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Diaspo #405 : Nadem Mouaouine, figure de l'équitation marocaine en Arabie saoudite
Publié dans Yabiladi le 06 - 09 - 2025

Si ses proches ont toujours pensé que l'équitation n'était qu'un passe-temps, Nadem Mouaouine y a toujours vu une vocation. De son enfance dans les clubs d'Agadir à formateur éminent en Arabie saoudite, il s'est lancé dans un projet difficile, mais sa détermination a été son allié indéfectible.
Son père n'a jamais imaginé que les sorties au club équestre avec son fils écrivaient le début d'une histoire, qui durerait toute une vie. Pourtant, Nadem Mouaouine savait que son attrait pour les chevaux serait bien plus qu'une simple passion.
Originaire de Zoumi, dans la province de Chefchaouen, le natif de la ville d'Agadir a longtemps porté un rêve d'enfance : devenir entraîneur dans n'importe quel domaine sportif.
À l'âge de 11 ans, Nadem fréquente un club équestre près de la maison familiale. Malgré le budget conséquent, son père militaire l'a emmené de temps en temps pour monter à cheval. «J'aimais ce sport, et les chevaux aussi», nous explique-t-il. Devenu de plus en plus familier au club, il est parfois autorisé à entrer gratuitement.
Après son baccalauréat, Nadem a décidé de se lancer dans des études en hôtellerie. Il travaille ensuite dans le secteur, mais sans en être passionné. «Ce n'était ni ce que je voulais, ni ce dont je rêvais ; je ne m'y retrouvais pas. Ce n'était pas plus qu'un gagne-pain quotidien», nous dit-il. Les choses sont restées ainsi, jusqu'à ce qu'il tombe sur une annonce pour l'ouverture du premier Institut national d'équitation au Maroc. La vie a semblé lui avoir donné une deuxième chance.
Un rêve plus fort que la volonté de la famille
Nadem est d'une famille traditionnelle qui ne voyait pas d'avenir professionnel de son fils dans l'équitation. «Aux yeux des proches, il fallait plutôt être médecin, ingénieur, policier ou enseignant. Mon père pensait que c'était une phase passagère de mon enfance, un passe-temps et non une profession», nous explique-t-il.
Mais Nadem est déterminé. En 2013, l'annonce de l'ouverture de l'Institut national à Rabat l'a motivé. Il a postulé et a été accepté, grâce à son expérience antérieure dans l'équitation. Il rejoint l'établissement à l'âge de 26 ans, à rebours de sa famille.
«Pour eux, à cet âge, on devrait avoir assuré son avenir, pas retourner en classe. Mais j'étais déterminé à faire ce que je voulais. J'ai relevé ce défi, malgré les réticences de mes parents.»
Nadem Mouaouine
Deux années de formation professionnelle l'ont qualifié pour obtenir un diplôme d'instructeur équestre, l'introduisant officiellement dans le monde de l'entraînement. Il devient coach équestre dans plusieurs clubs de diverses villes marocaines, y compris le club qu'il connaissait enfant. En 2017, il crée son propre club à Essaouira. Mais le rêve a été de courte durée. Le projet a échoué et son porteur est retourné entraîner dans l'un des clubs. Cette épreuve a cependant servi d'expérience pour l'avenir.
Le club équestre Bridle, une part du Maroc en Arabie saoudite
En 2019, Nadem a reçu une offre inattendue pour travailler en Arabie saoudite, avec un contrat d'un an. La première expérience n'ayant pas répondu à ses ambitions, il a refusé de renouveler le contrat. Mais il a commencé à rêver de créer son propre projet là-bas.
En 2021, il a lancé son nouveau projet à taille humaine : le Bridle Equestrian Club ou Al-Lijam Equestrian Club. Il s'est inspiré des clubs marocains à travers l'usage de l'ocre, symbole de la ville de Marrakech, des arbres et même un sanctuaire de pigeons. Il a aussi amené toute une équipe du Maroc, entraîneurs et assistants, pour offrir une expérience de haut niveau. «Le résultat a été comme je l'avais espéré», s'est-il félicité.
Nadem a réalisé son projet avec beaucoup d'amour, profitant de ses premières expériences dans des professions indépendantes durant son enfance et sa jeunesse, où il travaillait dans la peinture et côtoyait des artisans pendant les vacances. Cette pratique a enrichi sa connaissance des outils et des techniques, ce qui lui a permis de participer personnellement à la construction et à l'aménagement.
Nadem a établi son projet au sein du plus grand complexe équestre du pays, qui comprend un ensemble de clubs. La compétition a été rude, surtout du fait de son statut d'étranger. Cependant, il a bénéficié d'un an et demi passé en Arabie saoudite, où il a réalisé que les concurrents manquaient de techniques modernes. Il s'est concentré sur ces lacunes et s'est appuyé sur une formation équestre régulière. Peu à peu, les choses ont commencé à tourner en sa faveur.
Des bulldozers à la fin de 2024
Mais fin 2024, une décision du gouvernement saoudien a fait supprimer toutes les écuries de la région, considérant que le terrain appartenait à l'Etat et que la crise du logement primait sur le sport. Nadem décrit cette phase de sa vie comme une catastrophe : «C'était difficile, mais nous ne pouvions rien faire, face aux priorités.»
En un instant, tout ce qu'il a construit a été démoli par des bulldozers. Il repart avec seulement ses 28 chevaux, dont il vend quelques-uns pour louer un nouvel espace. «Je ne pouvais pas rester les bras croisés. Je voulais trouver une solution et m'en sortir avec le moins de dégâts possible».
Dans le nouvel endroit, le travail n'était pas à 100% comme avant, mais il n'a pas arrêté. Les chevaux étaient là et les clients qui connaissaient l'entraîneur l'ont suivi. Il a commencé à donner des cours en parallèle de la construction.
Nadem ne s'est pas arrêté à l'enseignement classique. Il a proposé à son équipe l'idée de donner des cours à distance, une option qui n'était pas disponible dans d'autres clubs. Il a commencé à fournir du contenu numérique et des vidéos éducatives. «La demande était grande, et des clients de divers pays ont continué avec nous, ce qui me rend heureux et nous aide à avancer», se félicite-t-il.
Bien que le chemin n'ait pas été facile avec sa famille, ses proches ont fini par accepter la situation, en voyant les vidéos. Nadem raconte : «Récemment, en regardant ces contenus, ils ont commencé à comprendre et à saisir ce que je fais, et que c'est effectivement une profession, après des années de dévouement», nous confie le coach.
Il confirme que le contact avec les chevaux est un talent qu'il a hérité de son grand-père, qui entraînait les animaux instinctivement, mais il y a ajouté étude et formation. Il dit : «Même si je suis coach équestre, je travaille constamment à me développer, car l'apprentissage ne s'arrête jamais, surtout dans le contact avec les chevaux, qui nécessite une grande expertise et sensibilité. Beaucoup considèrent que j'ai un talent, et je crois l'avoir hérité de mon grand-père.»
Bien qu'il se soit installé en Arabie saoudite, Nadem reste reconnaissant envers le Maroc et considère que l'Institut national d'équitation et la fédération lui ont permis de devenir ce qu'il est aujourd'hui. Il espère le développer davantage comme d'autres instituts européens, concluant être fier «d'être un Marocain qui a reçu sa formation au Maroc».
Article modifié le 06/09/2025 à 20h58


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