La cybersécurité n'est plus seulement un défi technique, mais un impératif stratégique pour la stabilité et le développement économique des pays. C'est le message qu'a porté Abdellah Boutrig, directeur général de la Direction générale de la sécurité des systèmes d'information (DGSSI), lors de son intervention au GITEX Africa 2026. « La cybersécurité touche directement à la souveraineté, à la stabilité et au développement économique de nos pays. Aucun pays, aucune organisation ne peut faire face seule à ces menaces », a-t-il déclaré. Selon lui, la sécurisation des systèmes sensibles et des infrastructures critiques nécessite une gouvernance adaptée, un cadre stratégique clair, un corpus réglementaire fédérateur, des capacités opérationnelles et un investissement continu dans le renforcement des compétences. Au Maroc, cette approche globale a permis au Royaume de gagner en maturité. La DGSSI agit simultanément sur plusieurs fronts : cadre juridique, capacités opérationnelles, coopération internationale et développement des compétences. Le pays joue ainsi un rôle actif au niveau continental, notamment au sein de l'ENCA (Agence des Agences de cybersécurité en Afrique), dont il assure la vice-présidence depuis 2022. Le dispositif ENCA-SERP facilite l'échange d'informations sur les menaces et renforce les capacités africaines en matière de cybersécurité. Pour Abdellah Boutrig, la cybersécurité repose également sur deux leviers essentiels : l'écosystème privé et le capital humain. « La cybersécurité nationale ne peut reposer sur le seul effort de l'Etat. Elle a besoin d'un tissu industriel et entrepreneurial dense, capable de déployer des solutions adaptées, d'innover et de former des compétences opérationnelles », a-t-il expliqué. Le rôle du secteur privé est central : intégrateurs, éditeurs de solutions souveraines, sociétés de conseil et d'audit contribuent à transformer la stratégie nationale en actions concrètes sur le terrain. Les initiatives comme le GITEX Africa jouent un rôle de catalyseur, en facilitant la rencontre entre l'offre et la demande et en favorisant l'émergence de partenariats structurants. Enfin, Abdellah Boutrig a insisté sur la nécessité de renforcer le capital humain, un facteur de vulnérabilité structurelle. « Le déficit de profils qualifiés en cybersécurité opérationnelle reste critique. Il est indispensable de renforcer la formation initiale, d'adapter les curricula académiques et de favoriser la spécialisation », a-t-il conclu.