«Nous sommes tous réunis aujourd'hui pour un seul objectif, réhabiliter l'ancienne médina de Casablanca». L'objectif formulé par Mustapha Mellouk, président de Casablanca carrières centrales, est clair. Formuler une vision intégrée pour la réhabilitation de l'ancienne médina de Casablanca. Pour ce faire, l'association Casablanca carrière centrale a organisé, mercredi 8 juin, une rencontre rassemblant l'ensemble des acteurs concernés. Au menu des axes de réflexion, la réhabilitation intra-muros de l'ancienne médina de Casablanca en intégrant les aspects urbanistique, économique, social, et culturel. Un vœu en passe de se réaliser En effet, l'ancienne médina, qui compte 3.025 établissements de commerce (vêtements, fruits, légumes et épices, alimentation générale et tabac) a un atout commercial à faire valoir. De plus, avec un flux de visiteurs estimé à 60.000 personnes par jour et plus de 1.385 artisans spécialisés, notamment dans le cuir, la couture et la bijouterie, l'ancienne médina détient un potentiel, justifiant ainsi la prise en compte de l'aspect économique que dégage cette vision intégrée. L'autredimension importante que porte cette vision est la vocation touristique et artisanale de l'ancienne médina. Dans le détail, la mise en valeur de la médina passera par une modification des pratiques économiques et touristiques, avec en point de mire la migration vers un tourisme de séjour et un tissu de commerces et de points de ventes modernes. Cependant, restaurer l'âme culturelle de la ville de Casablanca pour une meilleure contribution au développement socio-économique local nécessite un certain nombre de pré-requis. Ainsi, les initiateurs du projet proposent l'établissement d'un montage technico-financier et institutionnel et la définition des outils de mise en œuvre, ainsi que l'élaboration d'une législation patrimoniale visant à sauvegarder le cachet architectural de l'ancienne médina. Ceci aura pour effet de créer un environnement favorable à l'émergence d'activités économiques développées par le secteur privé, afin d'enrichir l'offre touristique proposée et en maximiser l'impact économique. Dans un premier temps, un circuit historique et culturel de 3,7 km comptant quelques 289 commerces et points de ventes, 31 ateliers d'artisanat, autour de 49 monuments historiques répertoriés. Un constat consternant Plus que tout autre quartier de la capitale économique, l'ancienne médina a besoin d'une régénération urbaine. Et pour cause, le constat est alarmant. D'abord, la densité démographique est semblable à celles des mégapoles asiatiques, atteignant dans certaines parties de la médina jusqu'à 3.000 habitants par kilomètre carré. De plus, quelques 61 constructions menaçant ruine ont été recensées par les services préfectoraux, ainsi que 9 noyaux de bidonvilles hébergeant plus de 121 familles. «Nous allons accélérer le relogement des familles vivant dans des conditions d'insalubrité déplorables, mais nous ne nous arrêterons par là», a déclaré Mohammed Sajid, le maire de Casablanca. En effet, les équipements publics à vocation sociale sont l'autre déficit patent de la médina. La culture, le sport et les loisirs sont un luxe que les habitants de «M'dina laqdima» ne peuvent s'offrir. Sans oublier que les équipements qui existent sont dans un état de délabrement avancé. À commencer par le réseau de l'eau et de l'assainissement, l'éclairage public et la voirie, tous dans un état de vétusté majeure. Infrastructures La liste des aménagements prévus dans ce plan d'action est ambitieuse. Parmi les infrastructures prioritaires dans l'espace de l'ancienne médina, citons à titre d'exemple le renouvellement prévu de 900 points lumineux, intégrant le principe d'efficacité énergétique, ce qui permettra d'économiser 180.000 KWh par an. Pour le volet eau et assainissement, trois linéaires d'une longueur totale de plus de 20 km, nécessitant un investissement de 135 millions de DH sont également dans le pipe. Le volet transport a également été pris en compte. En effet, pour trancher avec le chaos caractérisant le stationnement des bus dans l'environnement immédiat de l'ancienne médina, une action visant à transférer leur stationnement dans un emplacement situé entre la rue de Bordeaux et la rue Goulmima, ainsi qu'un cahier des charges définissant le design et le mobilier urbains pour ce qui concerne les abris-bus devant être implantés, est en cours.