À l'occasion des consultations au titre de l'article IV, le ministre de l'Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a reçu une délégation du Fonds monétaire international conduite par Laura Jaramillo. Au cœur des discussions : l'emploi industriel, la compétitivité extérieure, l'intégration des PME dans les chaînes de valeur mondiales et la décarbonation du tissu productif. Alors que le Maroc continue de déployer des efforts soutenus pour dynamiser sa base industrielle, renforcer sa compétitivité externe et promouvoir un développement économique durable, une délégation du Fonds monétaire international (FMI) a été reçue, mercredi à Rabat, par le ministre de l'Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour. Cette rencontre, tenue dans le cadre des consultations au titre de l'article IV, s'inscrit dans une dynamique plus large d'évaluation et d'accompagnement des réformes structurelles engagées par le Royaume. Un dialogue stratégique sur l'avenir industriel Conduite par Laura Jaramillo, cheffe de division au sein du département Afrique du Nord, Moyen-Orient et Asie centrale du FMI, la délégation a échangé avec les autorités marocaines sur plusieurs axes stratégiques. Au cœur des discussions, figuraient les perspectives d'investissement industriel à moyen terme, l'emploi productif, l'intégration des PME dans les chaînes d'approvisionnement, les leviers d'exportation et les enjeux liés à la décarbonation du tissu industriel. Ces thématiques sont d'autant plus cruciales que le FMI, dans ses dernières conclusions publiées en avril 2025 à l'issue de la précédente mission Article IV, avait salué la résilience de l'économie marocaine, tout en soulignant les défis persistants que sont le chômage structurel élevé, l'informalité, la faible productivité et la dépendance énergétique. Lors de ces échanges, le ministère de l'Industrie a mis en avant sa feuille de route industrielle 2025-2027, centrée sur une montée en gamme, une réindustrialisation plus inclusive et un ancrage plus profond dans les chaînes de valeur mondiales. Dans ce cadre, l'intégration des PME demeure une priorité : elles sont appelées à jouer un rôle moteur dans la relance industrielle, à condition de bénéficier d'un meilleur accès au financement, à la formation et aux marchés publics. Autre sujet phare abordé lors de la réunion : la compétitivité du Maroc à l'international. Le pays a amélioré sa position dans plusieurs secteurs à haute valeur ajoutée (automobile, aéronautique, électronique), mais reste confronté à des vulnérabilités logistiques, énergétiques et réglementaires. La maîtrise des coûts, la simplification des procédures douanières et la réduction des délais logistiques sont désormais des axes clés pour soutenir les ambitions exportatrices du Royaume. La feuille de route commerciale 2025-2027, qui a également été examinée avec les experts du FMI, prévoit une diversification des débouchés et un recentrage sur les accords de libre-échange à fort potentiel. Objectif : renforcer les exportations hors phosphates et textile tout en positionnant le pays comme hub industriel et logistique régional. Enfin, la question de la transition énergétique et de la décarbonation industrielle a occupé une place centrale dans les échanges. Le Maroc, signataire d'accords internationaux ambitieux, entend faire de la neutralité carbone une opportunité économique. La stratégie nationale pour l'hydrogène vert, l'intégration des énergies renouvelables dans les zones industrielles et l'accompagnement des industriels vers des technologies propres sont autant de chantiers ouverts. À noter que pour le FMI, ces efforts doivent s'accompagner d'un cadre réglementaire stable, d'incitations claires pour les investissements verts ainsi que d'un meilleur alignement entre politique industrielle et politique climatique.