Les conditions pour déclarer les villes de Taounate, Chefchaouen, Taza et Al Hoceima comme zones sinistrées ne sont pas réunies, selon le ministre de l'Équipement et de l'Eau, Nizar Baraka. Malgré cela, le programme de réhabilitation sera large et devrait inclure ces provinces, a-t-il ajouté. Après les appels d'acteurs politiques et associatifs réclamant que les villes précitées soient considérées comme zones sinistrées par les récentes intempéries, au même titre que Larache, Kénitra, Sidi Slimane et Sidi Kacem, le ministre a apporté des précisions. Dans une sortie médiatique, Nizar Baraka a déclaré que « les conditions prévues par la loi pour les déclarer zones sinistrées n'y ont pas été réunies ». Il a ajouté qu'en dépit de leur non-déclaration officielle en tant que zones sinistrées selon les termes juridiques, cela ne signifiait pas que ces provinces n'allaient pas bénéficier du programme de réhabilitation de leurs infrastructures endommagées. À noter que les conditions prévues par la loi définissent comme zone sinistrée ou affectée par une catastrophe naturelle, toute zone ayant connu une catastrophe pendant 504 heures successives en cas d'inondation, 168 heures en cas de séisme (y compris les répliques) et 168 heures en cas de tsunami, selon l'article 4 du décret d'application n° 2.18.785 relatif à la mise en œuvre de la loi 110.14. Le ministre a expliqué que « la réponse à la polémique soulevée ces derniers jours concernant la non-déclaration des provinces de Taounate, Chefchaouen, Taza et Ouezzane comme zones sinistrées par le chef du gouvernement se trouve dans les critères fixés par la loi ». Ces critères, rappelle-t-il, sont nécessaires afin de bénéficier des indemnisations prévues par le Fonds de solidarité contre les événements catastrophiques. Il précise que « la déclaration des provinces de Kénitra, Larache, Sidi Slimane et Sidi Kacem comme zones sinistrées est intervenue après que les critères légaux, qui font l'objet d'une assurance internationale, ont été réunis ». Les acteurs ayant plaidé pour l'intégration des provinces situées dans le Nord et le Nord-Est du pays militent notamment pour leur inclusion dans le programme de réhabilitation des infrastructures et des logements, ainsi que pour l'octroi d'aides aux familles ayant subi des dégâts matériels. Le ministre a souligné à cet égard que ces villes bénéficieront de plusieurs programmes de réhabilitation et ne seront pas « abandonnées ». « En tant que ministère de l'Équipement, nous avons programmé la réhabilitation de la route nationale n°2 reliant Bab Taza à Bab Berred dans la province de Chefchaouen, de la route régionale n°414 dans la même province, ainsi que de la route nationale n°8 dans la province d'Al Hoceïma et de la route nationale n°13 reliant Ouezzane à Chefchaouen, en plus de plusieurs routes rurales endommagées par ces conditions climatiques exceptionnelles », a-t-il détaillé. Il a enfin affirmé que le programme prévu est plus large que les villes annoncées. Il englobera des efforts pour « réhabiliter et reconstruire tout ce qui a été endommagé par les inondations et les crues torrentielles », notamment avec la construction préventive de ponts pour surélever les routes au-dessus des cours d'eau. Cela s'inscrit dans une vision à long terme, étant donné que les données prévoient davantage de perturbations climatiques et d'inondations à l'avenir.