle fait se comporte parfois à l'image de hooligans, doit tomber, ne le soutenons pas à tout prix. Laissons-ce gouvernement tomber, car nous sommes prêts à nous en aller ». Pourquoi M. Benkirane ne l'a-t-il pas fait à plusieurs reprises quand il était en situation ? Pourquoi a-t-il attendu d'être révoqué avant et au lieu de jeter l'éponge ? Des questions auxquelles les PJDistes, jeunes et moins jeunes, devraient se poser. Mais qu'ils ne posent pas à l'évidence, emportés par l'émotionnel.
« Il n'est pas possible qu'un groupe qui s'est formé difficilement vienne nous imposer sa volonté, à nous et nos 125 députés… C'est inacceptable ! Et le Dr Elotmani, quoique maigrichon, sait s'énerver aussi »…
L'état de nervosité
A plusieurs reprises, M. Benkirane reste égal à lui-même, mais en dehors d'une boutade sur les youyous des femmes, le ton est plus austère, énervé, irascible. « Inadmissible », « ça suffit », « n'abusez pas »… des postures qu'il aurait pu avoir du temps de sa présidence du gouvernement, mais qu'ils n'a pas eues… des postures qu'il ne devrait plus avoir maintenant, mais qu'il a… Une sorte de discours de la haine.
Parlant de Hamideddine, inquiété pour son implication dans une affaire où il avait été innocenté, Benkirane dit à la justice que « nous au PJD doutons fort de cette affaire et de sa résurrection… et nous ne vous livrerons pas notre frère ! ». Il s'adresse à la justice qui, quoique perfectible comme toute chose en ce bas monde, reste la justice, et un ancien chef du gouvernement ne devrait pas s'exprimer ainsi. Au pire c'est grave, au mieux c'est affligeant et dans les deux cas, cela est répréhensible et condamnable.
Le référentiel idéologique de M. Benkirane
Tout au long de son discours, il cite des versets du Coran, ce qui n'est pas un problème. Mais se référer à Omar ben Khattab, à Ibn Khaldoun et à d'autres encore pour pratiquer la politique en 2017, voilà qui est très passablement pertinent…
Les contradictions
« Je suis en très bonne forme », après avoir dit, parlant de sa révocation et de ce qui s'en est suivi, , que « bien évidemment, cela influe sur la psyché de quelqu'un »… Dire que les citoyens sont égaux, « riches ou pauvres », avant de s'en prendre à Akhannouch. Dire qu'il soutient le gouvernement avant de conseiller de ne pas tenir à y rester…
La profession de foi
Sur le ton de la boutade, sérieusement ou d'un ton plus badin, le leitmotiv de l'ancien chef du gouvernement est l'attachement à la monarchie, et les relations personnelles de respect et de considération qu'il voue au roi Mohammed VI. Le reste est à l'avenant…


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