Le Maroc est juché à la 20e position mondiale en production de céramique, loin devant la France et le Japon, ce qui lui confère une place honorable. «Le secteur de la céramique existe depuis une quarantaine d'années, depuis 1968 plus exactement, le Maroc a atteint son auto suffisance depuis les années 2000, avec une capacité de production installée de 80 millions de m2 et une utilisation de 70% de la capacité installée», souligne Fouad Benzakour, président de l'Association professionnelle de l'industrie céramique. Ces données pourraient présager d'une bonne santé du secteur de la céramique au Maroc. Et pourtant, les professionnels tirent la sonnette d'alarme, car l'activité se confine dans une stagnation depuis 2009. En chiffres, la production nationale en céramique était de 53 millions de m2 entre 2009 et 2011 pour passer à 55 millions de m2 en 2012, soit seulement 3% d'augmentation. En revanche les importations ont connu une montée fulgurante estimée à 20% entre 2010 et 2011, pour ensuite battre des records entre 2011 et 2012 en passant de 12 millions de m2 de céramique importée en 2010 à 20 millions de m2 en 2012. Une évolution qui traduit une montée en flèche de 40%. Autrement dit, entre janvier et mars 2012, un cumul de 73.124 tonnes a été importé de l'étranger contre 52.491 tonnes durant la même période en 2011. Le Maroc a importé pour l'équivalent de 305 MDH entre janvier et mars 2012, soit une hausse de 29% en glissement annuel (www.lesechos.ma). Ces importations viennent essentiellement d'Espagne, d'Italie, d'Egypte ou de Chine et concurrencent les produits locaux qui souffrent de cette invasion menaçant la production locale de manière très prononcée. «Nous cherchons d'autres solutions pour contrer cette menace venue du Nord. Nous avons une demande très importante de certains pays d'Afrique Subsaharienne, nos potentialités dans cette région sont gigantesques, mais nous sommes confrontés à une absence d'accord de libre-échange entre le royaume et ces pays, ce qui freine considérablement nos exportations», ajoute Benzakour. Le mal dont souffre le secteur, notamment l'invasion des produits espagnols qui inondent le marché, avait poussé les professionnels à demander des mesures concrètes d'«antidumping» au ministère de tutelle. Face à la difficulté de mise en place de ces mesures et à la lenteur administrative de mise en application, les professionnels du secteur de la céramique ont décidé en fin de compte de demander à l'Etat de privilégier la préférence nationale, en encourageant les promoteurs immobiliers à utiliser les produits nationaux qui bénéficient de normes de qualité reconnues au niveau international, telle que la norme ISO 13006. Sur le plan technologique, le secteur a également connu des progrès notoires en matière d'économie d'énergie et de recyclage d'énergie (four intelligent ), à savoir la machine a impression digitale ainsi que le carreau rectifié. Pour rappel, la production marocaine a été protégée par les mesures de sauvegarde 2006-2010, qui permettent d'opérer la mise a niveau des produits du secteur, le Maroc peut donc ainsi assurer sa production aux niveaux quantitatif et qualitatif. Cela étant, les industriels restent confiants quant à l'avenir malgré la mauvaise conjoncture. «Nous restons confiants par rapport à l'avenir, nous comptons atteindre une capacité de production installée de 100 millions de m2 à l'horizon 2013-2014», conclut Benzakour. Toutefois, ils demandent au gouvernement le perfectionnement et la mise à jour de la norme marocaine.