Le parquet a ordonné hier que soit jugé l'activiste marocain Jamal Mouna, originaire du Rif, pour avoir hissé le drapeau de l'éphémère République du Rif, quelques semaines après avoir bénéficié d'une réduction de peine suite à une grâce royale, indique l'agence EFE. L'homme, âgé de 39 ans, a expliqué à l'agence de presse espagnole que le ministère public a décidé de le poursuivre en état de liberté conditionnelle pour «menace à l'intégrité territoriale» de l'Etat et «participation à une manifestation non autorisée et incitation à des protestations». Jamal Mouna avait été précédemment condamné par la cour d'appel de Casablanca à deux ans de prison pour avoir participé au mouvement de protestation du Hirak du Rif en 2017. Jeudi, une force mixte de police et de gendarmerie a arrêté le militant à son domicile d'Al Hoceima et l'a détenu pendant vingt-quatre heures à la gendarmerie d'Imzouren, au sud d'Al Hoceima. D'après Jamal Mouna, les accusations du ministère public se basent sur sa participation, dimanche dernier, à une manifestation près de Imzouren, à l'occasion du 98e anniversaire de la bataille d'Anoual, en 1921, qui avait débouché sur la proclamation de la République du Rif. La première audience de son procès aura lieu devant le tribunal de première instance d'Al Hoceima le 12 septembre prochain.