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Entretien : Croissance 2015 : l'analyse d'Euler Hermes Acmar
Publié dans Finances news le 29 - 01 - 2015

4,2% est le taux de croissance prévu par Euler Hermes pour 2015. Un taux porté essentielle-ment par la consommation des ménages et les investissements des entreprises. Malgré un impact positif escompté, envisager une compensation pure d'une demande extérieure peu vigoureuse par le simple fait d'une baisse du coût de l'énergie serait fortuit. En ce qui concerne la défaillance des entreprises, la corrélation avec la baisse des défaillances n'est pas aussi automatique. Tawfik Benzakour, Directeur général d'Euler Hermes Acmar, décortique pour nous les principales caracté-ristiques de la croissance en 2015.
Finances News Hebdo : Les taux prévisionnels de croissance pour l'année 2015 varient d'un organisme à un autre. D'abord quelle explication pouvons nous donner à ces différents écarts. D'après Euler Hermes, un taux de croissance de 5,1% (tel que prévu par une institution nationale) serait-il réalisable si l'on prend en considération un redressement sensible de l'acti-vité à l'échelle internationale ?
Tawfik Benzakour : L'agriculture est un secteur économique très impor-tant du Maroc qui génère environ entre 15 % à 20% du PIB de notre économie selon les années et en fonction des conditions climatiques. Ceci pour dire que le taux de croissance du Maroc est fortement corrélé à celui de la production agricole et que l'agricul-ture demeure par ailleurs, le premier pourvoyeur d'emplois de notre pays. En 2015, avec une bonne reprise de la campagne agricole d'une part, et d'autre part, avec les économies générées par la décompensation et la baisse du prix du baril de pétrole, les prévisions de croissance économique du Maroc établies par les différents organismes s'avèrent optimistes. En 2015, le Haut-commissariat au Plan prévoit une hausse de 4,8%, la Banque mondiale une croissance de 4,6%, le gouvernement une hausse de 4,4%, et enfin le Centre marocain de conjonc-ture (CMC) une hausse un peu plus optimiste de 5,1%. Ces chiffres com-muniqués font ressortir des écarts et il est donc important de nous interroger sur le degré de fiabilité du calcul actuel du PIB par ces différents organismes, ainsi que sur sa capacité à mesurer toute la réalité économique de notre pays. Comme nous le savons, le PIB sert principalement d'indicateur impor-tant des différentes actions menées par le gouvernement dans le cadre poli-tique et économique pour améliorer les tendances du pays. Son impact sur les orientations de la politique économique de notre pays est très important, et donc ces variations peuvent et souvent font l'objet de critiques de la part des opérateurs économiques nationaux ou internationaux. La réponse est simple mais parfois compliquée. Chacun de ces organismes utilise ses propres hypothèses, techniques et modèles de calcul différents, et donc les chiffres sont sensiblement différents dans leurs estimations. Concernant les prévisions d'Euler Hermes, et comme déjà évoqué lors de la présentation des résultats de notre deuxième édition de l'Obser-vatoire International du commerce en novembre dernier, nous prévoyions une croissance pour le Maroc de 4,2% portée par plus de consommation des ménages et d'investissements des entreprises. Parmi les autres opportu-nités sectorielles, les engrais phospha-tés, les composants et équipements électriques et électroniques, l'auto-mobile, l'aéronautique et le tourisme demeurent des secteurs porteurs pour notre pays. L'Europe, mais aussi l'Inde et l'Afrique sont les destinations où les opportunités additionnelles sont à saisir, notamment dans les secteurs des produits chimiques, de l'agroali-mentaire et du textile.
F.N.H. : Sur le plan budgétaire, jusqu'à quel degré les marges de compétitivité engendrées par la baisse du coût de l'énergie suite à la chute des cours du pétrole seraient-elles à même de compenser une demande extérieure peu vigoureuse en raison d'une conjoncture morose dans la zone Euro ?
T. B. : Il est acquis que la baisse des cours des hydrocarbures aura des impacts directs et indirects positifs sur l'économie marocaine, qu'il s'agisse de gains de compétitivité des entreprises industrielles utilisant le fuel dans leur processus de fabrication, ou encore d'économies réalisées par les pro-fessionnels du transport, sans oublier bien entendu les particuliers pour qui le budget «carburant» devenait de plus en plus significatif. En revanche, s'agis-sant d'une tendance mondiale, il n'y a pas de raison objective à ce que la baisse des cours pétroliers profite au Maroc significativement plus qu'à d'autres pays. Par ailleurs, il serait trop réducteur de cantonner la situation économique actuelle à la seule cherté des prix du carburant. De ce fait, pour répondre à la question, malgré un impact positif escompté, il est très difficile d'envisager une compensation pure d'une demande extérieure peu vigoureuse par le simple fait d'une baisse du coût de l'énergie.
F.N.H. : Cette tendance positive de la croissance aura-t-elle des effets positifs sur le taux de défaillance des entreprises, qui malgré sa baisse de 11% en 2014, demeure à des niveaux inquiétants ?
T. B. : Même s'il est évident, comme rappelé dans la réponse à la question précédente, que la baisse du coût de l'énergie ne pourra que s'accompagner d'effets favorables, il faut malheureusement relever que les défaillances des entreprises marocaines sont liées, selon l'analyse propre à Euler Hermes, à 2 éléments majeurs : ces éléments sont d'une part, un resserrement des liquidités disponibles du fait d'un allongement des délais de paiement, et d'autre part, des problématiques macro liées à un déficit de structuration et d'organisation d'une partie du tissu économique.
Par conséquent, la tendance positive de la croissance devrait permettre d'améliorer le climat des affaires, mais la corrélation avec la baisse des défaillances des entreprises n'est pas automatique.
A noter pour conclure que selon nos données propres, le taux de défaillance des entreprises marocaines a augmenté de 10% environ en 2014, ce qui nous amène à ne pas adhérer au chiffre avancé d'une baisse du taux de défaillance de 11%.
F.N.H. : L'ancrage du dirham à un panier de devises dominé par l'Euro commence à susciter des interrogations sur son impact sur la croissance nationale. Quel est votre point de vue sur la question ?
T. B. : A mon sens, le Maroc étant un pays assez fortement dépendant des économies européennes (France, Espagne, Italie...), notamment en termes d'importations, l'ancrage du dirham sur l'Euro essentiellement me paraît être somme toute logique. Par ailleurs, l'Euro a, sur les tendances longues, fait montre de stabilité, ce qui est important à relever dans un contexte aussi délicat que celui de l'économie mondiale des dernières années.
F.N.H. : Quel regard portez-vous sur les actions de transformation et d'émergence du continent africain ?
T. B. : Je vous rappellerai que le thème de notre dernier observatoire de l'économie marocaine était celui des relais de croissance, et le continent africain a été clairement identifié comme le futur de l'économie mondiale. Au niveau du Groupe Euler Hermes, nous avons anticipé l'émergence de l'Afrique depuis de nombreuses années et attendions le moment propice à une stratégie d'implantation réfléchie et structurée. C'est ainsi qu'en plus de la filiale marocaine Euler Hermes ACMAR, le Groupe Euler Hermes compte maintenant deux nouvelles filiales africaines (Afrique du Sud et Tunisie), en notant que des projets similaires sont en cours de finalisation. Ceci montre bien que nous croyons à l'émergence du continent africain et soutenons son développement.
F.N.H. : Depuis quelques années on fredonne que l'Afrique sera le continent de croissance par excellence. Partagez-vous cet avis et quels seraient éventuellement les ingrédients nécessaires pour que cet objectif ambitieux puisse se réaliser ?
T. B. : Nous croyons donc que l'Afrique sera le continent de croissance, en raison notamment d'une croissance démographique forte et de l'existence d'une manne de matières premières diversifiées et très intéressantes (hydrocarbures, platine, or...). Cependant, pour que cet objectif ait toutes les chances d'aboutir, il faudrait continuer les efforts de démocratisation, d'alphabétisation et d'amélioration des conditions de vie initiés dans la grande majorité des pays africains.
F.N.H. : Le Maroc est souvent érigé en modèle de développement économique grâce à des plans sectoriels lancés depuis quelques années. Est-ce pour autant possible de classer le pays dans la case des pays émergents ?
T. B. : Si l'on s'en tient à la définition précise des pays émergents qui implique un PIB par habitant inférieur à ceux des économies développées avec, en parallèle, une croissance économique rapide et un niveau de vie intéressant, il est possible de classifier une partie du Maroc comme faisant partie des pays émergents. Cependant, et même si des efforts notables et indéniables ont été réalisés pour mettre à niveau un certain nombre de régions (électrification, accès à l'eau potable, infrastructure routière, accès à l'éducation...), l'autre partie du pays, certes de plus en plus réduite, ne peut malheureusement pas être encore classée dans cette case.
F.N.H. : A votre avis, quel rôle est appelée à jouer la coopération interafricaine dans la mise en oeuvre des actions de transformation et d'émergence du continent ?
T. B. : Il est très important de noter que la coopération interafricaine est déjà assez présente, mais qu'elle demeure encore trop organisée par régions (zone CFA par exemple) ou par affinités culturelles (ex-pays du Commonwealth, francophonie...). L'enjeu actuel est un élargissement de la coopération interafricaine, afin d'intégrer le plus de pays possible et de donner une visibilité accrue au continent. Cette coopération semble indispensable dans le contexte actuel.


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