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Le Maroc franchit le seuil d'un million de véhicules produits et prépare un port géant à Nador, défiant l'industrie automobile espagnole, s'émeut "elEconomista"
Publié dans Barlamane le 26 - 08 - 2025

Le Maroc a accompli une percée décisive dans son cheminement vers un rôle central au sein de l'industrie automobile mondiale. En l'espace d'une décennie, le Royaume a doublé ses capacités de production pour atteindre, en 2025, un volume d'un million de véhicules annuels. Selon le quotidien espagnol elEconomista, lundi 25 août, «ce bond qualitatif et quantitatif place le Maroc dans la première division mondiale du secteur et constitue un défi de taille pour l'Espagne et le reste de l'Europe, dans un contexte marqué par la pression chinoise, la nécessité de réduire les coûts et la recomposition géostratégique des échanges mondiaux.»
Cette progression fulgurante résulte d'un ensemble de choix politiques, d'investissements massifs et d'une orientation stratégique dépassant le simple assemblage. Le journal observe que «le Maroc a compris que l'avenir de son économie repose sur l'industrialisation et, plus précisément, sur son établissement comme plateforme mondiale de production et d'exportation dans des secteurs à forte valeur ajoutée comme celui de l'automobile.»
Le rôle de Tanger Med et d'Automotive City
Le port de Tanger Med a constitué le catalyseur de cette ascension. Il est désormais considéré comme l'un des plus efficaces du bassin méditerranéen. À proximité, la zone dite Automotive City a vu sa capacité doubler en quelques années, passant de cinq cent mille véhicules gérés annuellement à plus d'un million. Les synergies entre infrastructures modernes, incitations fiscales et proximité du marché européen ont favorisé l'implantation de géants comme Renault et Stellantis.
Toutefois, la nouveauté la plus déterminante réside dans le projet de transformation du port de Beni Enzar, à Nador, situé à quelques kilomètres seulement de Melilla. D'après elEconomista, «ce macroprojet, doté de plus de sept milliards d'euros, ambitionne de devenir l'un des pôles logistiques les plus puissants au monde, capable de traiter des millions de tonnes de marchandises chaque année, parmi lesquelles des véhicules, des matières premières et des produits énergétiques.»
Le futur port de Nador, levier de puissance logistique
La mise en service de ce port est prévue pour 2027. S'il tient ses promesses, il pourrait multiplier la compétitivité marocaine en assurant des flux réguliers entre l'Afrique, l'Europe et l'Amérique. Le quotidien souligne que «les accords stratégiques conclus avec les Etats-Unis ont déjà conduit ce pays à détourner une partie de son trafic maritime vers ces installations marocaines, au détriment des ports espagnols.»
Cette évolution prend une dimension particulière en raison de la proximité entre les deux rives du détroit. Le Maroc se situe à moins de quinze kilomètres de l'Europe et offre un environnement jugé attrayant par les investisseurs. Le journal rappelle que «le Royaume met à disposition une main-d'œuvre qualifiée rémunérée en moyenne cinq cents euros par mois, une réglementation environnementale moins contraignante et un accès abondant à l'énergie solaire.»
Un modèle fiscal et politique favorable
À ces éléments s'ajoute un régime fiscal attractif, une stabilité institutionnelle et la volonté affirmée du roi Mohammed VI de conduire cette transformation industrielle. Selon elEconomista, «cette combinaison a nourri la confiance croissante des investisseurs étrangers, le Maroc ayant perçu l'automobile non seulement comme une industrie mais comme un instrument de développement national.»
En 2020, le pays produisait seulement deux cent cinquante mille véhicules par an. En cinq années, ce chiffre a été multiplié par quatre. Si les données de clôture de 2025 confirment les prévisions, le Maroc rejoindra le cercle des quinze plus grands constructeurs automobiles du monde, un classement où l'Espagne dispute actuellement la huitième place au Brésil.
Renault et Stellantis en première ligne
Les usines Renault de Kénitra et de Casablanca ont franchi en 2024 le seuil de cinq cent mille véhicules produits. Stellantis, pour sa part, prévoit d'atteindre seule un demi-million d'unités en 2025. Ces volumes placent le Maroc à un niveau comparable à certains pays européens disposant d'une longue tradition automobile et en font le leader incontesté du continent africain.
L'Espagne, longtemps pilier industriel de l'Europe grâce à son secteur automobile, se voit désormais confrontée à une concurrence directe difficile à contenir. Les règles environnementales strictes, la hausse des coûts salariaux et la pression réglementaire de l'Union européenne contrastent avec la souplesse marocaine.
Risques pour l'emploi en Espagne
Le transfert progressif d'éléments de la chaîne de valeur vers le Maroc fait craindre une perte substantielle d'emplois et d'investissements pour les usines espagnoles si aucune mesure n'est adoptée pour préserver leur compétitivité. «Les syndicats et les organisations patronales de l'automobile en Espagne ont déjà exprimé leur inquiétude, tandis que le gouvernement observe attentivement l'avancée du pays voisin», rapporte elEconomista.
Pour plusieurs experts cités par le quotidien, il ne s'agit pas uniquement d'un problème de coûts, mais d'une stratégie géopolitique marocaine visant à s'imposer comme puissance régionale et économique.
Entre rivalité et possibilité de coopération
Certains analystes y voient néanmoins une occasion de collaboration. Le journal estime que «la proximité, les liens historiques et la complémentarité des deux économies pourraient déboucher sur des modèles industriels intégrés, à condition qu'une volonté politique existe des deux côtés du détroit.»
Un retour en arrière paraît improbable. «Le Maroc a pris l'option de l'industrie lourde, des grands corridors logistiques et des énergies renouvelables, dessinant un nouvel axe de développement au nord de l'Afrique qui modifie déjà l'équilibre industriel méditerranéen», conclut le quotidien économique.
En définitive, la question pour l'Espagne n'est pas seulement de savoir si elle peut contenir cette progression, mais si elle doit choisir de rivaliser ou de coopérer. Selon le journal, «Madrid pourrait s'inspirer d'un adage anglais : si vous ne pouvez les battre, rejoignez-les. Soit l'Espagne s'engage à rivaliser, soit elle choisit d'investir et de collaborer au Maroc, qui bénéficie par ailleurs d'un avantage tarifaire de dix pour cent face à l'Union européenne sur le marché américain.»


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