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Débats : Les degrés de maturité
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 17 - 12 - 2002

Nous donnons aujourd'hui, la contribution du sociologue Rahma Bourkia, présidente de l'Université Hassan II à Mohammédia et membre de l'Académie du Royaume, au débat sur : «La démocratie devra-t-elle se bâtir nécessairement sur l'affaiblissement des institutions», lancé par ALM N°280.
De la question se dégage un présupposé qui place la démocratie face à l'Etat et qui suppose que le renforcement de la démocratie affaiblira l'Etat ou vice versa. Cette dualité, dérange l'analyse de la complexité de la mise en place du processus démocratique et de la démocratie en tant que système politique et institutionnel, en tant que rapport sociaux et système de valeurs. La nature de l'Etat n'est point la seule composante qui détermine le niveau de démocratie d'une société. Plusieurs paramètres entrent en jeu dans sa construction. Il y a d'abord le degré de maturité de l'Etat et la nature du rôle qu'il joue au sein de la société. l'Etat est souvent associé dans la perception des citoyens aux dirigeants politiques, au gouvernement et à l'organe des décisions. Bien que l'Etat ne se réduit pas uniquement à cette sphère, il est indéniable que la composante détentrice de pouvoir politique joue un rôle primordial dans le processus démocratique lorsqu'elle fonctionne comme une instance de balisage et de cadrage de ce processus démocratique. Elle fixe les règles institutionnelles démocratiques, instaure les mécanismes de régulations, et veille au respect de ces règles. En faisant une lecture sémantique du rôle de l'Etat, on pourrait dire que l'Etat est producteur de sens et de valeurs. Plus il est fort, crédible et juste, plus il s'impose comme producteur de valeurs démocratiques.
l'Etat c'est aussi les acteurs politiques. Il n'y a pas de démocratie sans acteurs démocrates. Il s'agit là d'un paramètre, et non des moindres, qui détermine la maturité du processus démocratique. Retrouve-t-on parmi ces acteurs la même perception de la démocratie en tant que norme et en tant que type idéal de système politique ? Les acteurs politiques parlent-ils le même langage démocratique ? La notion de démocratie a-t-elle le même sens dans les différents discours politiques ? En fait, la façon de percevoir la démocratie par différents acteurs politiques mérite d'être examinée pour mesurer le degré d'avancement du processus démocratique.
Un troisième paramètre se rapporte aux instances et aux canaux de socialisation politique et à la dose de valeurs démocratiques véhiculée par ces instances et à travers ces canaux. Il s'agit là de tous les systèmes éducatifs : école, médias, partis politiques, syndicats….qui sont supposés être orientés vers une vision démocratique. Ces canaux sont producteurs des fondements culturels de la démocratie. Et c'est un travail de longue haleine.
Si les trois paramètres mentionnés plus haut constituent les attributs inhérents au système démocratique, le quatrième se rapporte aux spécificités contextuelles propres à chaque société.
Concernant la société marocaine, les dernières décennies ont favorisé l'intériorisation d'une culture de la méfiance et du scepticisme qui, dans certaines situations deviennent une sorte de nihilisme. Or le cheminement vers la démocratie implique la croyance en ses bienfaits, ce qui instaure la confiance et dissipe la culture du doute et du défaitisme. En somme, c'est l'articulation de toutes ces composantes qui permet d'asseoir la démocratie : un appareil étatique dirigeant fort, des acteurs politiques crédibles, une perception de la norme démocratique partagée par tous, un projet de socialisation démocratique, et un dépassement de la culture de méfiance introduite par les déboires de l'histoire.
• Pr.Rahma Bourkia


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