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Tourisme : Le «sans-alcool» gagne du terrain
Publié dans Challenge le 02 - 07 - 2008

Simple effet de mode ou pas, de plus en plus d'établissements hôteliers, de supermarchés et de restaurants sans alcool ouvrent leurs portes. Le label «sans-alcool» fait-il tant recette ?
Le «sans-alcool» continue de faire des émules. Effet de mode ou créneau porteur, le concept gagne du terrain. Des hôtels, en passant par les supermarchés jusqu'aux restaurants, la tendance se confirme. Récemment, c'est le patron du groupe saoudien Dallah Al Baraka, le Saoudien Cheikh Saleh Kamel, qui a décidé que son établissement hôtelier à Agadir « Le Palais des Roses » ne commercialiserait plus d'alcool. Mais depuis, l'hôtel peine à enregistrer le moindre touriste. Est-ce à dire que ce label ne fait pas recette ? «Chez Ynna holding, on ne parle pas de créneau concernant cette question mais plutôt de valeur. Notre positionnement est basé sur le mode de vie de la famille marocaine», souligne un responsable de Ynna Holding. Un des premiers promoteurs du concept, le groupe Ynna, l'applique aussi bien dans ses supermarchés Aswak Assalam que dans ses hôtels de la chaîne Mogador. «C'est un choix. Certains états aux Etats-Unis interdisent aussi la vente d'alcool dans les supermarchés. Ainsi, quelqu'un qui ne le commercialise pas ne se soucie guère du manque à gagner. D'ailleurs, un jeune Rabati de 16 ans qui fréquente notre supermarché ne sait même pas si on vend de l'alcool ou pas», précise ce responsable de Ynna holding. Aujourd'hui, cette enseigne de grande distribution, qui cible en priorité les familles, a fait de l'agroalimentaire sa force de frappe. Résultat des courses : l'enseigne ne semble pas souffrir de la ligne de conduite de son propriétaire malgré la rude concurrence dans le secteur. Aswak Assalam continue de multiplier ses ouvertures de magasins à travers le Royaume. Pourtant, la vente d'alcool constitue une part considérable du chiffre d'affaires des autres grandes surfaces. En effet, avant le divorce entre le groupe ONA et Auchan, les ventes d'alcool constituaient un bon tiers du chiffre d'affaires de leur chaîne Marjane et Acima. D'ailleurs, l'un des points de désaccord entre les ex-alliés aurait été la volonté de l'ONA de restreindre les ventes d'alcool dans les surfaces des quartiers périphériques, ce que le groupe français n'aurait pas accepté.
Une part considérable
du chiffre d'affaires
À l'instar de la grande distribution, le chiffre d'affaires généré par la vente d'alcool dans l'hôtellerie est également important. Selon un opérateur de la place, cela pourrait représenter jusqu'à plus de 10 % du chiffre d'affaires d'un hôtel cinq étoiles. «Le problème est plutôt un manque à gagner au niveau de la clientèle internationale. D'ailleurs, sans alcool, il est très difficile, voire impossible, de décrocher des contrats avec les tours opérateurs», explique un patron d'une grande chaîne hôtelière. Est-ce à dire que la filiale hôtellerie du groupe Ynna ne fait pas recette ? Pour cet hôtelier, en ayant recours à des investissements hôteliers en fonds propres, le groupe Ynna s'assure déjà d'une économie qui peut atteindre plus d'une dizaine de millions de dirhams par an vis-à-vis des banques. «Sans ces frais financiers, ses unités hôtelières peuvent alors être rentables sans alcool», dit-il. Les restaurateurs ne sont pas en reste. Ils multiplient les ouvertures à Tanger, Essaouira et dans les provinces du Sud, même si le concept a du mal à se faire une place dans la capitale économique. «Nous recevons de nombreuses demandes de créations de commerce grand public sans alcool. Mais nous ignorons si cette tendance est due à un effet de mode ou simplement au fait que la licence d'alcool n'est pas facile à obtenir», renseigne une autorité administrative à la Wilaya de Casablanca. Rappelons que, selon l'article 28 de l'arrêté n° 3-177-66 du 17/07/1967 réglementant le commerce des boissons alcooliques ou alcoolisées, «quiconque veut faire commerce de boissons alcooliques ou alcoolisées à la bouteille doit obtenir, au préalable, une autorisation délivrée par l'autorité administrative locale après avis des services locaux de police ou de la Gendarmerie». Cette autorisation peut être à tout moment retirée par l'autorité qui l'a délivrée, soit après une condamnation, soit par mesure d'ordre ou de sécurité publique.


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