Après deux ans de taxation élevée, le gouvernement marocain a officiellement acté, dans le cadre de la Loi de finances 2026, une baisse drastique des droits d'importation sur les smartphones. Ces derniers passent de 17,5 % à 2,5 %, marquant un retour à la configuration fiscale d'avant 2024. Cette décision, entrée en vigueur le 1er janvier 2026, vise à redynamiser un secteur qui a souffert du ralentissement de la consommation et de l'explosion du marché informel. En 2024, le passage du taux de 2,5 % à 17,5 % avait pour objectif de protéger une éventuelle industrie locale et d'augmenter les recettes douanières. Cependant, le bilan s'est avéré mitigé : les prix en magasin ont bondi, poussant de nombreux consommateurs vers les circuits de contrebande ou le marché de l'occasion. Plusieurs facteurs expliquent ce choix des pouvoirs publics. En premier lieu, la lutte contre l'informel : en réduisant l'écart de prix entre le marché officiel et les circuits parallèles, l'Etat cherche à réorienter les flux de vente vers les distributeurs agréés et à renforcer la traçabilité des produits. La mesure vise également à accompagner le déploiement de la 5G, en facilitant l'accès des ménages à des terminaux compatibles à des prix plus abordables, condition clé de la transformation numérique. Enfin, l'abaissement du droit d'importation à 2,5 % concerne aussi les kits CKD et SKD, dans l'objectif d'encourager l'assemblage local et d'attirer des investissements industriels capables de renforcer la compétitivité du secteur. Si la loi est en vigueur, la baisse des prix en rayons ne sera pas instantanée. Les professionnels du secteur précisent que les stocks actuels, importés sous l'ancien régime de 17,5 %, doivent d'abord être écoulés. La baisse réelle devrait être visible sur les nouvelles arrivées de marchandises, généralement à partir de février ou mars 2026.