Prenons le discours du Chef du gouvernement devant le Conseil du 12 mars. C'est un rapport d'étape dressant une image flatteuse de notre économie. 0,8% d'inflation, 3,5% de déficit, 56 MMDH d'IDE, 4,8% de croissance en 2025. Moody's vient de le confirmer en relevant ses perspectives de «stable» à «positive». Mais encore ? Ces chiffres disent que le Maroc a appris à naviguer dans la tempête. Pendant que les crises géopolitiques faisaient vaciller des économies bien plus puissantes, la nôtre consolidait ses fondamentaux. Les 56 MMDH d'IDE, pour la première fois de notre histoire, ne doivent rien au hasard. Ils récompensent une vision claire et des choix cohérents et témoignent de la confiance retrouvée des investisseurs internationaux dans notre modèle de développement. Pourtant, les bons résultats macroéconomiques ne disent pas tout. Ils ne disent pas la fragilité persistante du marché du travail. Ils ne disent pas les disparités territoriales. Ils ne disent pas, surtout, notre vulnérabilité climatique tandis que l'on projette une croissance agricole à 15% pour 2026. Trois chantiers émergent. D'abord, transformer l'agriculture pour qu'elle cesse d'être une loterie climatique. Ensuite, ancrer les IDE dans le tissu local. Les 56 milliards, c'est bien, mais le vrai test de la souveraineté industrielle, c'est le taux d'intégration nationale. Enfin, traduire la croissance en progrès social. L'économique n'est qu'un levier au service de l'Etat social. Au fond, ces 4,8% sont-ils un plafond ou un plancher ? Si c'est un plafond, nous aurons simplement profité d'un alignement favorable. Si c'est un plancher, nous aurons construit une économie capable de croître quoi qu'il arrive. La réponse n'est pas dans les chiffres de 2025. Elle est dans les choix de 2026. Meriem Allam / Les Inspirations ECO