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Noureddine Lakhmari : «Je ne suis pas un réalisateur arriviste»
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 26 - 12 - 2008

Noureddine Lakhmari, le réalisateur du film CasaNegra qui a fait sa sortie nationale le 24 décembre parle à ALM de son dernier opus. Le film présente une vision différente de la métropole.
ALM : Pour quelles raisons avez-vous choisi de traiter ce film d'une manière qui pourrait sembler être crue et choquante?
Noureddine Lakhmari : C'est d'une réalité qu'il s'agit. J'ai choisi de faire un film vrai et réel sans concession. Un film qui montre Casablanca telle qu'elle est. Je ne suis pas hypocrite et je n'aime pas masquer la réalité. Je trouve que c'est une façon de communiquer et de faire du cinéma sans complexe. Le cinéma américain a avancé grâce à cette démarche, pourquoi pas le nôtre.
Croyez-vous que le film donne une image grossière et péjorative de la jeunesse casablancaise ?
Je ne suis pas un réalisateur arriviste qui fait de la propagande institutionnelle.
Je me suis dit qu'il faut être fidèle à la réalité et honnête envers les Casablancais qui connaissent cette facette de la ville. CasaNegra se veut un film créateur de débat. La vie nocturne à Casablanca est très violente. Malgré tout, je n'ai montré que 10% de ce qui se passe réellement dans les rues.
Est-ce qu'on peut considérer CasaNegra comme étant un film commercial ?
Certaines créations cinématographiques censées être de films d'auteur, connaissent un grand succès qui fait d'elles des films commerciaux. Cela dépend de la vision de chacun. Certes, CasaNegra transcrit un vécu amer. Avec tout ce qu'il comporte comme scène de violence, de sexe et d'action, mais cela ne fait pas forcément de lui un film commercial.
Votre film aborde des sujets sensibles à travers un texte percutant. Espérez-vous le voir un jour diffusé sur l'une des chaînes nationales de télévision ?
Je crois qu'il ne faut pas perdre son temps dans ce genre de considérations. Pour moi, c'est le travail qui prime. Mon film est traité sans complaisances et je pense que j'ai abordé les tabous de façon subtile. Le public marocain est impatient de voir des films originaux qui le changent un peu du conformisme cinématographique. Je le dis clairement dans mon film : voilà la société marocaine est belle mais c'est nous qui la salissons. CasaNegra se veut un film plus critique sur la société en général que sur la ville elle-même. Les Marocains doivent se remettre en cause.
Les deux protagonistes du film vivent dans la misère, mais ils ont une volonté de s'en sortir, à l'instar de certains jeunes qui piratent des films pour vivre.
Demain si votre film est piraté quelle sera votre réaction ?
Cela sera dommage. Il est vrai que la conjoncture économique en général et les conditions sociales de certains peuvent les amener à le pirater. J'espère que cela n'arrivera pas. Ce n'est pas pour des considérations matérielles, mais par respect aux efforts fournis par toute l'équipe du film. Tout ce que je souhaite, c'est que le public puisse voir le film dans de bonnes conditions.


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