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La grippe aviaire n'a pas fini de donner des maux de tête
Publié dans Yabiladi le 01 - 11 - 2005

La grippe aviaire continue de faire bouger les responsables de tous bords. Non pas que ces dégâts soient considérables jusqu'à présent, mais c'est surtout par crainte d'un scénario pour le moins macabre. Nos medias, tour à tour informent, rassurent, préviennent ou alertent. Quoi qu'il en soit, le virus inquiète.
On crée la psychose, puis on dément et «rassure», estime La Gazette du Maroc. Manger du poulet, même grippé, ne tue pas. Selon l'OMS, le virus est détruit à 60° C, le consommateur n'a donc rien à craindre en principe. Et pourtant, «les ménages boudent le poulet» nous informe Le Matin du Sahara. La psychose aviaire gagnerait les marocains. Pour preuve, les ventes de volailles ont considérablement baissé ces derniers jours. Al Bayane assure que la baisse de consommation de poulet est surtout due à l'offre qui est plus grande que la demande. Quoi qu'il en soit les prix s'effondrent, ce qui n'est pas pour déplaire aux consommateurs avertis, au grand dam des vendeurs de volailles.
En tout cas, «jamais un simple vol d'oiseaux migrateurs n'aura suscité une telle méfiance et autant d'inquiétude» continue Le Matin. Après avoir traversé l'Asie puis l'Europe, les oiseaux migrateurs doivent gagner le continent africain, ce qui fait craindre une propagation de la grippe aviaire. C'est en effet à l'est du continent que les risques sont le plus élevés souligne Jeune Afrique - l'Intelligent. Cela est d'autant plus vrai que l'OMS s'est alarmée vendredi de la possible arrivée de la forme la plus virulente de la grippe aviaire en Afrique et de ses conséquences ajoute Le Monde.
Ce n'est pas tant le virus tel qu'il est actuellement qui provoque toute cette panique, mais plutôt le phénomène de mutation qui pourrait survenir, entraînant une contamination d'homme à homme. Des oiseaux de mauvais augure affirment même que «chaque siècle, il y a eu trois ou quatre pandémies et il n'y a aucune raison de penser que nous serons épargnés. Il n'y a pas de date, mais il va y avoir une nouvelle pandémie». Une combinaison entre le virus de la grippe saisonnière et celui de l'influenza aviaire peut donner naissance à un "phénomène biologique inconnu". Ce lugubre scénario nous rappelle un peu ce qui c'était passé en 1918, quand la fameuse «grippe espagnole» a fait des siennes, causant plus de morts que dans les deux guerres réunies. Avec plus de 25 millions de victimes, le souvenir de cette pandémie a de quoi donner la chair de poule. Heureusement, ce ne sont que des suppositions, jusqu'à présent. «Qui sait ce que nous en penserons dans quelques mois ?» s'interroge le Journal Hebdomadaire. «On sourira peut être en se souvenant de tant de frayeur inutile...ou peut être pas».
En attendant d'être fixé, personne ne compte rester les bras croisés. Mieux vaut prévenir que guérir. Un plan d'action a été établi par le Maroc pour parer à une éventuelle contamination. La Vie Economique nous explique que le premier ministre a dégagé une enveloppe de 924 MDH pour la constitution d'un stock d'antiviraux permettant de traiter une population cible de 5,5 millions de personnes, la plus sensible en cas de contamination. Dans cette catégorie figurent les personnes âgées de plus de 60 ans et souffrant de maladies chroniques, les enfants de moins de deux ans, les femmes enceintes et le personnel de la Santé et de la Protection civile. Des mesures d'hygiènes ont également été renforcées pour les aviculteurs marocains, en plus d'une campagne de sensibilisation auprès des éleveurs de volaille menée par la Fédération Interprofessionnelle du secteur avicole (FISA).
La grippe aviaire est sur toutes les langues, parce qu'elle est sur toutes les pages. On ne sait plus si on doit être rassurés qu'aucun cas de grippe n'ait été détecté au Maroc, ou terrorisés par la menace d'un nouveau virus mutant. Tout ce que la presse peut faire pour le moment, c'est mettre en gros caractères : «Manger du poulet ne nuit pas à la santé », en espérant que cela consolera un tant soit peu les vendeurs de volailles.
Salma Daki
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