Diplomatie. L'Equateur annonce l'extension de sa couverture consulaire au Sahara marocain    Dialogue social : Le gouvernement dresse le bilan et réaffirme ses engagements    Para-athlétisme : le Grand Prix Moulay El Hassan à Rabat pour sa 10e édition    Concert : Ino Casablanca, "EXTASIA" en tournée marocaine    Arts plastiques : Ilias Selfati fait fleurir le papier    Budget ouvert : Le Maroc progresse mais la transparence fait encore défaut    L'ONMT déploie sa stratégie ciblée pour stimuler la croissance de Dakhla    Fortune Maroc étend son usine de Bouskoura pour 300 emplois    Finance territoriale : Casablanca-Settat lance un emprunt obligataire régional de 1 MMDH    Ouverture du capital des pharmacies : les professionnels persistent et signent    L'Iran annonce l'ouverture totale du détroit d'Ormuz, une mesure saluée par Trump    Guerre en Iran : Donald Trump maintient le blocus malgré la réouverture du détroit d'Ormuz    Casablanca : le navire-école indien INS Sudarshini en escale pour renforcer la coopération navale    Selon Trump, l'Iran accepte de "ne plus jamais fermer le détroit d'Ormuz"    Info en images. Transport routier : Hausse de 25% du soutien octroyé aux professionnels    Un journal canadien salue le Maroc et le met en avant comme puissance du renseignement pour la sécurité du Mondial    Casablanca: el buque escuela indio INS Sudarshini hace escala para fortalecer la cooperación naval    Ecuador reaffirms support for Morocco's autonomy plan, to extend consular coverage to Sahara    Canadian Newspaper Praises Morocco and Highlights It as an Intelligence Powerhouse for World Cup Security    Akhannouch : « Sans médecin motivé ni hôpital équipé, on ne sert pas dignement le citoyen »    La Bourse de Casablanca termine en hausse    Agriculture : un rebond climatique soutient la croissance, sans dissiper les fragilités du modèle    Arts plastiques : Larbi Cherkaoui, l'expérience-limite de la lettre à L'Atelier 21    Kendji Girac «n'a jamais exprimé de positions politiques» pour Israël, selon la productrice des concerts au Maroc    Le Festival du Printemps Local revient à Tanger pour une 3e édition    CAN 2025 : le buteur de la finale relance la polémique et revendique le titre pour le Sénégal    Mondial 2026 : Infantino promet un show inédit à la mi-temps de la finale    Brazzaville: Denis Sassou Nguesso prête serment    Youssef Belal remporte le Hart-SLSA Book Prize 2026 pour «The Life of Shari'a»    Elections 2026 : Un projet de décret sur le soutien financier aux candidats de moins de 35 ans    Sécurité alimentaire : Le Maroc livre un deuxième lot d'engrais au Ghana    Riaya : Signature de deux conventions pour l'insertion sociale et professionnelle des jeunes    Le temps qu'il fera ce vendredi 17 avril 2026    Les températures attendues ce vendredi 17 avril 2026    Support fund approves 107 projects to boost women's representation in elections    L'Iran a accepté de céder son uranium enrichi, annonce Trump    Coopération Chine-Mozambique : pour le renforcement du partenariat stratégique global Partager    Le service militaire, un chantier royal prometteur pour former les jeunes et répondre aux exigences du marché de l'emploi    Azzedine Ounahi vers l'Atlético Madrid ? Ce que l'on sait vraiment    Ligue des champions : le FC Barcelone saisit à nouveau l'UEFA contre l'arbitrage    Belmkaddem : «Entre étoffes et moteurs, une célébration des cultures»    Festival Films Femmes Afrique de Dakar : Deux films marocains dans la compétition    Nayef Aguerd forfait pour le reste de la saison, incertitudes sur le Mondial 2026    Turquie: Un adolescent commet une tuerie dans une école    Alliance stratégique : Rabat et Washington officialisent une nouvelle décennie de coopération militaire renforcée    7 Soudanais sur 10 dans la pauvreté : l'alerte choc de l'ONU    Spectacle. Bryan Adams pose sa guitare au Maroc    Stuttgart : Bilal El Khannouss relance la machine et fait taire les critiques    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Fillon tire profit des excès de Sarkozy
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 13 - 02 - 2008

Le Premier ministre français, François Fillon, tire sa popularité des excès constatés du président de la république, qu'il s'agisse des promesses non tenues sur le pouvoir d'achat ou des annonces contradictoires.
Alors que Nicolas Sarkozy continue de creuser dans les profondeurs abyssales de l'impopularité, un homme, et non des moindres, tire son épingle du jeu. C'est le Premier ministre François Fillon. Faits avérés dans tous les sondages d'opinion, plus le président de la république s'enfonce, plus le Premier ministre remonte dans l'estime des Français.
Le phénomène est suffisamment rare pour ne pas être souligné, tant il ouvre un débat sur le destin politique immédiat des deux hommes et les choix auxquels ils sont confrontés. Pour un mathématicien des tendances d'opinions, François Fillon tire sa popularité des excès constatés du président de la république, qu'il s'agissent des promesses non tenues sur le pouvoir d'achat, des annonces contradictoires ou des reculs fréquents, de l'exercice de l'ouverture poussée jusqu'à l'incompréhension ou de l'étalage et de l'instrumentalisation sans vergogne de la vie privée. Tout ce qu'a osé Nicolas Sarkozy et qui a été mal perçu par les Français s'est transformé en bonus crédit pour François Fillon. Le quinquennat dans son ensemble n'a pas bien commencé pour le Premier ministre. Relégué dès le début par Nicolas Sarkozy au rang méprisé de «collaborateur », François Fillon avait passé le plus clair de son temps à ranger son frein à Matignon. Ne s'est-il pas généreusement épanché dans les couloirs de la radio parisienne Europe 1 sur l'action présidentielle qui visait à le brider et à l'empêcher d'aller sur le terrain ?
Et tandis que Nicolas Sarkozy, mû par une voracité intérieure, était sur tous les fronts et s'accaparait toutes les photos, François Fillon se tassait dans un anonymat protecteur. L'obscurité qui l'entoure est devenue encore plus épaisse depuis, que dans un lapsus politique révélateur, il avait affirmé que la France était, sur un plan financier, un pays en faillite.
L'Elysée avait, à ce moment, froncé les sourcils de rage face à cet homme qui refroidit, par sa maladresse, les espoirs, la magie et la dynamique que le nouveau président tentait de susciter. Les différentes oppositions, socialiste, centriste ou «villepiniste» qui se sont objectivement liguées pour tirer à boulets rouges sur Nicolas Sarkozy épargnaient visiblement son Premier ministre comme s'il n'avait aucune responsabilité à assumer dans la pagaille du moment. Une illustration parfaite de la situation est offerte par les conclusion du rapport Attali commandées par Nicolas Sarkozy à l'ancien sherpa socialiste du président François Mitterrand. Tandis que certaines recommandations ont provoqué l'ire de puissantes corporations comme les taxis, François Fillon s'est tenu ostensiblement à l'écart de ces polémiques, n'hésitant pas, par moments, à faire savoir discrètement son opposition à l'ensemble de cette démarche.
La distance, au début imposée à son Premier ministre par l'hyper président Sarkozy, est devenue un mode de survie politique pour François Fillon. Ce dernier la conjugue sur tous les tons, y compris l'humour froid, pince sans rire. Quand il lui a été demandé de commenter les propos de Rama Yade qui avait, par solidarité avec Nicolas Sarkozy, violemment dénoncé les «charognards» qui «veulent la peau» du président, François Fillon nage à contre-courant sur un second degré difficilement repérable : «Je n'ai aucun mot dur à dire aux journalistes, je n'ai que des mots gentils».
La popularité de François Fillon, que certains décrivent comme «l'éclat du gris», pose une réelle équation à plusieurs inconnues à Nicolas Sarkozy. Outre que ses prédécesseurs avaient l'habitude d'user leurs Premiers ministres comme des fusibles redonnant du souffle aux différentes séquences de leur mandat, Nicolas Sarkozy se retrouve avec un Premier ministre qui caracole dans les sondages et à qui l'opinion accorde le crédit qui fait défaut à la présidence et dont la mise à l'écart à l'occasion d'un changement de gouvernement paraît difficile à expliquer. Cette situation inédite deviendra encore plus ingérable si le scrutin municipal de mars prochain apporte son lot de défaites et de déceptions pour la majorité présidentielle. Nicolas Sarkozy n'aura d'autres choix que de cohabiter avec François Fillon, en espérant, dans le secret de la confession, que son Premier ministre dégringole au plus vite dans les sondages.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.