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Education : le Maroc résiste au décrochage, à rebours de la tendance mondiale
Publié dans Les ECO le 26 - 03 - 2026

Le dernier Rapport mondial de suivi sur l'éducation de l'UNESCO met en lumière les progrès enregistrés par le Maroc dans la baisse du nombre d'enfants et de jeunes hors de l'école depuis 2000. Une évolution notable, alors même que la situation mondiale se détériore de nouveau, avec 273 millions de jeunes non scolarisés recensés en 2024.
Le Rapport mondial de suivi sur l'éducation 2026 de l'UNESCO met en avant les progrès du Maroc dans la réduction de la non-scolarisation, alors même que la situation mondiale se dégrade de nouveau. Pendant que le monde replonge dans une dynamique inquiétante de non-scolarisation, le Royaume apparaît comme l'un des cas les plus significatifs de recul du décrochage et d'élargissement de l'accès à l'école depuis le début des années 2000. Il s'agit d'un rappel que les politiques éducatives peuvent produire des résultats durables lorsqu'elles s'attaquent, de manière continue, aux freins sociaux, territoriaux et économiques qui éloignent les enfants des salles de classe. Le cas marocain retient d'abord l'attention par l'ampleur des progrès enregistrés.
Selon les éléments relayés à partir du rapport de l'UNESCO, le taux d'adolescents hors de l'école au niveau du collège est passé de 42% à 6%, tandis que celui des jeunes en âge de fréquenter le lycée a reculé de 63% à 23%. Le Maroc, dont les niveaux de non-scolarisation étaient encore en retrait au début des années 2000, se situe désormais, sur ce plan, à des niveaux comparables à ceux des pays à revenu intermédiaire supérieur. L'UNESCO classe d'ailleurs le Royaume parmi les pays ayant réduit d'au moins 80% les taux de non-scolarisation chez les adolescents depuis 2000, aux côtés du Vietnam.
Une amélioration qui ne doit rien au hasard
Si le Maroc est mis en avant, ce n'est pas uniquement parce que ses indicateurs se sont améliorés. C'est aussi parce que cette progression semble reposer sur une combinaison cohérente de leviers. L'UNESCO met en avant une dynamique de long terme fondée sur la construction d'écoles publiques, mais aussi sur des dispositifs destinés à limiter l'abandon scolaire.
Parmi eux, le programme Tayssir, basé sur des transferts monétaires conditionnels, a bénéficié à plus de 3,1 millions d'élèves en 2025. D'autres actions ont accompagné cet effort, notamment les campagnes de sensibilisation, l'implication des familles et des services sociaux, ainsi que le renforcement des transports scolaires et des internats en milieu rural.
L'intérêt du cas marocain tient aussi à l'évolution de l'approche publique. Le sujet n'est plus seulement de scolariser, mais d'empêcher la rupture avec l'école avant qu'elle ne se produise. Le rapport souligne ainsi l'existence d'un nouveau mécanisme d'alerte précoce destiné à repérer les élèves à risque de décrochage. Cette logique préventive rejoint les constats formulés récemment par l'Institut international de planification de l'éducation de l'UNESCO, selon lequel près de 270.000 élèves abandonnent encore l'école chaque année au Maroc.
L'organisme insiste sur le fait que le décrochage n'est pas un événement soudain mais un processus graduel, nourri par l'absentéisme, les difficultés d'apprentissage, les vulnérabilités psychosociales et, très souvent, l'isolement territorial. Autrement dit, les progrès sont réels, mais ils ne signifient pas que le problème a disparu.
C'est précisément ce qui donne de la profondeur à l'expérience marocaine. Le pays montre qu'un rattrapage est possible, mais il rappelle aussi qu'en matière éducative, la vraie bataille ne se joue pas seulement à l'entrée de l'école. Elle se joue dans la capacité à maintenir les élèves dans le système, particulièrement au moment du collège et de la transition vers le lycée, là où les inégalités sociales et géographiques pèsent le plus lourd. L'enjeu est d'autant plus stratégique que la question éducative dépasse le seul champ scolaire. Elle conditionne l'insertion professionnelle, la cohésion sociale, l'égalité territoriale et, à terme, la compétitivité même de l'économie.
Le monde, lui, repart dans le mauvais sens
Le contraste avec la situation mondiale rend d'ailleurs le cas marocain encore plus parlant. L'UNESCO indique que le nombre d'enfants, d'adolescents et de jeunes non scolarisés a augmenté pour la septième année consécutive pour atteindre 273 millions en 2024, soit environ un jeune sur six dans le monde.
Après une baisse de 33% entre 2000 et 2015, la population non scolarisée est repartie à la hausse, progressant de 3% depuis 2015. L'organisation précise même que ce total est sous-estimé d'au moins 13 millions d'enfants si l'on corrige les lacunes de données dans les pays les plus touchés par les conflits. La dynamique est alimentée par la croissance démographique, les crises, les fermetures d'écoles dans les zones de tension et le rétrécissement des marges budgétaires.
Le tableau mondial est donc sombre, mais il n'est pas uniforme. C'est l'un des messages centraux du rapport 2026. Oui, la planète s'éloigne de l'objectif d'un accès universel à l'enseignement secondaire d'ici 2030. Oui, au rythme actuel, le monde n'atteindrait un taux d'achèvement de 95% dans le second cycle du secondaire qu'en 2105. Mais l'UNESCO rappelle aussi que des progrès substantiels ont été accomplis depuis 2000.
En 2024, 1,4 milliard d'élèves étaient scolarisés dans le monde, soit 327 millions de plus qu'au début du siècle dans le primaire et le secondaire. Les taux d'achèvement sont eux aussi orientés à la hausse, passant de 77% à 88% dans le primaire, de 60% à 78% dans le premier cycle du secondaire et de 37% à 61% dans le second cycle. Plus largement, l'organisation souligne que le nombre de pays ayant rendu obligatoires douze années d'éducation a triplé en vingt-cinq ans.
Dans ce paysage international, le Maroc apparaît donc moins comme un simple bon élève que comme une exception utile. Son parcours montre qu'il n'existe pas de fatalité à la non-scolarisation massive, y compris dans des pays confrontés à des contraintes de revenu, de ruralité ou d'inégalités territoriales. Il rappelle surtout que les progrès éducatifs ne reposent pas sur un seul instrument miracle. Ils dépendent d'un faisceau d'actions patientes, allant de l'offre scolaire à l'aide sociale, de la proximité territoriale à l'anticipation du décrochage. C'est en ce sens que l'expérience marocaine intéresse l'UNESCO. Elle démontre qu'une politique publique peut faire reculer l'exclusion scolaire lorsqu'elle traite à la fois les symptômes visibles et les causes profondes.


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