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Procès du député Arif : Malika, la victime qui l'accuse de viol, mise en prison
Publié dans Yabiladi le 21 - 01 - 2013

C'est le monde à l'envers. Depuis trois ans, Malika Slimani, employée au ministère des Habous, accuse Hassan Arif, député marocain de l'avoir violé et d'être le père de son fils, avec preuves à l'appui. Cependant, revirement de situation. Tandis que lui a été acquitté, c'est Malika Slimani qui a été emprisonnée pour outrage à magistrat.
Alors que le député Hassan Arif de l'Union Constitutionnelle à Ain Aouda, a été innocenté par la cour d'appel de Rabat, en deuxième instance, jeudi 17 janvier dernier, Malika Slimani, la jeune femme qui l'accuse de l'avoir violé, a, elle, été emprisonnée.
Emprisonnée pour outrage à magistrat
Ne supportant pas de le voir acquitté, elle a hurlé toute sa colère aux magistrats du tribunal pour dénoncer ce qu'elle considère comme une injustice. «Elle a été emprisonnée pour outrage à magistrat en fin de semaine dernière», confirme Réda Oulamine, avocat à Casablanca et président de l'association marocaine Droit et Justice. Il nous confie qu'il souhaite la représenter de manière bénévole. D'après Omar Radi, journaliste indépendant, Malika Slimani a été transférée aujourd'hui, à la Chambre criminelle de la Cour d'appel accusée d'outrage à magistrat, fait-il savoir sur son compte Facebook.
En plus d'être accusé de viol, Hassan Rif a été également reconnu par la justice marocaine comme étant le père biologique du fils de la jeune femme, âgé aujourd'hui de trois ans. Alors qu'Hassan Arif a toujours nié avoir eu des relations sexuelles avec Malika, l'accusation a réussi à produire au juge des tests ADN positifs prouvant qu'Arif est bel et bien le père du fils de Malika.
Une justice faite pour les riches et les puissants
Par ailleurs, les avocats de la jeune femme ont également fourni près de 300 échanges téléphoniques émanant de Maroc Telecom, entre elle et Hassan Arif, prouvant bien qu'il y avait entre eux bien plus qu'une relation professionnelle, contrairement à ce qu'il a toujours affirmé. «Même s'il avait été déjà jugé coupable, il n'a jamais été arrêté !», lance Réda Oulamine. «Au Maroc, la justice n'est faite que pour les riches. Cette affaire est la preuve que le puissant est toujours au dessus de la loi et que l'on punit la victime», lâche-t-il.
Selon lui, la meilleure chose à faire pour que Malika sorte rapidement de prison est de faire du tapage auprès des médias nationaux et internationaux afin de mettre la pression sur les autorités pour la relâcher. «Dans le cas contraire, elle pourrait rester en prison 2 à 3 mois», explique-t-il. «Vous savez cette affaire n'est que la partie visible de l'iceberg. Il y en a des centaines d'autres comme celles-ci qui se produisent au quotidien au Maroc. Si tu es pauvre, tu n'es qu'un sous-homme, tu n'as pas le droit d'être un être humain», conclut-il.
Pétition pour la démission de Hassan Arif
Durant 3 ans, l'affaire est passée devant toutes les juridictions. Le seul espoir pour que l'affaire soit rejugée de manière juste est que la Cour Suprême intervienne et casse la décision de l'appel. En attendant, une pétition a été créée sur Facebook vendredi dernier qui appelle à la démission du député Hassan Arif et à la déchéance de son mandat de représentant du peuple marocain. Pour le moment, le parti politique d'Hassan Arif, l'Union Constitutionnelle ne s'est pas encore exprimée dans cette affaire.


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