L'activité du secteur du bâtiment et des travaux publics au Maroc affiche des signes tangibles de regain, à en juger par la hausse notable des livraisons de ciment enregistrée au premier trimestre de l'année en cours, indicateur traditionnellement étroitement corrélé à la vigueur des chantiers d'infrastructure et de construction. Selon les dernières données communiquées par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), relevant du ministère de l'économie et des finances, les ventes de ciment ont progressé de 4,5 % entre janvier et mars 2025, contrastant avec la contraction de 0,4 % observée à la même période en 2024. Pour Anis Benjelloun, vice-président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI), cette embellie ne saurait être interprétée autrement que comme le reflet direct de l'intensification des travaux liés aux projets d'intérêt général. «Le lien entre l'accélération des ouvrages publics et la constance de la consommation de ciment ne fait plus débat», a-t-il déclaré. Selon lui, cette progression repose avant tout sur la vigueur des segments du béton prêt à l'emploi et des éléments préfabriqués, massivement sollicités dans les chantiers d'envergure. Le résidentiel et le tertiaire, en revanche, continuent d'évoluer à un rythme plus modéré. Il observe néanmoins que «l'activité du bâtiment demeure soutenue malgré une hausse de près de 30 % des coûts de main-d'œuvre et de prestations, amortie en partie par le bon comportement de la campagne agricole, favorisée par un régime pluviométrique généreux». La DEPF souligne dans sa note d'avril une progression marquée des expéditions de béton préfabriqué (+16,8 %) et des livraisons de béton prêt à l'emploi (+18,6 %), confirmant le rôle moteur de ces deux segments dans la courbe ascendante des ventes de ciment. Sur le plan financier, les concours au logement ont crû de 2,1 %, contre 1,6 % un an auparavant. Quant aux crédits octroyés aux promoteurs immobiliers, ils enregistrent une embellie plus prononcée, avec une hausse de 6,6 % après une contraction de 0,7 % en 2024. M. Benjelloun nuance toutefois cette tendance : «La consommation de ciment traduit une réalité sectorielle, mais elle ne saurait masquer la baisse tangible du nombre de logements en chantier ou récemment achevés», souligne-t-il.