L'exercice 2025 restera une année charnière pour Managem. Le groupe affiche un chiffre d'affaires de 13,69 milliards de dirhams, en hausse de 55 %, dépassant pour la première fois le seuil des 10 milliards. La rentabilité suit une trajectoire encore plus importante avec un Excédent Brut d'Exploitation (EBE) proche de 6 milliards de dirhams, une marge d'EBE portée à 44 % (contre 30 % en 2024) et un résultat net part du groupe multiplié par cinq, à 3 milliards de dirhams. Ces performances s'appuient sur plus de 20 milliards de dirhams d'investissements cumulés sur cinq ans, qui commencent désormais à produire leurs effets. Pour Imad Toumi, président du groupe, ces résultats ne relèvent pas d'un effet conjoncturel : « Ces résultats tout à fait remarquables en 2025 sont le fruit d'une stratégie que nous avons lancée il y a plusieurs années. » Tizert et Boto, symboles d'un changement d'échelle Deux projets illustrent cette montée en puissance : Tizert au Maroc et Boto au Sénégal. Le projet de Tizert s'impose comme l'actif stratégique majeur au Maroc. Située dans l'Anti-Atlas, cette mine de cuivre a mobilisé 4,5 milliards de dirhams d'investissement. Elle figure désormais parmi les 50 plus grands projets cuprifères mondiaux. Au-delà de sa taille, Tizert se distingue par son positionnement technologique et environnemental avec une utilisation de 100 % d'eau recyclée, un recours majoritaire à des énergies renouvelables et des réserves estimées permettant plus de 17 ans d'exploitation. À l'international, le projet aurifère de Boto, au Sénégal, illustre la capacité d'exécution du groupe. Acquis en 2022, le site a été développé en un temps record, avec une entrée en production dès 2025. Ses caractéristiques sont structurantes : une capacité de traitement de 2,75 millions de tonnes de minerai par an, une production cible d'environ 160 000 onces d'or annuelles et une intégration rapide dans le portefeuille du groupe. Boto positionne Managem parmi les acteurs significatifs de l'or en Afrique de l'Ouest, dans un contexte où le métal jaune joue un rôle de valeur refuge, notamment en période de tensions géopolitiques. Dès leur première phase d'exploitation, Tizert et Boto contribuent déjà fortement aux performances du groupe, avec plus de 2,5 milliards de dirhams de chiffre d'affaires combiné. Le groupe bénéficie également d'un environnement de marché favorable. En 2025 : le prix de l'or a progressé de 44 %, celui de l'argent de 42 % et le cuivre s'est maintenu autour de 10 000 dollars la tonne. Mais au-delà de la conjoncture, Managem structure son portefeuille autour de métaux à forte valeur stratégique. « Nous allons rester concentrés sur des métaux porteurs comme l'or et l'argent, mais aussi sur les métaux critiques liés à la transition énergétique comme le cuivre, le cobalt ou demain les terres rares », assure Imad Toumi. La prochaine étape du groupe consiste à dépasser le modèle extractif pour aller vers plus de transformation. « Nous voulons, au-delà d'extraire, raffiner nos produits pour l'industrie automobile et les technologies », affirme le président. Cette stratégie d'intégration vise à capter davantage de valeur, en se positionnant sur les chaînes industrielles liées aux batteries, à l'électrification et aux technologies avancées. Une feuille de route ambitieuse à horizon 2030 Pour soutenir cette ambition, Managem prévoit plus de 10 milliards de dirhams d'investissements supplémentaires dans les années à venir. Les relais de croissance identifiés incluent le développement du cobalt, essentiel pour les batteries, les projets liés au gaz naturel à Tendrara et l'exploration de nouveaux gisements, notamment en Afrique. L'objectif est de consolider un modèle intégré, combinant extraction, transformation et présence sur les marchés internationaux. Managem sort d'un cycle d'investissement intensif avec des résultats solides et une base industrielle renforcée. La prochaine étape sera plus exigeante : transformer cette puissance minière en un véritable levier industriel, capable de s'inscrire durablement dans les chaînes de valeur mondiales. Une ambition résumée par Imad Toumi : « Pour 2030, nous garderons les mêmes ingrédients qui ont fait notre succès, tout en franchissant un cap vers plus de transformation et de valeur ajoutée. »