DR ‹ › Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, s'est exprimé hier à Dakar lors d'une conférence coanimée avec le Français Pascal Boniface, consacrée à présenter sa vision du développement et de la souveraineté en Afrique. Dans son intervention, le chef du gouvernement a défendu l'idée d'une Afrique composée de «55 Etats», intégrant ainsi de facto la «république arabe sahraouie démocratique (RASD)». Cette position peut surprendre, dans la mesure où le Sénégal reconnaît la souveraineté marocaine sur le Sahara depuis les premières années du conflit, et a inauguré, le 5 avril 2021, un consulat à Dakhla. La mention des «55 Etats» de l'Union africaine pourrait être interprétée comme un signal adressé à Algérie. Depuis sa nomination, le 2 avril 2024, Ousmane Sonko revendique en effet le droit de mener une politique étrangère «souveraine», sans «tutelle», en rupture avec celles de ses prédécesseurs, et censée refléter «le nouveau Sénégal». Dans le même discours, il a également dressé un réquisitoire contre les pays de petite superficie, citant notamment Israël et les Etats scandinaves. La «RASD» n'est-elle pas logée à la même enseigne, selon cette approche du chef du gouvernement ? Le Premier ministre préside le parti Les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité, plus connu sous l'abréviation de PASTEF. Il a lancé lui-même cette formation en 2014. Les relations entre Rabat et Dakar traversent une zone de turbulences. Les incidents qui ont émaillé la finale de la CAN 2025 entre le Maroc et le Sénégal, ne sont que la partie visible de l'iceberg. Dakar accueillera, les 20 et 21 avril, une nouvelle édition du Forum sécurité et paix en Afrique. D'habitude la participation marocaine à cette rencontre est assurée par de hautes personnalités, comme le chef du gouvernement ou le ministre des Affaires étrangères.