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Le Maroc, modèle régional dans la gestion des flux migratoires
Publié dans Maroc Diplomatique le 26 - 05 - 2025

Longtemps considéré comme la principale porte de départ vers l'Espagne, le Maroc voit aujourd'hui sa politique migratoire porter ses fruits, avec une baisse notable du nombre de départs vers les côtes espagnoles. En parallèle, une nouvelle dynamique se dessine : de plus en plus de migrants optent pour l'axe Mauritanie–îles Canaries pour poursuivre leur aventure. Cette évolution, soulignée dans le rapport annuel sur la sécurité nationale espagnole, illustre l'efficacité du Maroc en matière de lutte contre la migration clandestine.
Selon les derniers chiffres du rapport annuel sur la sécurité nationale espagnole, la Mauritanie est devenue en 2024 comme le principal pays de départ des migrants irréguliers vers l'Espagne, avec plus de 25 000 départs, dépassant ainsi le total cumulé du Maroc et de l'Algérie. Au total, 61 372 migrants ont rejoint les côtes espagnoles par voie maritime, un record historique qui dépasse celui de 2018, marquant une hausse de 10,3 % par rapport à 2023.
Selon plusieurs sources relayées par des médias et des ONG, les conflits, les persécutions, la pauvreté et les catastrophes naturelles comptent parmi les principales causes des mouvements migratoires. La conjugaison de ces facteurs a contribué à faire de la Mauritanie un nouveau centre névralgique de la migration vers l'Europe. Le rapport souligne également la réactivation des routes migratoires via le Niger, avec une reprise marquée de l'activité à Agadez, tandis que la route algérienne reste empruntée, malgré le renforcement des dispositifs de contrôle.
Par ailleurs, les îles Canaries ont enregistré une hausse de 17,4 % des arrivées, avec 46 843 migrants recensés, tandis que les Baléares ont connu une flambée spectaculaire de 158,3 %, atteignant 5 882 arrivées, établissant ainsi de nouveaux records. La route atlantique vers les Canaries continue de progresser avec une augmentation de 18 %, alors que la route méditerranéenne accuse un recul de 6 %, conséquence directe des restrictions imposées en Libye et en Tunisie.
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Une politique migratoire humaine et intégrée
De son côté, le Maroc s'est progressivement imposé comme un acteur clé dans la gestion des flux migratoires en Afrique du Nord. Face à la pression croissante aux frontières et aux défis sécuritaires, le Royaume a multiplié les initiatives pour encadrer les mouvements migratoires sur son sol. Réformes législatives, campagnes de régularisation exceptionnelles, coopération régionale et internationale ; autant de mesures qui traduisent une volonté affirmée de conjuguer contrôle des frontières et approche humaniste. Une orientation saluée par plusieurs observateurs, qui considèrent désormais la politique migratoire marocaine comme un modèle dans la région.
Ces initiatives s'inscrivent dans le cadre de la Stratégie nationale d'immigration et d'asile (SNIA), lancée en décembre 2014. Qualifiée par la presse « d'opération exceptionnelle d'intégration », cette politique a permis de régulariser la situation de plus de 50 000 étrangers, majoritairement originaires d'Afrique subsaharienne. Elle s'articule autour de quatre axes prioritaires : la régularisation des migrants en situation irrégulière, leur intégration socio-économique, la lutte contre la traite des êtres humains, ainsi que le renforcement des partenariats internationaux.
L'évolution du cadre juridique et institutionnel marocain en matière de migration témoigne d'un tournant majeur dans la politique migratoire du Royaume. De plus en plus éloigné d'une approche strictement sécuritaire, le Maroc mise désormais sur une vision plus humaniste et inclusive, fondée sur le respect des droits humains et l'intégration des migrants. Cette dynamique a valu au pays d'être désigné "Leader de l'Union africaine sur la question migratoire", un rôle qui a abouti à l'adoption de l'Agenda africain pour la migration en janvier 2018.
Vers une gestion coordonnée
Dans cette même dynamique, la coopération entre le Maroc et l'Union européenne en matière de gestion migratoire s'est nettement renforcée ces dernières années. Portée par des intérêts communs et des enjeux partagés, cette collaboration s'articule autour de trois piliers essentiels ; le dialogue politique, l'appui financier et la coopération opérationnelle sur le terrain. Ensemble, Rabat et Bruxelles tentent de répondre de manière coordonnée à un phénomène à la fois humain, sécuritaire et géopolitique.
En outre, entre 2014 et 2021, l'Union européenne a mobilisé 107 millions d'euros pour soutenir la Stratégie nationale d'immigration et d'asile du Maroc. Cet appui a permis de financer des projets d'intégration locale, de formation professionnelle et d'aide aux migrants en situation de vulnérabilité. Plus récemment, l'Espagne a accordé au Maroc une aide de 2,5 millions d'euros pour renforcer la lutte contre l'immigration irrégulière. Ce soutien comprend l'achat de 183 motos (pour 660 000 euros) et de 33 véhicules (d'une valeur totale de 1,9 million d'euros), destinés à améliorer la mobilité des forces de sécurité, notamment dans les zones montagneuses et côtières difficiles d'accès. Le contrat prévoit aussi la livraison de véhicules tout-terrain, de camions, d'ambulances, de bateaux et d'équipements de surveillance sophistiqués, comme des caméras thermiques et du matériel de vision nocturne. Au total, les aides espagnoles au Maroc dans ce domaine ont atteint 120 millions d'euros sous le gouvernement de Pedro Sánchez.
En avril 2025, le commissaire européen aux Affaires intérieures et aux Migrations, Magnus Brunner, a plaidé devant la Commission des libertés civiles du Parlement européen pour un renforcement de la coopération migratoire avec le Maroc. Il a salué les résultats encourageants de cette collaboration, notamment une baisse d'environ 40 % des départs irréguliers vers l'Espagne en 2024, en particulier depuis les côtes nord du Royaume. Magnus Brunner a également souligné les avancées enregistrées dans la coopération avec des agences européennes comme Frontex et CEPOL. Il a rappelé que l'Union européenne entend poursuivre ses partenariats uniquement avec les pays qui respectent les normes juridiques, les droits humains et les principes démocratiques.


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