Sahara marocain : L'UE soutient officiellement le plan d'autonomie sous souveraineté marocaine (vidéo)    Elections législatives : Approbation d'un projet de décret sur le soutien financier aux candidats de moins de 35 ans    Trump dit qu'Israël et le Liban sont d'accord pour un cessez-le-feu de 10 jours, sans mention du Hezbollah    La Chambre des conseillers et l'Assemblée nationale d'Azerbaïdjan renforcent leur coopération    Effondrement à Fès : l'enquête dévoile de graves irrégularités    M. Bourita prône une Intelligence Artificielle au service de la paix, de la sécurité et du développement durable en Afrique    GISS 2026 : Le Maroc et le Ghana renforcent leur coopération dans le transport    Kia élue "Best Manufacturer"    Fès : Détention de 8 suspects et enquête sur 13 autres dans l'affaire de l'effondrement de deux immeubles    Lecourtier officiellement nommé directeur général de l'AFD    Turquie: Un adolescent commet une tuerie dans une école    Alliance stratégique : Rabat et Washington officialisent une nouvelle décennie de coopération militaire renforcée    7 Soudanais sur 10 dans la pauvreté : l'alerte choc de l'ONU    Le 10km International de Casablanca de retour en 2026    Maroc - Norvège : un match amical avant le Mondial 2026    Genk : Brentford passe à l'offensive pour Zakaria El Ouahdi    Bernardo Silva annonce son départ de Manchester City après neuf années historiques    The EU's chief diplomat makes her first visit to Morocco    Rhamna : les citernes almohades intègrent les Journées du Patrimoine    El humorista franco-marroquí Booder actúa en Casablanca y Marrakech    15 ans de partenariat entre le Maroc et l'INL pour renforcer la sécurité et la justice    Santé : la réforme, une course de fond    Festival de l'enfance : Les enfants de Khouribga célèbrent le Maroc pluriel    Côte d'Ivoire. Création d'un centre de médecine nucléaire    Spectacle. Bryan Adams pose sa guitare au Maroc    CV, c'est vous ! Ep-92. Zakaria Benammi, l'expert qui simplifie la finance en darija    Essaouira: « La Dolce Vita à Mogador » souffle sa quatrième bougie    L'humoriste franco-marocain Booder se produit à Casablanca et à Marrakech    La France, invitée d'honneur du SIEL 2026    Hausse des carburants au Maroc : le prix du gasoil grimpe, l'essence reste stable    Incertitude autour de la participation de Nayef Aguerd au Mondial 2026    Christophe Lecourtier officiellement nommé directeur général de l'AFD    Turquie : la police ordonne 162 arrestations pour apologie des fusillades scolaires    Bourse de Casablanca : ouverture dans le vert    Entreprises : La CGEM revendique un bilan 2023-2026 « solide »    Le Maroc et les USA tiennent leur 14e Comité consultatif de défense et signent une FdR    Akhannouch : « Nous avons transformé le pays à travers des réformes profondes »    Alerte météo : vague de chaleur de vendredi à dimanche dans plusieurs régions    Maroc : vers une croissance de 4,7% au T2-2026    Stuttgart : Bilal El Khannouss relance la machine et fait taire les critiques    LDC : Brahim Díaz remplacé, le Real s'effondre : le choix qui change tout    Ligue des Champions : Achraf Hakimi, dernier Lion de l'Atlas en mission    Pour 1,5 milliard $, OCP ouvre le marché des hybrides en dollars aux corporates africains    Moussem : A Moulay Abdellah, on prie, on galope, on danse... et maintenant on appelle d'offres    Booder de retour sur scène avec "Ah... l'école !", un spectacle entre rires et regard lucide sur l'éducation    Réseaux sociaux : Macron pousse l'Europe à dire stop pour les moins de 15 ans    Quand la diplomatie chinoise redessine les équilibres entre le Moyen-Orient et le Pacifique    Mohamed Hmoudane : La littérature et la poésie s'invitent à la Fondation Hassan II pour les MRE    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Attentat de Marrakech : Une tentative de déstabilisation désespérée
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 02 - 05 - 2011

Le Roi du Maroc a réagi en clarifiant d'une manière courageuse et très habile que le Royaume opte pour la copie originale de la démocratie et n'acceptera jamais d'en subir une version islamisée…
Dès les premiers moments de la confirmation officielle de l'information faisant état de la perpétration d'un attentat à la bombe dans un café à Marrakech, des analystes locaux et internationaux, qui ont été interrogés par les médias, ont dû répondre surtout à deux questions : «qui ?» et «pourquoi ?».
Et la mission d'un observateur étant, essentiellement, d'analyser et d'expliquer pour permettre à la population de se faire une opinion sur l'affaire en question, il arrive, dans des circonstances pareilles, que l'absence de données conduise l'observateur à tenter de combler par la spéculation son incapacité à y voir clair. Aussi, on a observé, durant les derniers jours, comment un raisonnement, pourtant basique, a été érigé en réflexion brillante par certains observateurs. Ils partent d'une question simple : «Qui peut tirer profit de l'acte terroriste de Marrakech ?» et, de ce fait, ils entrent dans un tourbillon d'interrogations multiples et compliquées qui n'aident en rien le citoyen qui cherche juste à comprendre ce qui se passe autour de lui. Aussi, il serait, peut-être, judicieux, pour les observateurs politiques, de prendre un peu de recul par rapport à l'analyse de l'attentat du café Argana dans sa dimension policière vu que les meilleurs enquêteurs locaux et internationaux ont été mobilisés à cette fin et, se pencher, en attendant les résultats de ces investigations, sur la dimension politique et sociale de cet acte criminel. Commençons donc par redessiner le contexte. D'abord sur le plan international : le monde arabe est secoué par des révoltes sociales, l'Amérique se cherche un nouveau positionnement par rapport à ces révoltes auxquelles elle n'est pas tout à fait étrangère, l'Europe unie cherche une porte de sortie d'une très forte crise économique qui l'a obligée à revoir des perspectives géopolitiques, l'Iran qui ne se contente plus d'un rôle secondaire dans la région du Golfe et commence à vouloir étendre son pouvoir sur la région toute entière, la Turquie qui, n'ayant pas réussi à faire accepter aux Européens son modèle démocratique assez particulier, cherche à l'exporter au reste du monde arabe pour pouvoir mieux le revendre par la suite. Sur le plan international, donc, une opération de remodelage total du monde arabe est en cours. Et pour les dessinateurs de cette nouvelle carte arabe, aucun pays n'est censé échapper à cette métamorphose. Face à cette «conversion forcée» ou spontanée – ce qui est peu probable–, on semble s'acheminer vers une situation où le monde arabe serait divisé entre deux sortes de «républiques islamiques» : sunnites et chiites, les premières fonctionnant à l'image des Turcs (Tunisie, Egypte, Libye, etc.) faisant face à l'expansion du modèle iranien (Sud-Liban, Syrie, Gaza, tentative avortée au Royaume du Bahreïn, etc.). Mais, dans ce monde arabe en ébullition, seul un pays s'est distingué par sa spécificité : le Maroc. Une exception qui, qu'on le veuille ou non, ne semble plaire à personne : ni à ceux qui cherchent à remodeler le monde arabe en le calquant sur le modèle turc ni à ceux qui, dans le monde arabe, cherchent à résister au changement. La spécificité du Maroc est très simple : il n'accepte pas de modèle prêt-à-porter et cherche à se tailler une vie démocratique sur mesure correspondant à son histoire millénaire, à ses racines et en conformité avec ses ambitions modernistes. Le Maroc, qui a été le seul pays à résister à l'empire ottoman, n'acceptera pas au XXIe siècle de subir une «conversion forcée». En plus, le modèle choisi par le Maroc est celui de la véritable démocratie et non celui de la copie adaptée aux Arabes et que l'on cherche aujourd'hui à imposer à ces pays : démocratie apparente protégée par des généraux télécommandés de l'extérieur avec des gouvernements islamistes flirtant avec l'Occident dans les coulisses du pouvoir, le taxant d'ennemi, en public, et lui servant de rempart et d'arme contre l'extension du chiisme. Partant de ce contexte, il est très facile de déduire que le discours royal du 9 mars 2011 a porté un coup dur à plusieurs porteurs de projets de remodelage externe. Face à toutes les manœuvres et les projections, le Roi du Maroc a réagi en clarifiant d'une manière courageuse et très habile que le Royaume opte pour la copie originale de la démocratie et de la modernité et n'acceptera jamais d'en subir une version islamisée. Mais la force du Maroc à résister, à pouvoir dire non et à choisir lui-même son destin, émane de la stabilité de ses institutions, de la forte cohésion entre ses composantes sociales et ethniques, de la diversité de sa classe politique, de l'unité de sa doctrine religieuse, et, aussi, de sa croissance économique forte et soutenue qui lui a permis, malgré tous les aléas économiques mondiaux, de maintenir le taux de chômage en deçà de 10%, un chiffre unique dans le monde arabe. Le remodelage étant impérativement précédé par le démontage, tous ceux, donc, qui cherchent, pour des raisons politiques, des ambitions personnelles, des projets hégémoniques, des visées géostratégiques, des intérêts économiques... tirent profit de la déstabilisation de l'Etat marocain. Et, contrairement aux théories conspiratrices qui cherchent à trouver des coupables là où il n'y a aucune raison de chercher, on ne fera pas la même erreur. Et l'on n'accusera pas ceux qui cherchent à démanteler le système marocain d'aller jusqu'à perpétrer un attentat. Loin de nous cette idée. Mais, il faut reconnaître, quand même, qu'en s'attaquant systématiquement et constamment aux piliers qui font la force de «la Maison Maroc», ils finiront par la fragiliser et la rendre vulnérable, ce qui permettra aux forces du mal comme la nébuleuse terroriste d'Al Qaïda de saisir l'occasion et de pouvoir mettre, enfin, un pied au Maroc. L'union autour de la Royauté, l'adhésion à la démocratie et à la modernité, l'attachement à l'Islam, l'unité de l'identité dans la diversité de l'ethnie, la foi dans la Nation, la participation au développement du pays, la confiance dans les hommes chargés de le protéger, le soutien de ceux qui militent pour le démocratiser, etc. C'est tout cela qui fait la force de la Nation marocaine.
Aujourd'hui, on voit comment des gens cherchent à déstabiliser les fondements constitutionnels, ébranler la foi dans la Nation, dénigrer l'appareil de l'Etat, diffamer ses hommes, diaboliser les services de sécurité, angéliser les terroristes, faire l'apologie de l'intégrisme, abjurer l'Islam modéré, etc. Alors que l'ambition de toute nation est d'être démocratique, indépendante, et forte. Nulle démocratie n'a de valeur réelle dans la faiblesse et la dépendance. L'attentat de Marrakech devrait constituer une alerte pour que le processus moderniste enclenché par le réveil démocratique des jeunes du 20 février, et qui a été renforcé par le discours révolutionnaire du 9 mars, soit maintenu et préservé de ceux qui, à l'intérieur comme à l'extérieur, veulent profiter de la conjoncture pour entraver sa marche vers la démocratie, le développement, la prospérité et la modernité.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.