Rabat : Akhannouch préside le Conseil d'Administration de l'Agence nationale de soutien social    Ramadan : SM le Roi échange des cartes de vœux avec les dirigeants des pays islamiques    Service militaire 2026 : Lancement de l'opération de recensement du 2 mars au 30 avril    Wafa IMA Assistance lance « Sérélia », la 1ère offre de téléassistance au Maroc dédiée aux séniors    Le ministère du Tourisme, Attijariwafa Bank et Visa lancent « Stay Cashless »    Formation–Emploi. La CGEM et le ministère veulent changer d'échelle    Le Maroc, « moteur de la transition énergétique » du transport maritime mondial    Officiel: le mois de Ramadan débute ce jeudi au Maroc    Décès de Leila Shahid à 76 ans... Une voix palestinienne majeure sur la scène diplomatique internationale    Sécurité routière : 1.664 morts et 112.925 accidents corporels en milieu urbain en 2025    Jazzablanca dévoile les premiers artistes de sa 19e édition    Après 38 ans d'attente, les professeurs agrégés réclament la promulgation de leur statut    Centrale Danone mobilisée pour un Ramadan solidaire : 140.000 ftours et 7.000 paniers alimentaires distribués    Inondations : le CNDH salue une gestion conforme aux standards internationaux    Bourse de Casablanca : clôture dans le rouge    « Maroc, Terre de Cultures » : le Collectif 4.0 fait vibrer la Villa des Arts de Casablanca    Sahara : Une recomposition stratégique plus large qui profite au Maroc (rapport espagnol)    Espagne : 5 jeunes marocains morts dans un incendie en Catalogne    Ramadan : l'esplanade des mosquées d'Al Qods ouverte à 10.000 fidèles palestiniens    Ramadan en France: annonces contradictoires et colère des musulmans    A Londres, West End se pare de lumières pendant ramadan 1447/2026    Cinq jeunes marocains périssent dans un incendie en Catalogne    Hamdallah en mode extraterrestre : sextuplé historique avec Al-Shabab    CAN 2025 : Le Maroc «a été volé» en finale, selon un responsable de la CAF    Achraf Hakimi égale un record historique marocain    LdC : enquête de l'UEFA après les insultes racistes dont s'est plaint Vinicius Jr    Et si Jürgen Klopp prenait les rênes des Lions de l'Atlas ?    Hakimi inscrit son nom parmi les buteurs marocains en Ligue des champions    La Fédération sénégalaise réagit aux arrestations de supporters après les incidents de la finale de la CAN    Inspection du travail : un bilan lourd pour les cafés et restaurants    Safi : jusqu'à 100.000 dirhams pour relancer les commerces sinistrés    APM Capital Maroc clôture un fonds de transport et de logistique de 243 M$    AEFE: El polo Rabat-Kénitra confirma un aumento del 7% en las tarifas escolares    Une étudiante décédée après une chute au lycée Prince Moulay Abdellah à Sidi Slimane    APM Capital Maroc cierra un fondo de transporte y logística de 243 millones de dólares    Cybercriminalité : Le Sénégal renforce l'arsenal contre les délits en ligne    Province de Kénitra : retour progressif des sinistrés d'Al Makren    CMI ouvre Fatourati aux fintechs au Maroc    Office des Changes : la simplification du cadre réglementaire au cœur de la stratégie 2025-2029    FLAM 2026 à Marrakech : imaginer d'autres possibles au cœur de la littérature africaine    "Gnawa Love", un pont entre le Maroc et le monde signé Samir LanGus    De Cordoue à Marrakech, un documentaire retrace la vie d'Ibn Rochd    Gala de la Fête du Printemps 2026 – Robots humanoïdes, vedettes d'une soirée féérique    Fête du Printemps 2026 : le box-office en Chine franchit le milliard de yuans en seulement trois jours    Défense : l'Allemagne juge "insuffisants" les efforts de la France    Scorpions, Jorja Smith, Fantastic Negrito... parmi les têtes d'affiche de Jazzablanca 2026    Réadmissions des OQTF : L'Algérie a fini par céder aux pressions de la France    Quarts LdC et Coupe de la CAF : date et heure du tirage    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Logiques partisanes et diaspora: L'exception marocaine
Publié dans Yabiladi le 23 - 02 - 2012

On le sait, de plus en plus d'Etats prennent soin de leur diaspora. Et pour cause, celles-ci représentent bien souvent un enjeu économique de taille. Les transferts financiers ont quintuplé en 10 ans, atteignant en 2010 450 milliards de dollars. De surcroit, ces transferts se sont montrés beaucoup plus résilients à la crise économique que les investissements directs de l'étranger ou l'aide publique au développement. Pourtant, à y regarder de plus près, ce ne sont pas les considérations économiques, mais les enjeux politiques qui sont bien souvent a l'origine des politiques diasporiques. Deux exemples l'illustrent.
Au Mexique, un tournant historique a été amorcé après les élections présidentielles de 1988. Le candidat de l'opposition, Cardenas, décide, après sa défaite in extremis face au candidat du PRI, de s'expatrier aux Etats-Unis afin de conforter les bases arrière de son mouvement. Cette stratégie ne s'avéra pas payante mais contribua à relancer la question des droits des expatriés sur l'agenda politique national. Un processus est en marche. Le premier président non issu du PRI, Vicente Fox fut élu en 2000. Ancien gouverneur du Guanajato, l'une des principales régions d'origine des migrants mexicains, il mit en œuvre une série de mesures facilitant la possibilité d'investir dans le domaine économique, mais il resta opposé à l'ouverture de droits politiques. Les organisations de Mexicains aux Etats-Unis conduisirent une campagne de lobbying qui déboucha, en 2003, sur la création de l'Institut des Mexicains de l'Etranger, puis l'instauration du droit de vote aux élections nationales.
La diaspora indienne est un cas de figure similaire. C'est au parti conservateur hindou, le BJP, que l'on doit les avancées les plus significatives. En 1999, il est le premier à remporter les élections parlementaires contre le Congres, parti au pouvoir depuis l'indépendance en1947. Le gouvernement fait passer une loi qui crée les statuts de NRI (Non Résident Indian) et PIO (Person of Indian Origin). Ils ouvrent aux résidents de l'étranger et à leurs descendants une série de droits en matière civique, économique et fiscal. En outre, le 2 janvier devient le jour des migrants, date a laquelle se tient un salon international ou sont convoquées élites économiques et administratives. Pour autant, les raisons économiques invoquées pour justifier cette ouverture cachent en réalité l'ambition du BJP de consolider ses réseaux au sein de la haute bourgeoisie expatriée. Les statuts de NRI et PIO ont d'abord été réservés aux émigrés vivant dans les pays de l'OCDE. Les millions d'Indiens résidant en Asie du Sud-Est (Malaisie, Birmanie...) ou dans les pays du Golfe, en étaient exclus. En 2004, le parti du Congres retrouve la tête du pays. Le gouvernement Manmohan Singh poursuit et élargit la politique conduite par le BJP. Les statuts de NRI et PIO sont élargis à tous les migrants. Par ailleurs, il confirme la mise en place d'un cadre institutionnel avec l'inauguration, en 2005, du ministère des Affaires des Indiens de l'Etranger.
Dans tous les cas cités, le processus est identique. La diaspora devient l'enjeu d'intérêts partisans, un élément dans une stratégie de conquête de pouvoir. Des lors s'enclenche un processus qui dépasse les intérêts électoralistes. Les partis sont pris dans une logique de surenchères visant a trouver les faveur du poids électoral émigré. La société civile de la diaspora s'organise pour la reconnaissance des droits et cherche à peser contre les pesanteurs politiques. Toutefois, ce processus ne s'enclenche que sous certaines conditions : la possibilité d'une réelle alternance politique, des forces partisanes relativement équilibrées, une certaine autonomie des partis a l'égard du pouvoir central, une vitalité associative dans la diaspora ou peuvent s'exprimer une diversité de point de vue. Or, dans le cas marocain, les partis politiques brillent surtout par leur absence. Ils n'ont jamais su, ou jamais voulu tisser de réseau de soutien. Dans le face-à-face entre le gouvernement de Rabat et les MRE, les partis ne tiennent aucune place. Cette absence est d'autant plus remarquable que la représentation parlementaire des Marocains de l'étranger, pierre d'achoppement des relations Etat/diaspora, les intéresse au premier chef. En définitive, on peut se demander si la clé du progrès des droits de MRE ne serait pas dans un renouveau de la vie démocratique marocaine.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.