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Meknès : Un potentiel touristique gigantesque sous-exploité
Publié dans Jeunes du Maroc le 27 - 08 - 2005


Une image et un gâchis énorme à corriger
Avec ses cinq mille lits classés, la région de Meknès-Tafilalet représente une destination en devenir. Une destination qui surclasse Fès sans pour autant bénéficier du même intérêt. Ahurissant !
S'il est une aberration que les promoteurs du tourisme de la région Meknès-Tafilalet dénoncent avec force, c'est bien celle qui fait du patrimoine historique de la capitale ismaélienne et du fort potentiel d'éco-tourisme de la région. En termes plus clairs, les opérateurs de la région n'arrivent pas à comprendre comment l'ONMT, établissement public chargé de la promotion de la destination Maroc, feint d'ignorer un tel gisement régional. La preuve en est que les principales villes touristiques du Royaume disposent chacune de sa propre brochure. À l'exception de Meknès et de son riche hinterland. Un ostracisme voué aujourd'hui aux gémonies. D'autant plus qu'il n'a pas lieu d'être. Les preuves sont multiples et assez édifiantes pour les promoteurs en chef du patrimoine touristique marocain. D'abord, la cité ismaélienne dispose d'un patrimoine architectural unique en son genre. Ce sont pas moins d'une quarantaine de kilomètres de murailles qui défient les siècles avec des portails qui retracent le génie de l'architecture marocaine. D'ailleurs, ce n'est pas pour rien que Bab Mansour a figuré au coeur de Paris, Place la Concorde, à l'occasion de l'Année du temps du Maroc en France. Ensuite, en remontant le cours de l'histoire universelle, la cité romaine de Volubilis, édifiée à une vingtaine de kilomètres de Meknès, livre ses secrets à une nuée de touristes qui, initiés pour la plupart, viennent contempler le génie d'une civilisation ancienne. Cela sans parler de la richesse de la région avec ses cours d'eau, ses forêts, ses plaines, ses oasis et casbahs.
« Complexe d'accompagnement »
Bref, le chef-lieu de la région n'est pas l'unique attrait touristique. Et ce n'est pas pour rien que les opérateurs du tourisme veulent s'affranchir, aujourd'hui, du « complexe d'accompagnement » qui colle à la région. En effet, la destination Meknès n'est pas programmée en dehors de celle de Fès. Et si elle fait bonne figure dans les brochures louant les villes impériales, il n'en reste pas moins que la capitale ismaélienne est toujours considérée, à tort, comme un simple appendice de Fès.
C'est cette vision-là, étriquée, que les Méknassis nourrissent l'espoir de changer. D'abord, en rappelant que la région dispose d'une capacité d'accueil supérieure à celle de Fès. La capitale des Qaraouyine ne dispose que de trois mille lits classés alors que Meknès fait bien plus que le double. En sus, la dynamique d'investissement qui s'est saisie de la région n'a pas manqué de se focaliser aussi sur le tourisme. Plusieurs projets sont en cours de réalisation, dont deux palaces. Et ce n'est pas pour rien que des approches sont faites aujourd'hui auprès de grandes enseignes du tourisme international. Approches qui devraient se concrétiser dans le cadre du développement d'un partenariat agissant entre opérateurs marocains et internationaux.
Voilà autant de signes avant-coureurs d'une réelle reprise de l'activité touristique dans la région. Une reprise qui, faut-il le rappeler, a été initiée par le groupe Accor qui a investi au centre de Meknès dans un établissement sous l'enseigne Ibis.
Passer à l'offensive
Les opérateurs de Meknès qui s'accommodent de la suprématie de Fès n'en demandent pas moins un traitement « égalitaire « au niveau de la promotion des produits nationaux. Le ministère du Tourisme devra réagir pour rectifier le tir. Au même titre, d'ailleurs, que l'ONMT. À charge pour les opérateurs privés des deux villes impériales limitrophes de gérer autrement les « susceptibilités « et autres rivalités. En tout cas, les Méknassis ne sont pas dupes. Et s'ils entendent dès à présent rattraper les retards, en faisant les bouchées doubles, c'est d'abord en tendant la main à leurs confrères de Fès. Histoire de rectifier le tir... Et de permettre au secteur de se hisser au diapason des attentes focalisées aujourd'hui sur le duopole. Dans ce cadre-là, l'offre faite vise à combler le vide entre les deux cités millénaires, séparées par une cinquantaine de kilomètres, par un golf de 18 trous. Et, pourquoi pas, par un concept de restauration et d'animation qui collerait à celui qui fait le bonheur de Marrakech, « Chez Ali » en l'occurrence. Plus, dans le cadre de la bi-promotion, une action concertée devra se faire auprès de Royal Air Maroc pour permettre aux deux destinations de mieux capter le flux touristique à destination du Maroc. « Il est anormal de maintenir les fréquences actuelles sur l'aéroport de Fès », s'indignent nombre d'hôteliers. Ce qui est souhaitable par les opérateurs du tourisme c'est la programmation d'un vol par jour au moins. Sans quoi, jamais le taux d'occupation, qui ne dépasse pas les 35 % en moyenne, n'évoluera convenablement.
Bien entendu, cette offensive collective ne doit pas faire oublier les carences enregistrées au niveau des structures « représentatives « du secteur à l'échelle de Meknès-Tafilalet.
En effet, le Centre régional du tourisme (CRT) qui a succédé au GRIT continue à « ronronner » comme la vieille machine du syndicat d'initiative. Sauf qu'au bout, les résultats restent médiocres. Pour pallier les carences, nombre d'opérateurs table sur l'émergence d'une nouvelle équipe dynamique à même de reprendre les choses en main. L'arrivée dans le secteur de nouvelles têtes pourra, sans le moindre doute, aider à changer le « désordre « des choses qui dure depuis une quarantaine d'années. Ce n'est qu'avec une représentation professionnelle digne de ce nom, c'est-à-dire en phase avec les attentes de l'heure, que l'industrie du tourisme pourra prendre un réel essor susceptible d'accompagner les nouveaux investissements consentis.
Les contours de la bataille qui se profile sont déjà connus. Au-delà de la promotion qui constitue le fer de lance de tout développement du tourisme, c'est sur l'arène de la fiscalité que le devenir se joue. Les industriels déplorent le fardeau fiscal inique sous lequel ils croulent. « Nous nous devons, pour éviter tout problème, d'acquitter vingt-cinq taxes », signale, non sans indignation, un hôtelier de Meknès. Et comme cela ne semble pas suffisant, précise un restaurateur, « on nous applique le taux maximum » !
En attendant que tout rentre dans l'ordre, les Meknassis sont convaincus des possibilités de développement de leur offre touristique. Cette conviction s'appuie, bien sûr, sur la richesse naturelle qui doit nécessairement booster le tourisme écologique toujours à la mode. Cela sans oublier le côté festif auquel la capitale ismaélienne a droit. « Nous avons un Festival tout fait que nous n'avons jamais exploité auparavant « , signale un vieux promoteur touristique. Il s'agit, bien entendu, d'un rendez-vous culturel reposant sur des danses régionales qu'il suffira d'organiser. Hmadcha, Issaoua, Zayane et Gnaoua représentent une partie des troupes qui ont enrichi le patrimoine folklorique marocain.
Pourquoi, dès lors, ne pas faire de Meknès un rendez-vous annuel incontournable à l'instar de ce que fait Fès avec les musiques sacrées ? Voilà une piste qui mérite d'être défrichée...
L.Y (Al Bayane du 25/8/2005)


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