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Le cri du cœur d'un Rifain meurtri
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 22 - 01 - 2002

Front soucieux et regard lointain, Ilyas Elomari, 36 ans, a une voix qu'on écoute. Les mots deviennent graves devant les faits, devant la tragédie.
Aujourd'hui Le Maroc : pour- quoi la conférence internationale sur l'utilisation de gaz toxiques pendant la Guerre du Rif a t-elle été interdite par les autorités marocaines ?
Ilyas Elomari : Franchement, je ne sais pas. Comment le saurai-je alors que la décision de l'interdiction, qui m'a été notifiée par le gouverneur d'El Hoceïma, n'est pas motivée au point de vue juridique. Je suis vraiment surpris par le comportement du ministère de l'Intérieur.
D'ailleurs, je compte introduire un recours devant le tribunal administratif de Rabat contre cette mesure que je considère illégale. Je signale que c'est la deuxième fois que cette conférence bute sur le refus des pouvoirs publics marocains.
ALM : Vous avez certainement une idée sur le pourquoi de cette décision ?
Vous savez, je me suis montré compréhensif lors de l'interdiction de la première conférence qui devait se tenir le 19 avril 2001.
À ce moment-là, les relations maroco-espagnoles étaient un peu tendues à cause des négociations sur la pêche. Je me suis dit alors que le moment était jugé inopportun pour organiser une telle conférence pour éviter d'exacerber les choses. Mais le fait d'interdire cette fois-ci la tenue de cette réunion me semble un geste déplacé quoique le torchon brûle depuis quelque temps entre Rabat et Madrid.
ALM : Pourquoi à votre avis ?
En ce qui me concerne, je ne rentre pas dans les considérations politiques. Car la conférence que l'association envisageait de convoquer est d'essence purement scientifique. Chercheurs, scientifiques, universitaires, avocats, médecins, professeurs nationaux et étrangers, ainsi que certains membres du gouvernement Youssoufi… deva- ient participer aux travaux de cette manifestation. Objectif : initier un débat entre ces différents spécialistes sur cette affaire grave et surtout pousser les pays responsables
de la tragédie du Rif, en
l'occurrence l'Espagne, la France et l'Allemagne, à mener des recherches approfondies dans la région pour confirmer notre thèse ou la contredire. Vous voyez, notre intention est bonne, on ne cherche à accuser personne.
ALM : Qu'est ce qui vous motive en tant que président de l'association de défense des victimes de la Guerre des gaz toxiques au Rif ?
Une partie de ma famille est morte à cause de cette tragédie. Mon père est mort du cancer à l'âge de 45 ans. J'ai perdu aussi mon grand-père et beaucoup de mes oncles, décédés eux aussi du cancer. Tous les autres membres de l'association ont été endeuillés par cette histoire tragique. Le vice-président, Aziz Benazouz, professeur des sciences naturelles, a perdu ses parents dans un intervalle d'un mois. Mohamed Al Hamouti, lui, avait un frère, il a été emporté par le cancer à l'âge de 12 ans. Des cas tragiques de ce genre, je peux vous les citer à l'envi. Que de vies humaines broyées, que de douleur causée dans le Rif… C'est épouvantable. Voilà ce qui nous motive tous en militant au sein de cette association. On voudrait juste connaître la vérité sur cette affaire qui n'en finit pas de nous décimer dans l'indifférence générale. Est-ce trop demander ? Notre calvaire n'en est que plus grand lorsque notre entreprise rencontre le refus des autorités marocaines qui doivent normalement s'intéresser au problème au lieu d'essayer de l'occulter. Mais notre combat ne fait que commencer. On ne baissera pas les bras.


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