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Maroc : la démocratie, maintenant !
Publié dans Le Soir Echos le 18 - 02 - 2011


Abdelhadi Saïd
Le «groupe» des Arabes affranchis s'agrandit, révolution après révolution. Ce «compte» de la liberté et de la dignité humaine, créé en janvier dernier par 11 millions de Tunisiens, vient de s'enrichir de 85 millions de nouveaux «amis», «acceptés» d'un seul coup le 11 février, pour leur plus grand bonheur. Gloire à l'Egypte et aux Egyptiens.
Qu'en est-il des 32 millions de Marocains ?
La tornade bienfaitrice de la liberté promet de balayer toute la région. Aucun gourou de météorologie politique ne saura nous convaincre que le Maroc, parce qu'il jouirait de je ne sais quel microclimat social d'exception, resterait en marge du formidable appel d'air provoqué par cette soudaine prise de conscience, par l'homme et par la femme arabe, de la possibilité d'accéder enfin à leur droit le plus élémentaire : la dignité humaine.
L'Etat marocain est acculé à s'amender. Le pas décisif vers la démocratie, la vraie, ne souffre plus aucune tergiversation. Si le monde entier n'a qu'estime et admiration pour ces jeunes arabes branchés qui viennent d'écrire une page glorieuse de l'histoire de leurs pays respectifs, le Maroc officiel doit se garder de dénigrer l'Appel du 20 février. Pire, accuser ce mouvement d'être de mèche avec des «calendriers» étrangers douteux, d'une part c'est insulter ces jeunes marocains assoiffés de liberté mais fiers de leur marocanité, et, autant dire, verser de l'huile sur le feu de leur rage, et d'autre part, c'est n'avoir rien compris aux leçons tunisienne et égyptienne, pourtant d'une clarté didactique exemplaire, leçons dans lesquelles du reste, cet argument éculé et ridicule du complot a été démonté de la plus éclatante des manières.
Si plus d'une dizaine d'associations des droits de l'Homme ont répondu oui à l'appel, l'attitude de la majorité des partis politiques, entre silence coupable et annonces de boycott, montre que ces formations sont après tout en phase avec elles-mêmes, c'est-à-dire en décalage complet avec la société et notamment la jeunesse. Le PJD, par exemple, considère qu'il n'a pas à être tracté par un groupe de jeunes dont il ignore tout des intentions, et que c'est plutôt à lui de jouer les locomotives. Ce discours d'ego est pathétique. Aveugle, aussi. Les changements du 21e siècle se feront loin de toute guéguerre de leadership. Et c'est précisément de là que les deux dernières Révolutions ont tiré leur légitimité populaire et surtout leur efficacité redoutable.
La jeunesse du monde arabe est en train de redessiner la politique. Avant, on déplorait l'abstention des jeunes ; aujourd'hui celle des partis. Or un jeune qui s'abstenait lors d'élections plus ou moins faussées, c'est d'abord une voix qui dit non au système politique dans son ensemble. Mais un parti qui s'abstient d'un combat populaire pour la dignité, c'est un organe politique qui se ringardise lui-même et signe de sa propre main la perte de sa légitimité.
Cette année, donc, ou jamais. Rêvons. Rêvons d'un Maroc démocratique et libre. D'une monarchie du 3e millénaire. Rêvons d'un gouvernement qui gouverne. D'un peuple qui élit le gouvernement et en exige des comptes. Rêvons d'un divorce par trois du pouvoir d'avec le fric. Et du fric d'avec le pouvoir. Rêvons d'un Maroc de citoyens égaux. Où chacune, chacun est «respecté» et «estimé», abstraction faite de sa «lignée». Rêvons d'une justice au-dessus de tous. Rêvons d'une presse libre sans lignes rouges autres que celles du droit et de la déontologie. Et de médias publics qui soient la voix du peuple non d'un système. Rêvons d'une religion recentrée sur la sphère privée et qui ne soit plus à la solde du pouvoir.
Rêver, oui, mais en ce début 2011, rêver veut dire mettre en exécution ses rêves. Coup d'envoi le 20 février.


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