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Marché marocain : un exutoire à la crise
Publié dans Le Soir Echos le 09 - 07 - 2013

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La visite qu'effectuera au Maroc le Roi Juan Carlos 1er d'Espagne du 15 au 17 juillet s'inscrit dans un contexte particulier. Plus que jamais, l'économique prendra le pas sur le politique du fait des ravages de la crise qui frappe de plein fouet le pays voisin. Et c'est ce qui explique la présence d'une véritable armée d'hommes d'affaires dans la délégation officielle ibérique, regroupés au sein de la CEOE (Confédération espagnole des organisations d'entreprises), le patronat local. A la tête des secteurs sinistrés, la construction est à l'agonie depuis fin 2007, avec un nombre impressionnant d'individus qui ont perdu leur emploi, dont une jolie fraction est constituée de Marocains. Au total, ce sont plusieurs dizaines de milliers de personnes qui se sont retrouvées sans revenus du jour au lendemain, du fait de la paralysie des chantiers. En 2008, la dégringolade que ce secteur a connue a été de l'ordre de 18,9% contre 26,1% en 2009, 16% en 2010 et 13,6% en 2011, selon un rapport d'Euroconstruct. Des chiffres qui font peur et qui expliquent lerenversement du flux migratoire. L'Espagne devenant ainsi un pays d'émigration longtemps après avoir été un pays d'immigration. Désormais, les Espagnols sont nombreux à se rendre sous des cieux plus cléments où l'emploi dans ce secteur est disponible.
Des cieux plus cléments Dans le vieux continent, nombreux sont ceux qui ont dû refaire leur vie en Allemagne, en Suisse, en Amérique du Nord ou dans les pays scandinaves faute de pouvoir se recycler dans un autre secteur dans leur propre pays. Même le Maroc est devenu une destination privilégiée comme le démontre la présence d'un nombre appréciable d'espagnols dans les chantiers de construction du nord du pays. Une véritable cure de modestie quand on prend en considération l'engouement spectaculaire que l'Espagne suscitait il y a quelques années encore auprès des laissés pour compte de la société africaine. C'est donc en quête de nouvelles opportunités au Maroc que les professionnels de la construction débarqueront en compagnie du Roi d'Espagne. Le Nord et l'Oriental les intéressent tout particulièrement en raison de la dynamique soutenue qu'ils connaissent et de la proximité par rapport aux enclaves espagnoles – Sebta et Mélilia – et par rapport aux ports de Nador et de Tanger-Med. Sans parler de la mise en place au Maroc de réseaux autoroutiers les plus performants d'Afrique. Autant de facteurs qui justifient cet engouement et qui expliquent les pressions presque insoutenables exercées par les professionnels de la construction sur le Roi d'Espagne et la délégation ministérielle devant l'accompagner pour que des marchés soient attribués à des compagnies espagnoles. Le ton est déjà donné à travers la publication de communiqués invitant les décideurs à agir en véritables agents commerciaux d'un secteur à l'agonie.
Bien entendu, il ne sera pas seulement question que d'immobilier, mais de l'ensemble du secteur industriel, lequel a couté leur poste pour l'instant à 900 000 employés, selon la revue bien informée El Confidencial. Un chiffre impressionnant qui explique en bonne partie le taux de chômage record dont pâtissent les Espagnols. On parle de 27,16% au titre du premier trimestre 2013, ce qui fait de la lutte contre le chômage en Espagne la priorité des priorités et tant mieux ou tant pis s'il s'agit de trouver des opportunités à l'extérieur pour y parvenir à l'intérieur. Ces chiffres s'apparentent à une véritable calamité et placent l'Espagne au bord de la rupture du contrat social. Il faut dire que la classe politique est totalement discréditée et le système politique bipolaire, incarné par le Parti populaire – PP- et le Parti socialiste ouvrier espagnol – PSOE- est largement décrié. Des interrogations se posent sur le bien fondé de la représentativité politique, sur la façon dont la démocratie est conçue, sur l'égalité des chances...Des questions qui donnent lieu à des débats enflammés dans un contexte social explosif. Entre émigration, expulsion du domicile pour cause d'incapacité de payer un loyer, difficultés à trouver la somme nécessaire à l'acquisition du minimum vital...l'amertume est totale et cet état d'esprit est là pour durer. Le Maroc en position de force ? Bien entendu, le malheur des uns peut faire le bonheur des autres car le Maroc ne se retrouve plus en position d'infériorité au moment de négocier avec l'Espagne des sujets d'intérêt commun. Déjà, le soutien sans faille affiché par l'Espagne au Polisario a reçu du plomb dans l'aile car les très généreux fonds alloués aux lobbys de défense des séparatistes ont été revus à la baisse, crise oblige. Ce qui explique d'ailleurs une relative accalmie observée ces derniers temps au niveau des activités de soutien à la cause du Polisario, obligeant l'Algérie à prendre le relai. En outre, le Parti populaire au pouvoir qui avait fait du soutien aux séparatistes l'un des piliers de son programme électoral en 2012 est devenu subitement muet sur cette question car confronté au pragmatisme politique et à la nécessité de hiérarchiser les priorités.
Si la crise devait se prolonger, le Maroc pourrait par ailleurs déterrer une idée avancée au début des années 1990 par Hassan II. Recevant un jour Felipe González, l'ancien chef du gouvernement espagnol, il lui avait suggéré alors la mise en place d'une cellule de réflexion mixte sur Sebta et Mélilia avec comme toile de fonds le principe d'une souveraineté partagée. Et comme le leader socialiste espagnol n'avait pas écarté l'idée d'un revers de main, son attitude lui avait valu un véritable tollé de la part de l'opposition de droite. Aujourd'hui, la suggestion d'Hassan II devrait apparaître moins saugrenue à la classe politique espagnole du fait du coût considérable de gestion des présides et des chiffes alarmants se rapportant à l'économie de Sebta et Mélilia. A l'indice de développement espagnol, ces dernières sont des cancres parmi les cancres. Raison pour laquelle il serait opportun de remettre sur la table l'idée de la cellule mixte de réflexion et le principe de la souveraineté partagée. Même s'il est lui-même englué dans une série de problèmes dont l'instabilité sociale, le surendettement et l'émiettement de son panorama politique, le Maroc a une belle carte à jouer. Mais l'histoire a démontré que les opportunités sont faites pour être saisies car le train risque de ne pas passer deux fois. Pourquoi ne pas le faire savoir à l'invité de marque du Maroc ?


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