Les musulmans du Gard et de l'Hérault pourraient cette année se passer du sacrifice du mouton pour la prochaine fête de l'Aïd el kebir, prévue dans moins d'un mois. C'est en tout cas ce que souhaite une partie des responsables musulmans locaux, qui pointent du doigt les pouvoirs publics à cause du manque d'abattoirs rituels dans la région. La préfecture de l'Hérault vient toutefois de réagir et accuse ces derniers d'être à l'origine de cette situation. Dans le sud de la France, plus précisément dans le Gard et l'Hérault, des responsables du culte musulman menacent depuis quelques jours de boycotter les moutons pour l'Aïd el kebir, prévu dans moins d'un moins. Ils accusent notamment les pouvoirs publics de ne pas mettre à leur disposition assez d'abattoirs rituels pour les 130 000 musulmans qui résident dans les deux départements. La préfecture de l'Hérault a, cependant, réagi mardi par le biais du directeur de cabinet du préfet, Frédéric Loiseau. Dans un communiqué relayé par le quotidien régional Midi Libre, ce dernier s'est montré ferme. En France, pays laïc, il n'y a pas d'obligation de l'Etat d'organiser l'abattage de l'Aïd. C'est une pratique religieuse», a-t-il fait valoir. Frédéric Loiseau a souligné ensuite que l'abattage relève de la sphère économique privée, «ce secteur d'activité étant en crise partout en France». Des abattoirs temporaires La préfecture a également rappelé qu'une solution avait déjà été proposée pour la fête de l'année dernière, à savoir la mise en place d'abattoirs temporaires. «Je l'ai dit au président du Comité régional du culte musulman (CRCM) lors d'une réunion en préfecture. La seule solution, c'est la création d'abattoirs temporaires, pilotée par le CRCM», a-t-il souligné. «Une instance doit le porter et ce ne peut pas être l'Etat. En termes d'hygiène, de réglementation, nous aurions accompagné, facilité. Nous nous étions quittés là-dessus. Un an plus tard, rien n'a été fait. Aucun contact. On se retrouve exactement dans la même situation», ajoute le porte-parole du préfet. Selon lui, les représentants régionaux du culte musulman avaient refusé d'étendre l'abattage sur 3 jours, comme au Maroc et en Algérie notamment, dans le but de «permettre qu'il se fasse dans de bonnes conditions pour tous». Décision de la mosquée attendue ce vendredi Appelant le CRCM à prendre ses responsabilités, Frédéric Loiseau assure toutefois que le préfet soutient la communauté musulmane locale. «C'est à eux de porter le projet. Il n'y aura pas d'entreprise miracle. Et ce n'est pas la vocation de l'Etat. Il n'y a pas de polémique. Nous sommes tout à fait au côté de la communauté musulmane. C'est la solution pour régler ces problèmes. Les autres solutions proposées n'en sont pas», conclut-il. Pour rappel, tout a commencé à Lunel avec une réunion d'une partie des responsables des mosquées de la région qui dénoncent, en plus du manque d'abattoirs, la hausse des prix des moutons qui passent, selon eux, de 120 euros à 280 euros durant cette période. La préfecture n'a, cependant, pas évoqué ce point. Mais pour l'instant, rien n'est encore sûr. La décision de la Grande mosquée de la Paillade de Montpellier, attendue ce vendredi, pourrait encore changer la donne.