À fin novembre 2025, l'encours du crédit bancaire a atteint 1.191,82 milliards de dirhams (MMDH), enregistrant une hausse annuelle de 6,2%, selon les dernières statistiques de Bank Al-Maghrib. Les crédits aux ménages s'établissent à 414,26 MMDH, tirés par l'immobilier et le financement participatif, tandis que les concours aux entreprises privées progressent à un rythme modéré et que le secteur public continue de soutenir la dynamique globale du crédit. Le crédit bancaire confirme sa trajectoire haussière. À fin novembre 2025, l'encours global des crédits s'est établi à 1.191,82 MMDH, en progression de 6,2% en glissement annuel, selon les données publiées par Bank Al-Maghrib. Cette évolution traduit une poursuite de la reprise observée depuis le début de l'année, dans un contexte marqué par une demande soutenue de financement et une amélioration graduelle de la confiance des agents économiques. Comparée à fin novembre 2024, la dynamique apparaît plus solide, même si elle reste différenciée selon les catégories d'emprunteurs. Les ménages continuent de jouer un rôle central dans cette progression. Les crédits qui leur sont destinés atteignent 414,26 MMDH, soit une hausse de 5,3% sur un an. Cette évolution reflète principalement la bonne tenue des financements à l'habitat, dans un contexte où la demande résidentielle demeure soutenue malgré un environnement international encore incertain. Les ménages, y compris les MRE, maintiennent ainsi une activité soutenue sur le marché du crédit. Concernant les crédits immobiliers, l'encours s'établit à 319,64 MMDH à fin novembre, en progression de 3% sur un an. Dans le détail, les crédits à l'habitat atteignent 255,64 MMDH, soit une croissance annuelle de 3,2%, tandis que le financement participatif à l'habitat poursuit son essor, avec un encours à un peu moins de 29,1 MMDH, en hausse de 18,9%. Cette dynamique confirme l'ancrage progressif des solutions participatives dans le paysage du financement immobilier. En parallèle, les crédits accordés aux promoteurs immobiliers s'élèvent à 59,79 MMDH, en augmentation de 3,9%, signe d'une activité encore mesurée mais en amélioration par rapport à l'année précédente. Les crédits à la consommation s'inscrivent également en hausse (+4,7% en un an), à 61,39 MMDH. Cette évolution témoigne du maintien de projets personnels et de dépenses d'équipement des ménages, malgré un contexte marqué par la prudence et l'arbitrage des dépenses. L'ensemble de ces indicateurs confirme une demande de crédit globalement résiliente du côté des ménages. Le privé avance prudemment, le public reste moteur Du côté des sociétés non financières privées, l'encours du crédit bancaire s'est établi à 457,4 MMDH à fin novembre 2025 (+2,3% sur un an). Ce rythme, bien que modéré, marque une amélioration par rapport à l'année précédente et reflète une reprise progressive de l'investissement productif. Les entreprises privées continuent néanmoins d'adopter une approche prudente, dans un contexte économique encore marqué par des incertitudes sectorielles. Les crédits à l'équipement constituent le principal moteur de cette dynamique. Leur encours atteint 278,1 MMDH, en hausse annuelle de 23%. Un niveau nettement supérieur à celui observé un an auparavant. Cette progression reflète l'accélération des projets d'investissement, notamment dans l'industrie et les infrastructures. Elle traduit aussi un regain d'appétit pour la modernisation des capacités de production. Un indicateur fiable de l'effort d'investissement consenti par les entreprises. À l'inverse, les comptes débiteurs et crédits de trésorerie poursuivent leur repli, avec un encours de 253,7 MMDH, en baisse annuelle de 0,2%. Ce recul, plus limité que celui observé en 2024, suggère une moindre dépendance au financement de court terme et une meilleure gestion de la trésorerie par les entreprises. Le secteur public continue, quant à lui, de soutenir la croissance du crédit. Les crédits accordés aux sociétés non financières publiques atteignent 88,31 MMDH, en hausse de 10,8% sur un an. Cette progression s'inscrit dans la continuité des grands projets d'infrastructures et d'investissement public en cours. Les administrations locales affichent un encours de 26,55 MMDH, en légère progression de 0,6%. Cela confirme une stabilisation après les ajustements observés les années précédentes. Les créances en souffrance restent contenues Les créances en souffrance ont atteint 103,79 MMDH à fin novembre 2025, soit une hausse annuelle de 5,8%. Le ratio des créances en souffrance s'est ainsi établi à 8,7% du crédit bancaire global, contre 8,6% un an auparavant. Malgré l'augmentation des encours globaux, le niveau de risque demeure globalement maîtrisé. Cette évolution traduit le renforcement des mécanismes de suivi et de gestion du risque par les établissements bancaires, ainsi que la capacité relative des ménages et des entreprises à honorer leurs engagements. Le maintien de cet équilibre constitue un facteur décisif pour la poursuite de l'expansion du crédit dans les mois à venir. La masse monétaire accélère sa progression À fin novembre 2025, la masse monétaire (M3) s'est établie à 2.011,3 MMDH, une hausse annuelle de 8,3%. Cette progression s'explique par plusieurs facteurs convergents. Les créances nettes des institutions de dépôt sur l'Administration centrale ont progressé de 6,3%, tandis que le crédit bancaire au secteur non financier a affiché une croissance de 4,2%. Parallèlement, les avoirs officiels de réserve ont continué de soutenir la liquidité globale, avec une progression annuelle de 17,4%, en décélération comparée à fin novembre 2024 : +19,6%. Pour sa part, la circulation fiduciaire a augmenté de 13,1% en un an, les dépôts à vue de 11,2%, et les titres d'OPCVM monétaires de 17,6%. Cela traduit une préférence accrue pour les placements liquides. À l'inverse, les comptes à terme poursuivent leur contraction, avec un recul annuel de 4%. Ces évolutions confirment une masse monétaire en nette progression, portée par la liquidité, le financement de l'économie et la poursuite des investissements publics et privés, dans un environnement marqué par une recomposition des comportements d'épargne et de financement. Abdelhafid Marzak / Les Inspirations ECO