Acheter en ligne, voyager plus librement, financer des études à l'étranger ou investir hors du Maroc deviendra progressivement plus simple à partir du 1er janvier 2026. L'Office des Changes va introduire une série d'assouplissements dans la nouvelle Instruction Générale des Opérations de Change (IGOC), une réforme qui traduit l'adaptation du cadre réglementaire aux pratiques économiques et sociales actuelles. L'un des changements les plus visibles concerne le commerce électronique. La dotation annuelle autorisée pour les achats en ligne effectués par carte bancaire internationale sera portée de 15.000 à 20.000 dirhams. Une mesure qui s'adresse aussi bien aux Marocains résidant au Royaume qu'aux Marocains du monde, et qui accompagne l'essor continu des plateformes internationales dans les habitudes de consommation. Voyager avec plus de marge Les règles encadrant les dépenses liées aux voyages à l'étranger connaissent également une évolution significative. Le plafond annuel global est relevé à 500.000 dirhams par personne, contre des niveaux plus restrictifs auparavant. Ce montant repose sur un mécanisme à deux étages : une dotation de base de 100.000 dirhams, complétée par un plafond additionnel pouvant atteindre 400.000 dirhams, calculé en fonction de l'impôt sur le revenu acquitté l'année précédente. Une logique qui introduit davantage de flexibilité tout en maintenant un lien avec la capacité contributive. Autre ajustement attendu par de nombreuses familles : la revalorisation de la dotation mensuelle destinée aux étudiants poursuivant leurs études à l'étranger. Celle-ci passera de 12.000 à 15.000 dirhams, un niveau jugé plus en phase avec l'évolution du coût de la vie dans plusieurs pays d'accueil, notamment en Europe et en Amérique du Nord. Ces mesures s'inscrivent dans une réforme plus large du régime des changes, portée par la stratégie 2025-2029 de l'Office des Changes. La version 2026 de l'IGOC ambitionne une organisation plus claire des règles, structurées selon les profils d'usagers (particuliers, entreprises, Marocains du monde, étrangers résidents) et les types d'opérations. Start-up et entreprises aussi concernées La réforme ne se limite pas aux particuliers. Les start-up technologiques labellisées par l'Agence de Développement du Digital bénéficieront d'un accès facilité à l'international. Elles pourront investir jusqu'à 10 millions de dirhams par an à l'étranger, sans exigence d'ancienneté ni certification préalable des comptes. Leur plafond d'achats en ligne sera également porté à 2 millions de dirhams, un signal clair en faveur de l'innovation et de l'ouverture sur les marchés extérieurs. Parmi les autres évolutions notables, les étrangers résidant au Maroc pourront désormais bénéficier des mêmes régimes que les Marocains pour certaines dépenses liées aux voyages et aux soins médicaux. De leur côté, les Marocains résidant à l'étranger verront leurs conditions d'accès au crédit immobilier en dirhams assouplies, avec des financements pouvant couvrir jusqu'à 80 % de la valeur du bien acquis au Maroc.