Mettre un terme à des années de désordre. C'est l'objectif affiché par le Conseil de la ville de Casablanca, qui vient de dévoiler un nouveau cadre de gestion déléguée pour le transport des malades et des blessés. Présenté par le conseiller communal Karim Klaybi, ce dispositif entend restructurer en profondeur un secteur sensible, longtemps pointé du doigt pour ses dérives. Stop aux opérateurs «hors territoire» Parmi les mesures phares, la volonté de reprendre le contrôle du périmètre d'intervention. Désormais, seules les entreprises disposant d'un siège ou d'une antenne à Casablanca, et justifiant d'une expérience préalable avec la commune, seront autorisées à opérer. Les sociétés venues d'autres régions sont, elles, tout simplement exclues. Des contrôles renforcés, en coordination avec les services de sécurité, sont prévus pour sanctionner toute infraction à cette règle. Le nouveau cahier des charges met également fin à une pratique dénoncée depuis des années : l'utilisation d'ambulances comme de simples moyens de transport. L'ambition est de transformer l'ambulance en véritable unité de soins mobile. Les opérateurs devront désormais répondre à des exigences strictes. Flotte modernisée : au moins quatre ambulances, âgées de moins de cinq ans Equipements obligatoires : oxygène, tensiomètre, matériel d'immobilisation... Encadrement humain : présence d'un infirmier formé à chaque intervention, et d'un médecin en cas d'urgence grave Service continu : disponibilité 24h/24 et 7j/7, y compris les jours fériés Tarifs plafonnés, abus sanctionnés Autre changement majeur : la fin des prix excessifs dénoncés par de nombreux usagers. La commune fixe désormais des plafonds clairs : 500 dirhams pour un trajet domicile–hôpital ou clinique 400 dirhams pour un transfert entre établissements de santé 7 à 9 dirhams/km pour les trajets hors du territoire communal L'affichage des tarifs à bord et la remise d'un reçu deviennent obligatoires. Toute infraction expose les opérateurs à des sanctions immédiates. Contrôle renforcé et sanctions dissuasives Pour veiller à l'application de ces mesures, une commission de suivi est mise en place. Elle regroupe des représentants de la commune, des autorités locales, des services de sécurité et de l'hygiène. Les sanctions prévues vont au-delà des simples amendes. En cas de manquements graves (touchant à la sécurité, continuité du service ou obligations contractuelles), la résiliation du contrat pourra être prononcée. Ce nouveau dispositif, prévu pour une durée de dix ans, se veut plus qu'un simple cadre réglementaire. Il s'inscrit dans une logique de modernisation du service public, avec en ligne de mire une meilleure qualité de prise en charge et le respect de la dignité des patients.