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«Le DAT attirera encore les Marocains»
Publié dans Les ECO le 01 - 09 - 2014


Ahmed Benlafkih
Directeur du réseau de Casablanca en charge du Marché détail et MDM à la Banque populaire.
Les ECO : Pouvez-vous nous expliquer le rapport qui existe entre le comportement du marché monétaire, obligataire, boursier avec l'évolution de la rémunération des dépôts à terme ?
Ahmed Benlafkih : Tous les compartiments du marché financier dans un pays donné sont interdépendants. Autrement dit, le comportement de l'un influe sur les autres. La question est donc d'observer cette interdépendance et d'évaluer son impact sur la rémunération des DAT. Cependant, il est important de préciser le rôle de chaque marché afin de mieux comprendre cet impact. Le marché monétaire a pour mission de permettre aux banques de faire face à leur déficit en termes de trésorerie à court terme. Ainsi, les banques disposant d'un excédent de trésorerie peuvent le placer auprès des établissements bancaires qui en ont besoin. Dans le cas où les banques souffrent d'un manque de liquidité, c'est Bank Al-Maghrib (BAM) qui intervient pour les financer. Dans ce type de situation, le taux appliqué est forcément élevé. Les banques sont donc contraintes de prendre en considération le taux appliqué par BAM auquel est indexé celui des DAT. La rémunération des dépôts à terme est donc indexée sur les taux du marché monétaire. La tendance des bons du Trésor, globalement haussière, est reflétée au niveau des taux minima appliqués aux comptes d'épargne, qui connaissent des évolutions soutenues par les pouvoirs monétaires. Les autres marchés, que ce soit le marché obligataire ou la Bourse, impactent la rémunération des DAT en tant que placement de substitution ou placement concurrentiel. Lorsqu'il y a un engouement sur ces deux marchés, qui concernent le financement à moyen et long termes des entreprises, forcément et logiquement il y a un relatif désintérêt de la part des épargnants à l'égard des DAT et réciproquement ; ce qui impacte la rémunération des DAT.
Quelle est votre lecture de l'évolution du marché monétaire au premier semestre et son comportement actuel ?
Le marché monétaire a été marqué, au cours du premier semestre 2014, par la baisse du coefficient de la réserve monétaire à fin mars pour le ramener à 2%. Cela a permis de libérer quelque 8 MMDH. Par ailleurs, Bank Al-Maghrib, à travers le réaménagement du dernier instrument mis en place, à savoir les prêts garantis, a permis aux banques de la place de profiter d'un refinancement sur 1 an au lieu de 3 mois. Le premier semestre a été également marqué par l'opération OCP et l'emprunt du Trésor à l'international. Ces deux opérations ont permis d'injecter des montants respectifs de 13 MMDH (début mai 2014) et 10 milliards (mi-juin 2014) ; ce qui a poussé BAM à réduire ses interventions hebdomadaires de l'équivalent des montants injectés. Les conditions actuelles du marché n'augurent pas d'un changement de situation. Ainsi, BAM continue de financer le marché et les indicateurs macro-économiques ne présagent pas une contraction du besoin de financement du marché monétaire. La situation du marché n'a pas pour autant changé du fait qu'il s'agit d'un besoin de financement historique qui n'a cessé d'évoluer ces dernières années.
Selon vous, comment devrait évoluer la rémunération des DAT durant le deuxième semestre 2014 ?
Généralement, durant les 2es semestres, la compétition entre les banques continue à s'accentuer. Le spectre de la réalisation des objectifs est de plus en plus présent. D'autant plus que les déposants deviennent plus conscients de leur importance dans un «marché de demande». À souligner que la reprise de la Bourse, même si elle est encore faible, risque de constituer une concurrence pour les banques en attirant au moins les fonds des boursicoteurs ayant boudé le marché financier durant ces deux dernières années.
Y a-t-il encore un engouement de la part des marocains pour les DAT ?
La grande majorité des Marocains a marqué sa préférence pour les produits d'épargne simples comme le compte sur carnet ou les DAT. Un produit d'épargne simple est un produit qui permet un rendement sûr selon le délai convenu. La performance du rendement est un critère secondaire relativement à sa sécurité. Le DAT garantit tous les critères de simplicité, c'est la raison pour laquelle il attirera encore les Marocains.


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