Portée par le redémarrage du bâtiment et des travaux publics, Sonasid a enregistré en 2025 une nette progression de son activité et de sa rentabilité. Le sidérurgiste profite d'un marché mieux orienté, tout en consolidant ses capacités industrielles pour inscrire cette reprise dans la durée. En 2025, le sidérurgiste Sonasid a renoué avec une dynamique de croissance solide, portée par l'accélération du marché national du bâtiment et des travaux publics, mais aussi par une montée en puissance de ses volumes de vente. Le chiffre d'affaires consolidé s'est établi à 6,386 milliards de dirhams (MMDH), en hausse de 16% sur un an, tandis que le quatrième trimestre a confirmé cette orientation avec 1,854 MMDH de revenus, soit une progression de 10% par rapport à la même période de 2024. Cette évolution traduit d'abord un environnement sectoriel redevenu plus favorable pour les industriels liés aux matériaux de construction. BKGR souligne clairement que la progression des revenus de Sonasid s'explique par le dynamisme du secteur national de la construction, mais aussi par l'augmentation des volumes commercialisés. Autrement dit, le groupe ne profite pas seulement d'un meilleur contexte de marché. Il parvient aussi à mieux capter cette demande, à la faveur d'un appareil productif renforcé et d'une présence plus affirmée sur les segments à potentiel. Une rentabilité qui change d'échelle Le plus significatif, dans cette séquence, reste sans doute le redressement marqué des indicateurs de rentabilité. Le résultat d'exploitation consolidé a quasiment doublé pour atteindre 437 millions de dirhams (MDH), en hausse de 97%. L'EBITDA a progressé de 69% à 610 millions, tandis que le résultat net ressort à 272 MDH, en augmentation de 93% sur un an. BKGR note que ces niveaux dépassent même ses anticipations, ce qui confirme que l'amélioration n'est pas seulement comptable mais bel et bien opérationnelle. Cette amélioration s'inscrit dans le sillage du plan stratégique «Act For Impact», qui structure depuis plusieurs années la transformation du groupe. Les gains obtenus tiennent à plusieurs leviers combinés, notamment l'optimisation des coûts, le renforcement des capacités industrielles, le développement des activités de recyclage et la montée en régime des filiales, en particulier dans les armatures. Sonasid consolide ainsi un modèle qui cherche à conjuguer volume, compétitivité et valeur ajoutée, dans un secteur où les marges restent étroitement dépendantes de l'efficacité industrielle. Investir pour profiter du nouveau cycle L'autre signal important concerne l'investissement. En 2025, le groupe a engagé 277 MDH, en hausse de 40% par rapport à l'année précédente. Sur la période 2021-2025, l'effort cumulé atteint 928 MDH. Ces montants ont été dirigés vers le renforcement des capacités de production et l'amélioration de la compétitivité, avec l'idée claire de préparer l'entreprise à un cycle de demande plus soutenu. Dans une sidérurgie marquée par l'intensité capitalistique, cet effort constitue un indicateur avancé de confiance dans les perspectives du marché. Certes, cette montée en charge a eu un effet sur la trésorerie nette consolidée, qui s'établit à 400 MDH à fin 2025 contre 722 millions un an plus tôt. Mais la société conserve une structure bilancielle excédentaire, ce qui lui laisse une marge de manœuvre appréciable pour poursuivre son développement sans fragiliser ses équilibres. La baisse de cet excédent s'explique d'ailleurs principalement par la hausse du besoin en fonds de roulement, dans un contexte d'accélération des ventes, et par la poursuite du programme d'investissement. Pour la suite, Sonasid entend prolonger ce mouvement. Le groupe prévoit de continuer le déploiement de «Act For Impact», avec un accent mis sur le développement commercial, la compétitivité industrielle et l'innovation. BKGR met en avant la modernisation de l'aciérie comme un axe structurant pour la performance future. À cela s'ajoute un nouveau relais de diversification, avec un projet de valorisation du cuivre et de l'aluminium attendu au premier semestre 2026. Derrière ces orientations, une conviction se dessine. Tant que le BTP marocain reste bien orienté, Sonasid dispose d'une fenêtre pour convertir la reprise sectorielle en changement durable de dimension.