Sahara Marocain : Réactions aux consultations semestrielles du Conseil de Sécurité (vidéo)    Maroc Telecom réalise un chiffre d'affaires de 8,9 MMDH au titre du T1-2021 en baisse de 4,2%    Secousse tellurique de 4,4 degrés au large d'Essaouira (Bulletin)    Produits d'épargne en dirham : Des taux de revalorisation nets allant jusqu'à 3,25% servis par Wafa Assurance    Vivo Energy Maroc mobilise les internautes pour planter des arbres avec #Nzer3ouloxygen    Trois nouvelles nominations au sein de Société Générale Maroc    Energie Renouvelable: Une entreprise veut installer un Câble sous-marin entre le Maroc et la Grande-Bretagne    "Nsewlou Tabib": Cinq choses à savoir sur l'hygiène bucco-dentaire pendant le Ramadan    Maroc/Immobilier: Hausse des crédits bancaires à 284 MMDH à fin février    Maroc/Météo: Temps nuageux ce vendredi 23 avril    Votre e-magazine Challenge du vendredi 23 avril 2021    Evolution du coronavirus au Maroc : 600 nouveaux cas, 507.938 au total, jeudi 22 avril 2021 à 16 heures    Maroc: 552 infractions commerciales constatées depuis le début du Ramadan    Interview avec Safaa Baraka, réalisatrice    La Liga présente son dictionnaire espagnol-arabe de football    Laila Aziz, la styliste marocaine qui habille les stars hollywoodiennes (Forbes)    Sommet sur le climat : le chef de l'ONU appelle à l'action (Vidéo)    Le projet de loi sur les usages licites du cannabis vise l'amélioration des revenus des agriculteurs (Laftit)    Sahara : El Pais met en exergue la victoire diplomatique du Maroc en Amérique Latine    L'examen du BTS du 17 au 21 mai    En-Nesyri relance FC Séville dans la lutte pour le titre    Le Wydad décroche son billet pour les quarts de finale    La RSB éliminée, le Raja en douceur    Des appels à changer « véritablement » l'Amérique    Tribunal de commerce de Casablanca Lancement de trois nouveaux services électroniques    «Les femmes du pavillon J» élu meilleur long-métrage    Une exposition célèbre la calligraphie arabe    Le Maroc perd l'une de ses plus belles plumes    La question sociale est irrémédiablement au cœur du projet sociétal de l'USFP    Super Ligue. Pour le patron de l'UEFA, les demies de C1 ne sont pas menacées    Consultations au Conseil de sécurité sans enjeux sur la question du Sahara marocain    Kate Winslet se confie sur les débuts de sa fille Mia Threapleton en tant qu'actrice    Etat islamique : prison à vie pour l'auteur d'un attentat manqué à Manhattan    Le champ miné du Sahel    Sabotage en Tchéquie : l'OTAN vent debout contre les actions déstabilisatrices de Moscou    Après avoir participé au 45ème congrès de la FIFA, le président de la CAF arrive au Maroc    Urgent : Brahim Ghali, président de la rasd, hospitalisé en Espagne    Foot européen : Nasser Al-Khelaïfi élu président de l'Association européenne des clubs    Fouzi Lekjaa : "Prochain défi, la qualification pour la Coupe du monde"    Mohammed Benabbou, climatologue: Il faut s'habituer à de tels scénarios climatiques    Infosoir/ Entretien avec Soumaya Akaâboune, actrice émérite et star du feuilleton "Bab Lbhar" (vidéo)    Covid-19 : l'Allemagne envisage d'aquérir 30 millions de doses du vaccin russe Spoutnik    Anniversaire de la disparition de Feu SM Mohammed V: le héros de la lutte pour l'indépendance    Brexit : le Parlement européen se prononcera le 27 avril sur l'accord commercial UE-Royaume-Uni    Poutine appelle ses rivaux étrangers à ne pas "franchir de ligne rouge "    Plus de 220 textes en souffrance    Météo Maroc: formations brumeuses ce jeudi 22 avril    Mise en échec d'une tentative de trafic de plus 600kg de drogues à Agadir    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Presse partisane et presse indépendante
Publié dans Finances news le 09 - 10 - 2003

Qu’il s’agisse de presse « indépendante » ou partisane, les professionnels sont tous d’accord sur le fait que les annonces publicitaires sont d’une grande importance pour le financement de leurs supports. Cependant, ils rejettent toute interférence de la part des annonceurs dans leurs lignes éditoriales. Entre théorie et pratique existe un grand fossé.
Une large catégorie d’annonceurs croient que passer une pub sur un support écrit est synonyme de faveur, oubliant qu’ils y gagnent plus que les organes de presse eux-mêmes. Un autre élément majeur est ignoré par les publicitaires ; c’est que pour qu’une annonce soit crédible, il faut que le média où elle passe soit crédible aussi. Or, un journal qui fait de la réclame dans ses papiers d’information, comme le souhaiteraient les publicitaires, n’est pas du tout crédible.
La pression des annonceurs publicitaires varie selon que l’organe de presse soit partisan ou dit indépendant. Mais il est erroné de croire que les journaux partisans ne subissent pas de pressions de la part des annonceurs. Avant de parler de la relation qu’entretient un quotidien partisan, Libération en l’occurrence, avec ses annonceurs, Salah Sbyea, le Rédacteur en chef de ce journal, tient à éclaircir les concepts. Selon lui, « la définition de la presse indépendante, en opposition à une presse partisane, est un peu simplificatrice pour ne pas dire simpliste ; cela renvoie à une histoire de la presse au Maroc de manière générale. On utilise le mot « partisane » pour parler d’une presse qui est éditée par des groupes politiques, et « indépendante » pour la presse qui est éditée par des groupes économiques ou des initiatives individuelles. ». Pour affirmer ensuite que « Dans le jargon du métier, on dit qu’un journal se vend deux fois, se vend dans le sens positif du terme une première fois aux annonceurs et la deuxième fois aux lecteurs ». Sans oublier que le rapport entre les annonceurs et les journaux doit être encadré par l’éthique de chacun et qu’il y a séparation entre la rédaction d’un journal et son service commercial. Cette séparation préserve la ligne éditoriale de tout rapport qui pourrait rapidement dégénérer. Selon lui, le fait d’être affilié à un parti, l’USFP, n’atténue pas les pressions que peut subir la presse partisane. En effet, même affilié à un grand parti, le PPS, un journal doit subsister par ses propres moyens. Ainsi, Ahmed Zaki, Directeur d’Al Bayane, assure que son journal ne dépend pas financièrement du parti et qu’il a ses propres ressources à travers les ventes, les insertions, les pubs et les abonnements. Pour un annonceur qui cherche des cibles aussi variées que possible dans la société, le fait qu’un journal comme Al Bayane vante les mérites de tel ou tel produit a une répercussion sur le lectorat et les membres de son parti. Mais c’est une arme à double tranchant, du fait que les journaux partisans ont une assise sûre et fidèle, contrairement à la presse indépendante dont le profil des lecteurs peut varier selon les thèmes de chaque numéro. Du coup, et contrairement à ce qu’on peut croire, la presse partisane est aussi convoitée par les annonceurs que la presse indépendante. Par conséquent, elle subit des pressions de la part de « certains annonceurs ». La différence réside donc dans l’approche qu’ont ces deux presses différentes, mais également dans la dominance des thèmes politiques chez la presse partisane et une tendance plutôt économique dans la presse indépendante. « C’est vrai qu’Al Bayane est axé sur l’information politique, mais nous avons des correspondants qui font des enquêtes dans le domaine des affaires et chaque fois que nous avons une information vérifiée, nous ne tenons pas compte du fait qu’elle concerne un annonceur ou pas. On ne cherche pas à donner des informations sensationnelles pour défrayer la chronique ni à nuire, mais nous informons dans un esprit critique ». Si des annonceurs retirent leurs pubs d’un organe de presse partisan, l’impact se ressent à peine du fait que le budget ne repose pas essentiellement sur la pub, contrairement à la presse indépendante, où la pub peut représenter jusqu’à 90 % du budget.
À l’origine du problème, le manque d’organisation des métiers, en l’occurrence les métiers de la publicité et de la communication. Les rapports ne sont pas clairs dans le sens où l’on ne sait pas pourquoi un annonceur pour tel produit a choisi un organe de presse au lieu d’un autre. On a vu des campagnes publicitaires d’une grande importance se faire sur des supports qui ne constituent pas la niche à laquelle s’adressait la campagne de pub. Et ce problème aboutit quelquefois à des conflits entre les annonceurs et les médias. Pour remédier à ce problème, des organes de presse indépendants, tel Assabah, ont procédé à une séparation totale entre le service rédactionnel et le service commercial. « Dans notre boîte, nous insistons pour qu’aucun journaliste ne soit un intermédiaire entre l’organe de presse et l’annonceur. Ainsi, les journalistes n’ont aucun lien direct avec les annonceurs et se soucient peu de ce que fait le service commercial. Et nous avons un service commercial qui s’occupe de cela et nous n’avons pas à nous en soucier afin d’éviter d’arriver à une situation où le journaliste sentirait le moindre engagement envers ces annonceurs », nous affirme Hassan El Attafi, rédacteur en chef d’Assabah. Bien que chaque organe de presse souhaiterait vivre de la pub, cela ne doit aucunement se concrétiser aux dépens des règles de déontologie et de l’éthique du journalisme. H. El Attafi est intransigeant dans ce sens. Pour lui, l’annonceur achète un espace publicitaire où il a le droit de faire la promotion de son produit en toute liberté, mais il n’interfère pas dans le contenu du journal. « Si un citoyen avait un problème avec un établissement public ou privé, et qu’il a recours à notre journal, je vois mal comment nous pouvons refuser de publier son cas, surtout s’il a des éléments qui prouvent la véracité de ce qu’il avance, pour éviter de nuire à une entreprise. Notre rôle est dès lors de faire un travail d’investigation pour éclaircir les faits et, s’il s’avère que l’établissement incriminé a effectivement lésé ce citoyen, il est de notre devoir d’informer le public ». Mais même si le rédacteur en chef d’Assabah assure que les journalistes ne sont absolument pas inquiétés pour leurs articles, il faut avouer que certaines publications indépendantes ont cédé à la tentation de l’argent. Ainsi on trouve des journaux qui ne vivent que par la pub, pour ne vivre que pour elle, déviant de la mission première et sacrée d’un journal. Les professionnels honnêtes qui ont tenu tête à des annonceurs se sont vus écartés sans raison logique de grandes campagnes publicitaires. Beaucoup de titres ont payé de leur vie leur intégrité et leur professionnalisme.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.