Portés par un regain de tension au Moyen-Orient, les cours du pétrole sont repartis à la hausse le 24 mars 2026. Entre rebond technique, incertitudes géopolitiques et menace persistante sur les flux énergétiques, le baril reste solidement arrimé à une zone de forte nervosité. Le marché pétrolier a renoué avec la hausse mardi 24 mars, sans pour autant retrouver une trajectoire lisible. Le Brent gagnait 4 % à 103,94 dollars le baril, tandis que le WTI américain progressait lui aussi de 4 % à 91,62 dollars. Ce rebond intervient au lendemain d'une chute brutale, preuve qu'en l'espace de 24 heures, le baril reste suspendu aux annonces diplomatiques, aux signaux militaires et à la question centrale de la sécurité des flux énergétiques dans le Golfe. Un marché balloté par les annonces de Washington et de Téhéran Lundi 23 mars, les cours s'étaient nettement repliés après l'annonce par Donald Trump d'un report de cinq jours d'éventuelles frappes contre des infrastructures électriques iraniennes. Dans la foulée, le Brent avait perdu 10,9 % pour clôturer à 99,94 dollars, tandis que le WTI avait reculé de 10,3 % à 88,13 dollars. Le marché avait alors interprété cette pause comme le signe d'une possible désescalade. Mais l'Iran a rejeté l'idée de discussions avec Washington, ravivant dès mardi les craintes d'un choc d'offre plus durable. Le détroit d'Ormuz reste la vraie ligne de fracture. Au fond, l'équation du pétrole tient moins à la seule confrontation politique qu'à ses conséquences logistiques. Reuters souligne que la guerre a déjà fortement perturbé les expéditions d'hydrocarbures via le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour une part majeure des flux mondiaux. L'Agence internationale de l'énergie rappelle de son côté qu'en 2025, 20 millions de barils par jour de brut et de produits pétroliers y transitaient, soit environ 25 % du commerce maritime mondial de pétrole. Dans ce contexte, toute amélioration apparente du climat diplomatique ne suffit plus à dissiper la prime de risque. Tant que la circulation dans cette artère énergétique reste entravée, les marchés considèrent que le risque de tension sur l'offre demeure entier. Les autorités tentent d'amortir le choc Face à cette instabilité, les grandes institutions énergétiques ont déjà commencé à mobiliser des outils de stabilisation. Le 11 mars, les pays membres de l'AIE ont décidé de mettre 400 millions de barils issus de leurs réserves d'urgence à disposition du marché, une réponse exceptionnelle destinée à contenir les perturbations liées au conflit au Moyen-Orient. En parallèle, Reuters rapporte que les Etats-Unis ont temporairement assoupli certaines sanctions visant du pétrole russe et iranien déjà en mer, afin de réduire la pression immédiate sur l'approvisionnement. Ces mesures montrent que la tension n'est plus seulement spéculative. Elle affecte désormais l'architecture concrète de la sécurité énergétique mondiale. Un baril élevé appelé à durer à court terme Le scénario d'un retour rapide à des niveaux nettement plus bas reste, pour l'instant, peu crédible. Dans ses perspectives de mars, l'Energy Information Administration américaine estime que le Brent devrait rester au-dessus de 95 dollars le baril au cours des deux prochains mois, avant un reflux envisagé plus tard dans l'année, hypothèse elle-même dépendante d'une normalisation progressive dans la région. Autrement dit, même si les cours ont cessé d'accélérer comme au plus fort de la crise, le marché reste installé dans une zone de tension élevée. Au 24 mars 2026, le pétrole n'est donc pas seulement cher. Il est surtout redevenu un baromètre immédiat du risque géopolitique mondial.