La flambée du pétrole, les incertitudes climatiques sur les produits agricoles et les mouvements contrastés des métaux dessinent un marché encore fragile, dominé par les risques géopolitiques, logistiques et énergétiques. Les marchés de matières premières abordent la fin avril dans un équilibre fragile. Après plusieurs semaines de mouvements contrastés, la détente observée sur certains segments ne suffit pas à dissiper les incertitudes. Les cours restent travaillés par la géopolitique, les contraintes logistiques, les tensions sur les intrants agricoles et les anticipations climatiques. Dans son Commodity Weekly, BKGR décrit un marché moins uniforme qu'il n'y paraît, où l'énergie impose à nouveau sa pression tandis que les métaux et les produits agricoles évoluent de façon plus sélective. Le pétrole reprend la main Le fait marquant de la semaine vient des marchés énergétiques. Le Brent s'inscrit en forte hausse à 107,2 dollars le baril, soit une progression hebdomadaire de 12,25%, tandis que le WTI atteint 96,1 dollars, en hausse de 9,93%. Cette flambée intervient dans un contexte marqué par la persistance du conflit au Moyen-Orient et les perturbations des routes maritimes stratégiques. La quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, relevée par BKGR, continue de peser sur les flux mondiaux de brut et de produits raffinés, alimentant une prime de risque élevée. La tension est encore plus visible sur les produits finis. Sur le marché de Rotterdam, l'essence dépasse 120 dollars le baril et le diesel reste proche de 180 dollars. Cette configuration élargit la marge de raffinage, désormais autour de 30 dollars le baril. Autrement dit, la pression ne vient pas seulement du brut. À contre-courant, le gaz naturel américain recule à 2,6 dollars par MMBtu. La baisse hebdomadaire de 3,26% traduit un marché encore pénalisé par des stocks abondants et une demande domestique limitée. Les céréales dans une stabilité surveillée Sur les marchés agricoles, le calme reste précaire. L'abondance relative des récoltes mondiales limite les mouvements brusques à court terme, mais les opérateurs gardent les yeux rivés sur deux facteurs majeurs. D'un côté, la crise énergétique est susceptible de renchérir les coûts des engrais. De l'autre, la montée en probabilité d'un épisode El Niño pourrait peser sur les perspectives de production dans les prochains mois. Le soja reste quasiment stable à 1.165 cents le boisseau, avec un léger recul hebdomadaire de 0,07%, soutenu par une demande internationale régulière mais freiné par des perspectives d'offre jugées confortables. Les métaux précieux corrigent sans perdre leur rôle défensif L'or et l'argent enregistrent une phase de correction. L'or revient à 4.695 dollars l'once, en baisse de 2,61% sur une semaine, tandis que l'argent recule plus nettement, à 75,3 dollars, soit une baisse de 5,48%. Cette respiration intervient après une progression récente importante et dans un contexte de repositionnement des flux vers d'autres classes d'actifs. Pour autant, la correction ne remet pas en cause le rôle des métaux précieux dans un environnement macroéconomique encore incertain. L'or conserve une performance positive depuis le début de l'année, à 8,68%, tandis que l'argent reste soutenu par ses usages industriels, notamment dans les technologies liées à la transition énergétique. Les métaux de base avancent en ordre dispersé Le compartiment des métaux de base affiche une évolution plus contrastée. Le nickel se distingue avec une progression hebdomadaire de 5,59%, à 19.255 dollars la tonne. Cette hausse reflète les restrictions d'exportation et de production en Indonésie, mais aussi la demande persistante du secteur des batteries. L'aluminium progresse plus modérément à 3.587,3 dollars la tonne, porté par les plafonds de production en Chine ainsi que par les besoins liés aux réseaux électriques et aux véhicules électriques. Le cuivre, lui, marque une pause à 6 dollars la livre, avec un recul hebdomadaire de 0,50%, malgré une progression mensuelle de 9,67%. Le plomb se replie à 1.960 dollars la tonne, tandis que le cobalt reste inchangé, à 56.290 dollars. La lecture d'ensemble montre un marché moins tiré par une tendance globale que par des contraintes propres à chaque métal.