«Idéologue présumé d'une cellule terroriste de sept personnes» en Espagne, Noureddine Chikar est poursuivi depuis 2016 pour «appartenance à une organisation terroriste, financement d'une organisation terroriste et crime contre des biens culturels». Le média El Espanol affirme en effet que par l'intermédiaire d'Afretex Gold, son entreprise de textile à Alicante, «il a fourni des terroristes en Syrie et en Irak» en habillement à travers son acheminement en Turquie, mais réapparaît libre au Maroc. «Une autre de ses activités était le trafic d'œuvres d'art, de monnaies anciennes et de pièces archéologiques probablement extraites des musées et des sites archéologiques attaqués par Daech et Al Nosra», selon les attendus du juge Velasco. L'homme «a également été président de la mosquée et secrétaire de la communauté islamique à Cocentaina, où il a servi de médiateur pour collecter des fonds». En attendant de connaître la date du jugement et après avoir payé une caution de 60 000 euros, Chikar a été remis en liberté sous conditions. Selon El Espanol, «il est rentré au Maroc et a signé le 10 décembre 2018 un accord avec les autorités locales de Nador», sa région natale, pour construire une nouvelle entreprise de textile. La même source révèle qu'à son passage du poste-frontière de Melilla, il a décliné son identité mais sans se faire tamponner son passeport, comme cela est permis pour les habitants des villes entourant l'enclave espagnole. Selon le juge chargé de l'enquête, Noureddine Chikar «a encaissé environ 10 millions d'euros en trois ans ; un montant qui était destiné à l'achat d'uniformes militaires pour des terroristes». Il serait également «responsable de l'envoi d'argent et de composants d'explosifs et d'armes à feu dissimulés dans les colis de vêtements en Syrie et en Irak, parfois sous couvert d'envois humanitaires».