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Smig, Smag et Smic
Publié dans La Vie éco le 04 - 05 - 2007

La citadelle du Smig (salaire minimum interprofessionnel garanti) a résisté à tous les assauts. Depuis le milieu des années 80, elle a contenu la vague libérale qui la vouait aux gémonies. Menacée d'être vidée d'une partie de sa substance par la flexibilité du travail, elle a laissé passer l'orage. Instauré par la loi, le Smig, comme le Smag (Salaire minimum agricole garanti), représente la rémunération minimale qui doit obligatoirement être versée aux salariés travaillant dans un secteur de droit privé. Il s'agissait de garantir un «minimum vital» aux travailleurs les moins bien payés. On évalue à quelque 40% des salariés du secteur privé le pourcentage des «smigards».
Ce sont d'abord des femmes (plus de la moitié des ouvrières) et des salariés de petits établissements. Plus de quarante ans après sa création, le salaire minimum symbolise encore une exigence élémentaire de justice sociale.
Cette année encore, le rituel qui entoure les débats précédant les négociations avec les syndicats et la décision du gouvernement d'accorder ou non un coup de pouce au Smig est d'un classicisme éprouvé. Les syndicats demandent un «relèvement substantiel», le patronat sollicite «la modération» et les pouvoirs publics hésitent. Partagé entre les arguments d'un gouvernement soucieux de ne pas égratigner la rigueur, et le plaidoyer des acteurs sociaux, désireux de privilégier les bas salaires, le Premier ministre propose l'indexation du Smig au coût de la vie. Un mode d'ajustement du salaire minimum que d'aucuns considèrent dépassé et désacralisé depuis bien longtemps. Sa rigidité est en effet soupçonnée d'engendrer de multiples effets pervers. On accuse l'indexation d'alimenter l'inflation.
On la soupçonne d'être un frein à l'embauche, de paralyser les négociations salariales ou encore d'écraser la hiérarchie des rémunérations. Pour le patronat, un salaire minimum généralisé décourage l'emploi de salariés non qualifiés, dont la «rentabilité» pour l'entreprise est inférieure aux dépenses (salaire et charges sociales) qu'ils engendrent. Dès lors, assouplir le Smig permettrait de faire reculer le chômage. Pendant toute la période des années quatre-vingt et quatre-vingt dix, le salaire minimum avait perdu beaucoup de terrain par rapport aux autres rémunérations. Avec les ajustements intervenus dans les dernières années, l'écart s'est sensiblement réduit entre son évolution et celle du salaire moyen.
En principe, le salaire minimum ne concerne que les salariés du bas de l'échelle et ne préjuge pas de la possibilité pour les branches professionnelles de déterminer une rémunération minimale supérieure au plancher légal. Cependant, le Smig n'est pas sans effets sur les salaires du bas de l'échelle. Une revalorisation du Smig tend à se diffuser et à tirer vers le haut les niveaux de rémunérations situés juste au-dessus de lui. Mais, dans les faits, le salaire minimum de certaines professions n'atteint pas le Smig qui, dans ces conditions, n'est plus un plancher mais un plafond.
Dans tout ce débat, est-ce vraiment au Smig et à son indexation à l'inflation qu'il faut s'en prendre ? En réalité, c'est moins l'existence du Smig que son influence qui est en cause. Or, si les entreprises avaient investi dans la formation de leur personnel plutôt que de pratiquer une politique de bas salaires – synonyme de basses qualifications -, le Smig ne serait pas devenu une locomotive salariale mais aurait continué de jouer sa fonction originelle de «voiture-balai».
Enfin, ce surdimensionnement du Smig est également le reflet de déséquilibres des relations sociales, conséquence – entre autres – de l'incapacité des partenaires sociaux à faire assumer aux institutions du travail les rôles qui leur sont dévolus. Il est surprenant de voir les partenaires sociaux accorder une importance excessive aux questions de l'indemnité de licenciement dans des négociations sans fin sur le nouveau code du travail et prêter une moindre attention à l'activation des institutions de régulation de la conflictualité, notamment les comités d'entreprise.
Ne faut-il pas s'acheminer vers l'établissement d'un Smic, un salaire minimum de croissance permettant d'indexer l'ajustement du salaire sur l'accroissement de la richesse nationale et la productivité des travailleurs ? Un mécanisme géré par des négociations collectives et qui veillera à un juste partage des fruits de la croissance entre le capital et le travail.


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