Vingt-sept cellules jihadistes ont été démantelées au Maroc depuis 2013, a affirmé le ministre de l'Intérieur, Mohamed Hassad, soulignant que le Royaume adopte à la fois une approche opérationnelle et préventive pour lutter contre la menace terroriste. Dans un entretien publié par l'hebdomadaire international "Jeune Afrique" à paraître dimanche, M. Hassad a précisé que huit cellules jihadistes ont été démantelées entre janvier et mai de cette année et 14 autres durant l'année 2014, relevant que la menace terroriste est "réelle au Maroc, comme ailleurs". Le ministre a également indiqué que les opérations de lutte antiterroriste, aussi bien en interne que dans le cadre de la coopération avec les partenaires étrangers notamment l'Espagne, sont "concluantes", soulignant que "rien n'est possible sans un travail de prévention". Il a, à cet égard, mis l'accent sur l'importance de l'encadrement religieux, la mise à niveau de la législation pénale, la lutte contre la précarité et l'exclusion à travers l'INDH et le dispositif de sécurité renforcée Hadar mis en place sur tout le territoire, notant que "cet engagement multidimensionnel a été plus d'une fois salué par la communauté internationale". "Ce n'est pas un hasard si le Maroc a été élu en mai à la coprésidence du forum global de lutte contre le terrorisme", a-t-il fait valoir. M. Hassad a, en outre, indiqué que le Maroc, qui est conscient du risque de recrutement de Marocains notamment les ex-détenus par les groupes terroristes, a engagé des mesures de déradicalisation à travers la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus et les programmes d'appui aux micro-projets et à l'auto-emploi, précisant que le champ religieux via la promotion d'un islam modéré et tolérant n'est pas délaissé en prison. Le ministre a indiqué, par ailleurs, que le nombre de combattants marocains dans les rangs de Daesh en Irak et en Syrie est estimé à 1.350, dont 220 des ex-détenus, ajoutant que plusieurs d'entre eux occupent des postes de responsabilité au sein des organisations terroristes, ce qui peut expliquer "la cooptation de Marocains". Ces combattants recrutent via Internet et les réseaux sociaux, ou par le biais de rabatteurs, souvent de proches parents, a-t-il fait savoir, précisant que le financement se fait par des transferts de fonds internes aux réseaux. M. Hassad a, d'autre part, indiqué que parmi ces combattants, 286 ont trouvé la mort dans les zones de conflit, alors que 156 autres ont regagné le Maroc.