À travers une réorganisation d'ampleur de ses représentations régionales et locales, l'Institution du Médiateur du Royaume engage une nouvelle phase de son déploiement territorial, fondée sur la proximité avec les usagers et l'optimisation du traitement des doléances administratives. Une évolution qui redessine la cartographie de la médiation institutionnelle à l'échelle nationale. La médiation administrative change d'échelle. Au moment où la relation entre citoyens et administration devient un enjeu central de gouvernance, l'Institution du Médiateur du Royaume engage une réorganisation d'ampleur de ses représentations territoriales. Derrière cette évolution, une orientation claire se dessine : rapprocher la médiation des usagers et adapter son maillage à la réalité régionale du pays. Une logique de proximité assumée La décision annoncée par le Médiateur du Royaume repose sur une nouvelle vision de répartition des compétences, explicitement axée sur la proximité territoriale. L'institution rappelle que son efficacité de médiation dépend de conditions essentielles telles que facilité d'accès, gratuité, fluidité et souplesse des procédures. Au sommet de ces exigences, figure la proximité avec les usagers, considérée comme un levier structurant pour améliorer le traitement des doléances administratives. Cette réorganisation s'inscrit dans une cohérence plus large avec le choix régional poursuivi par le Royaume. Elle traduit une volonté d'aligner le fonctionnement de l'institution sur la dynamique de territorialisation des politiques publiques, en renforçant la capacité d'intervention au plus près des citoyens. La délégation régionale comme pivot Au cœur du nouveau dispositif, la «délégation régionale» devient la structure territoriale de référence. Elle concentre désormais les missions de gestion et de traitement des doléances au niveau régional, tout en assurant la coordination des délégations locales et le suivi des points de contact rattachés. Ce repositionnement s'appuie sur les dispositions de la loi 14.16 relative à l'Institution du Médiateur, notamment ses articles 29 et 30. Ces textes encadrent la création des délégations régionales et locales tout en autorisant l'extension de leurs compétences à plus d'une région. Une souplesse juridique qui permet à l'institution d'ajuster son déploiement territorial sans multiplier les structures de manière excessive. Un redécoupage territorial ciblé Plusieurs ajustements majeurs viennent redéfinir la cartographie des représentations. Une délégation régionale est ainsi créée à Errachidia, pour la région Drâa-Tafilalet. Le point de contact de Marrakech est élevé au rang de délégation régionale pour Marrakech-Safi, avec une extension de son ressort territorial à Béni Mellal-Khénifra, tout en supervisant la délégation locale de Béni Mellal. La même logique prévaut dans le Sud. Le point de contact de Souss-Massa devient une délégation régionale, avec une compétence élargie à Guelmim-Oued Noun et la supervision du point de contact de Guelmim. Dans l'Oriental, le point de contact est promu délégation locale, à l'image de celui de Béni Mellal-Khénifra. D'autres extensions territoriales complètent l'architecture. La délégation régionale Fès-Meknès voit son ressort élargi à l'Oriental, tandis que celle de Laâyoune-Sakia El Hamra couvre désormais Dakhla-Oued Eddahab. Ces choix traduisent une recherche d'équilibre entre couverture géographique, densité des doléances et optimisation des ressources. Une architecture régionale consolidée À l'issue de cette réorganisation, la structuration territoriale repose donc sur sept délégations régionales implantées à Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Casablanca-Settat, Fès-Meknès, Laâyoune-Sakia El Hamra, Marrakech-Safi, Souss-Massa et Drâa-Tafilalet. Ce socle est appuyé par deux délégations locales à Oujda et Béni Mellal, ainsi que par trois points de contact à Guelmim, Dakhla et Meknès. Cette architecture hybride illustre une approche graduée du déploiement. L'institution combine des structures permanentes et des dispositifs plus légers afin d'assurer une présence territoriale large tout en maîtrisant la charge organisationnelle. Une coordination centrale renforcée La réorganisation territoriale s'accompagne d'un ajustement au niveau de l'administration centrale. Une «Unité de coordination et de suivi régional» est créée sous la supervision du secrétariat général et du Pôle des études, de l'analyse et du suivi. Sa mission consiste à assurer le suivi du travail des représentations régionales et locales, veiller à la cohérence des pratiques et unifier les méthodologies. Cet élément organisationnel revêt une importance stratégique. Il vise à éviter les disparités de traitement entre territoires et à consolider un cadre homogène d'intervention, condition essentielle pour préserver la crédibilité institutionnelle. Une projection vers le plan stratégique 2026-2030 Cette réorganisation intervient à l'approche de l'annonce du nouveau plan stratégique de l'institution pour la période 2026-2030. L'ambition affichée est d'accélérer le rythme du déploiement régional et de renforcer progressivement le réseau des délégations locales à l'échelle des provinces et préfectures. Au-delà des ajustements structurels, c'est une évolution de posture qui se dessine. La médiation administrative, longtemps perçue comme une fonction essentiellement centrale, s'inscrit désormais dans une logique territoriale plus affirmée. Une transformation qui reflète, en filigrane, la montée en puissance des enjeux de proximité dans la relation entre citoyens et institutions publiques.