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Maroc : Des archéologues déplorent le manque de musées
Publié dans Yabiladi le 18 - 12 - 2012

Début décembre, des objets archéologiques datant du 16ème siècle sont trouvés dans la ville de Safi. Alors qu'ils ont été minutieusement placés et exposés au Musée de la poterie et de la céramique de la ville, ces nouvelles trouvailles pointent du doigt la problématique du manque de musées dans les autres villes au Maroc.
Nouvelles découvertes archéologiques au Maroc. Cette fois-ci, c'est dans la ville de Safi. Lors de travaux d'assainissement, début décembre dernier menés sur une route de l'ancienne Vallée de Chaâba, les ouvriers trouvent des morceaux d'objets archéologiques dans le sol. Ils arrêtent immédiatement les travaux et contactent les autorités locales pour les prévenir de ce qu'ils ont trouvé. Des équipes archéologiques sont dépêchées sur place et extraient une colonne en marbre, un fragment d'une meule de pierre, plusieurs morceaux de colonnes longs de 24 à 131 cm et deux pièces en marbre d'une longueur de 64 et 97, rapporte la MAP. Une grande quantité de fragments de poterie et une construction en pierre sous forme de mur ont été également découvertes. Ces dernières trouvailles remontent au 16ème siècle, précise Saïd Chemsi, conservateur du musée de la céramique et de la poterie de Safi. «Ces objets ne sont pas une grande surprise pour nous. On a déjà des morceaux de colonnes similaires trouvés en 1997 actuellement exposés à l'entrée du musée», explique-t-il. Les objets trouvés lors de la fouille de décembre ont été également exposés à l'intérieur du musée à Safi. Les travaux d'assainissement ont repris sous le contrôle d'une personne dépêchée sur place par le ministère de la Culture.
15 musées pour 33 millions de Marocains
La ville de Safi a bien de la chance et M. Chemsi peut dormir sur ses deux oreilles. La ville possède un musée dans lequel elle peut exposer et entreposer les objets trouvés dans son sol. Néanmoins, ce n'est pas le cas de toutes les villes du Maroc. La réalité est que le Maroc manque cruellement de musées et que leur répartition géographique laisse à désirer. «Vous allez avoir deux villes où vous allez avoir deux musées et des villes peuplées par des millions d'habitants où il n'y a aucun musée. Par exemple à Agadir, première ville touristique marocaine il n'y a aucun musée. Entre Fès et l'Algérie, aucun musée. Entre Marrakech à la Mauritanie, aucun musée», déplore Aboulkacem Chebri, archéologue rappelant que le Maroc possède près de 15 musées notamment dans les villes de Casablanca, Marrakech, Rabat, Essaouira, Tanger ou encore Tétouan. «Les musées sont des institutions d'éducation et de culture. C'est une fierté. Ca fait partie de l'identité nationale qu'on doit préserver à tout prix», insiste-t-il à dire.
Pour lui, ce manque de musée au Maroc fait qu'il y a, au final, moins d'objets à présenter au public et par conséquent moins d'histoire à lui raconter. Ce qui se passe la majorité du temps est que lorsque des objets archéologiques sont trouvés dans des villes n'ayant pas de musée, ils sont placés et entassés dans les réserves des musées existants avec d'autres trésors dont on oublie leur existence. «On a des tonnes et des tonnes d'objets entassés dans ces musées et dont les conditions de préservation posent problème», ajoute Abdelkacem Chebri. Pour lui, si le Maroc manque de musée, cela est dû à un manque de volonté politique. «C'est aussi un manque d'argent. On a besoin d'argent et de personnel qualifié pour mieux gérer les musées», renchérit de son côté Saïd Chemsi.
Création Fondation Nationale des Musées
Les deux hommes posent actuellement leur espoir sur la nouvelle Fondation Nationale des Musées créée en 2011 et dirigée par le peintre Mehdi Qotbi pour mieux gérer les affaires des musées. L'objectif de cette Fondation est de répertorier les objets déjà existants dans les musées, restaurer les bâtiments ou encore améliorer leur signalétique. «On ne peut pas juger maintenant des actions de la Fondation car elle vient d'être créée mais j'ai déjà rencontré M. Qotbi, le président de la Fondation et c'est quelqu'un qui est très ouvert et qui a des idées qu'il va chercher à développer pour améliorer les musées au Maroc», conclut Aboulkacem Chebri.


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