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2025-2026 : La carte et le cap
Publié dans Maroc Diplomatique le 13 - 02 - 2026

2025 aura été de ces années qui ne se contentent pas juste de passer, mais de celles qui s'imposent. Des années qui pèsent, qui dessinent une ligne de crête entre ce qui a été patiemment acquis et ce qui doit désormais être assumé. Rien n'y a été entièrement réglé, le Maroc n'a d'ailleurs jamais connu le confort des bilans apaisés, mais l'année aura eu cette vertu salutaire : exposer, en pleine lumière, à la fois nos forces et nos fragilités.
Une année où le pays a confirmé des acquis tout en révélant, sans fard, l'ampleur de ses urgences. On pourrait la résumer en une formule simple : le Maroc avance, mais il avance dans un monde qui s'accélère, un monde qui ne tolère plus les transitions hésitantes ni les rythmes lents.
À ce titre, 2025 s'est affirmée comme une année de transition stratégique, portée par de grandes ambitions internationales, des investissements structurants et, en parallèle, des vulnérabilités sociales persistantes. Entre rayonnement sportif, réformes économiques et tensions sociales latentes, le pays a évolué sur un fil, conjuguant des succès indéniables à des déconvenues qu'il serait imprudent de minimiser.
Et c'est précisément à cet exercice qu'invite une analyse de rétrospective et de prospective : regarder les faits sans complaisance et tracer une direction sans trembler.
Portée par les services et plusieurs secteurs moteurs, la croissance a retrouvé, à différents moments de l'année, un rythme plus soutenu, oscillant entre 4 % et 4,6 % selon les estimations conjoncturelles du Haut-Commissariat au Plan. En même temps, l'inflation est restée contenue, permettant à la Banque centrale de maintenir un cap de stabilité monétaire, avec un taux directeur fixé à 2,25 % et une inflation qualifiée de faible par Bank Al-Maghrib.
Mais la réalité d'un pays ne se résume ni à ses agrégats ni à la seule lecture de ses courbes. Elle s'apprécie dans ses secteurs locomotives, mais surtout dans la capacité de la croissance à se traduire en amélioration du niveau de vie, en création d'emplois, en confiance collective et, dans le Maroc contemporain, en sécurité hydrique.
Car notre époque obéit à une contrainte implacable : l'eau. Elle ne se négocie pas et ne se reporte pas. Le Maroc a fait le choix de la considérer comme une infrastructure de souveraineté, mobilisant programmes, budgets et chantiers, et accélérant le recours au dessalement avec l'objectif affiché de couvrir une part significative des besoins nationaux à l'horizon 2030. La prochaine décennie opérera une distinction claire entre les pays capables d'organiser leurs transitions hydrique, énergétique et sociale, et ceux qui se contenteront de les subir.
Dans ce contexte, l'un des motifs de satisfaction majeurs de l'année réside dans l'évolution favorable de la question nationale sur la scène internationale. Le 31 octobre 2025, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté la Résolution 2797, reconnaissant le Plan d'autonomie présenté par le Maroc en 2007 comme la base la plus réaliste pour parvenir à une solution politique juste et durable au différend régional. Ce vote marque un tournant diplomatique important, ouvrant la voie à une nouvelle phase dans laquelle le Royaume entend préciser son projet d'autonomie sous souveraineté marocaine et le soumettre formellement aux Nations unies.
Désormais, une page s'ouvre ainsi pour dépasser ce conflit et concentrer les efforts sur le développement national et sur l'ambition, longtemps affirmée, d'un grand Maghreb conçu comme projet stratégique commun.
Au milieu de ces contraintes, 2025 a également rappelé une évidence parfois reléguée au second plan : le Maroc conserve une capacité d'attraction réelle. Le tourisme, indicateur sensible mais révélateur, a frôlé un seuil symbolique avec près de 19,8 millions de visiteurs sur l'année, un niveau historique qui témoigne de l'image du pays, de la diversité de ses territoires et de sa faculté à transformer l'attrait en valeur économique.
L'attractivité, toutefois, ne se proclame pas. Elle se construit dans la durée, à travers les infrastructures, la qualité des services, la confiance et cette perception diffuse d'un pays qui se projette vers l'avenir plutôt que de se justifier. C'est dans cette logique que s'inscrivent les grands chantiers structurants. Une nation ne devient pas moderne parce qu'elle l'affirme ; mais parce qu'elle relie ses villes, réduit ses distances et unifie ses marchés. Le projet de LGV Kénitra–Marrakech, prolongement stratégique de l'axe Nord, répond à cette grammaire, celle d'un pays qui mise sur la mobilité pour accélérer l'intégration économique et densifier les échanges.
Or pendant que l'acier relie le territoire, d'autres paris se jouent dans des sphères moins visibles mais tout aussi déterminantes. La transition énergétique se poursuit, avec l'ambition d'un mix électrique majoritairement renouvelable à l'horizon 2030, tandis que l'hydrogène vert émerge progressivement comme une perspective industrielle structurante.
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Reste toutefois une question centrale : à quoi sert la croissance si elle ne se transforme pas en protection ? Le Maroc a engagé une trajectoire de consolidation de la protection sociale et de réformes structurelles, une dynamique suivie de près par les institutions internationales, qui y voient un levier de résilience et de modernisation. L'expérience récente rappelle néanmoins l'évidence que les politiques publiques ne sont pas jugées sur leurs intentions, mais sur leur capacité à atteindre les citoyens, rapidement, clairement et équitablement.
Sur un autre registre, l'année 2025 a confirmé la dynamique positive observée depuis la Coupe du monde de 2022. Les performances sportives se sont succédé, avec notamment le titre mondial décroché par l'équipe nationale des moins de 20 ans et la victoire en Coupe arabe lors des Jeux organisés au Qatar. L'événement majeur demeure toutefois l'organisation de la Coupe d'Afrique des Nations. Au-delà de la compétition, la CAN 2025 s'est imposée comme un test grandeur nature de la capacité du Maroc à accueillir des événements continentaux de grande ampleur. Mobilisation sécuritaire, modernisation des infrastructures sportives et fluidité logistique ont servi un objectif clair, celui de faire du sport un instrument de rayonnement et inscrire durablement le Royaume comme hub sportif africain, en prélude au rendez-vous du Mondial 2030.
Et puis, l'un des faits structurants de la décennie reste l'essor de l'industrie automobile. Celle-ci n'est plus un secteur « prometteur », mais un moteur pleinement opérationnel, qui exporte, attire des investissements et irrigue un écosystème de sous-traitance, de logistique et de formation. Les capacités industrielles installées, portées notamment par Renault et Stellantis, et les annonces d'expansion vers des volumes élevés traduisent l'inscription du Maroc dans les chaînes de valeur mondiales, à un moment où l'Europe redéfinit ses choix industriels et où l'électrification redessine les règles du jeu. La question centrale n'est désormais plus seulement celle des volumes : « Combien produisons-nous ? » ; mais celle de la trajectoire : « Que produirons-nous demain, avec quelle part de valeur locale, quel contenu technologique et quelle place dans la mobilité bas carbone ? ». C'est à ce niveau que se joue, au-delà des chiffres, la soutenabilité du modèle industriel.
En parallèle, une autre mutation avance, plus discrète mais tout aussi déterminante, celle du numérique. Pas le digital de l'affichage et des slogans, mais celui de l'Etat qui se modernise, des procédures qui se simplifient, des données érigées en actif stratégique et d'une économie numérique appelée à passer du potentiel à l'échelle. L'adoption d'une stratégie structurée, Maroc Digital 2030, traduit un choix clair de faire du numérique un levier d'efficacité publique et de compétitivité économique, et non une simple vitrine technologique. L'ancrage durable d'un événement comme GITEX Africa à Marrakech agit, à cet égard, comme un révélateur. Il reflète à la fois ce que le Maroc est déjà en train de construire et ce qu'il ambitionne de devenir : un hub régional où l'innovation ne relève plus du décor, mais d'une dynamique industrielle et entrepreneuriale.
Mais le véritable renversement, à l'horizon 2026, porte un nom : l'intelligence artificielle. L'IA n'est pas un segment technologique parmi d'autres, elle constitue une couche transversale appelée à transformer l'administration, l'éducation, la santé, l'industrie, la sécurité et les services financiers… bref, l'ensemble du tissu économique et social. Dès lors, le choix est stratégique : être simple consommateur de solutions importées ou devenir producteur de technologies, de données et de compétences.
L'ambition affichée est explicite, c'est de viser une contribution de l'ordre de 10 milliards de dollars au PIB à l'horizon 2030, à travers des investissements ciblés dans les infrastructures (centres de données, cloud), la formation et l'intégration de l'IA dans l'action publique comme dans l'économie productive. Derrière ces chiffres se cache une question de souveraineté et de puissance. Qui maîtrise les données, qui les héberge, qui entraîne les modèles, qui les régule, qui protège les usages et, surtout, qui capte la valeur créée au lieu de la concéder ?
En définitive, la rétrospective de 2025 n'a de sens que si elle éclaire une prospective 2026 d'une simplicité exigeante: accélérer sans se déséquilibrer, accélérer l'industrialisation en montant en gamme, accélérer la transformation numérique en la rendant concrète pour le citoyen et l'entreprise, et accélérer le déploiement de l'intelligence artificielle en l'encadrant sur les plans éthique, juridique et souverain, tout en l'ancrant dans les secteurs stratégiques.
Maroc 2025 est ainsi comme une année de résilience avérée, mais aussi de fragilités structurelles persistantes, un point d'équilibre instable, qui appelle des choix clairs et une exécution rigoureuse.
Des vulnérabilités structurelles toujours prégnantes
La première fragilité du modèle économique marocain demeure sa dépendance persistante aux aléas climatiques. Après plusieurs années de sécheresse, l'agriculture continue de constituer un facteur majeur d'instabilité économique et sociale. Les chocs hydriques affectent directement la croissance, les revenus ruraux, l'emploi et les prix alimentaires. En réponse, l'Etat a engagé des investissements massifs dans le dessalement, les barrages et les transferts d'eau. Toutefois, ces solutions, nécessaires, restent coûteuses, énergivores et longues à rentabiliser. Le stress hydrique s'impose ainsi comme un risque macroéconomique structurel, et non plus conjoncturel.
Cette vulnérabilité se double d'un marché du travail sous forte tension. Le chômage structurel, en particulier chez les jeunes, demeure l'une des préoccupations centrales. Malgré la reprise de certains secteurs, les niveaux restent élevés, notamment chez les 15-24 ans, les diplômés et les femmes. Cette situation reflète une inadéquation persistante entre le système de formation et les besoins de l'économie, mais aussi une croissance encore insuffisamment créatrice d'emplois stables hors agriculture. Le risque est double: une érosion progressive du capital humain et une montée des tensions sociales.
À ces fragilités s'ajoute le poids durable de l'économie informelle, véritable talon d'Achille du modèle de développement. Sa persistance freine la productivité globale, limite l'élargissement de l'assiette fiscale, fausse la concurrence et fragilise les travailleurs, tout en compliquant la généralisation de la protection sociale. Malgré les réformes engagées, l'informalité demeure un verrou structurel, entravant la transformation de la croissance en prospérité inclusive.
Sur le plan des finances publiques, la situation reste sous pression. La dette publique se maintient à un niveau élevé, bien que sa trajectoire soit jugée soutenable par les institutions internationales. L'enjeu en 2025 n'est pas tant celui d'un déséquilibre immédiat que celui de marges de manœuvre budgétaires réduites. Les besoins d'investissement sont considérables – eau, énergie, protection sociale, éducation, santé, reconstruction post-séisme et transition climatique – imposant un exercice d'équilibre délicat entre consolidation budgétaire, maintien de l'investissement public et préservation de la paix sociale.
La dépendance énergétique constitue une autre contrainte majeure. Malgré des avancées notables dans les énergies renouvelables, le Maroc reste fortement tributaire des importations énergétiques, l'exposant aux chocs de prix internationaux et pesant sur la balance commerciale. Si la transition énergétique est engagée, son financement, son rythme et la gestion des actifs fossiles existants soulèvent des défis complexes. Le débat sur la sortie progressive du charbon illustre cette tension permanente entre ambition climatique et contraintes économiques.
À plus long terme, la fragilité du capital humain apparaît comme un enjeu décisif. Les performances insuffisantes du système éducatif, régulièrement mises en évidence par les évaluations internationales, affectent directement la productivité, l'employabilité des jeunes et la capacité du pays à monter en gamme dans les chaînes de valeur mondiales. Sans amélioration profonde et rapide des compétences, les gains industriels risquent de demeurer limités.
Inégalités sociales et attentes citoyennes
Le point de tension le plus sensible demeure toutefois social. Les mobilisations observées en 2025, notamment parmi la jeunesse et dans plusieurs territoires ruraux, traduisent un malaise profond et largement partagé. Elles ne portent pas des revendications idéologiques ou excessives, mais des exigences fondamentales : l'accès effectif aux droits sociaux consacrés par la Constitution, la réduction des inégalités sociales et territoriales, ainsi qu'une lutte crédible contre la pauvreté et la corruption.
Sur ces dossiers structurants, 2025 apparaît comme une année de stagnation relative. Les dispositifs d'aide sociale, bien qu'étendus à des millions de ménages vulnérables, ne sauraient à eux seuls constituer une réponse durable à la pauvreté ni garantir la dignité des citoyens. En l'absence de politiques publiques plus ambitieuses, articulées autour de l'emploi, de l'égalité des chances et de la justice territoriale, le risque d'un creusement du fossé social demeure réel.
Une équation stratégique exigeante
En 2025, le Maroc n'est ni en crise ni à l'abri. Sa principale fragilité réside dans la coexistence de réformes ambitieuses et de contraintes structurelles lourdes. La réussite du modèle de développement dépendra de la capacité à articuler transition hydrique et énergétique, création d'emplois de qualité, réduction de l'informalité et montée en compétences de la population, tout en préservant les équilibres macroéconomiques. Bien plus que les seuls indicateurs de croissance, c'est sur ce terrain que se jouera la trajectoire du pays dans les années à venir.
Le bilan de l'année 2025 s'inscrit ainsi dans un clair-obscur. Le Maroc continue de renforcer sa stature de pôle régional crédible, stable et attractif, tant sur les plans économique que géopolitique. Les indicateurs macroéconomiques tiennent, les partenariats internationaux se multiplient et l'image extérieure du pays demeure globalement positive.
Mais cette trajectoire, portée par des choix stratégiques de long terme, se heurte à une réalité intérieure plus complexe. La société marocaine est traversée par des attentes sociales fortes, parfois impatientes, révélant un décalage croissant entre les performances affichées et le vécu quotidien d'une large partie de la population. Les tensions observées relèvent moins d'une rupture que d'une accumulation de frustrations, nourries par les inégalités persistantes, la précarité et le sentiment d'un accès inégal aux opportunités.
Ainsi, en 2025, le Royaume a progressé sans basculement majeur, mais non sans fragilités. L'enjeu n'est plus seulement de préserver la stabilité ou de valoriser des réussites sectorielles, mais de réconcilier ambition nationale et justice sociale, vision de long terme et réponses concrètes aux besoins immédiats des citoyens.
À ce titre, l'année 2026 ne pourra se contenter d'une continuité prudente. Elle devra marquer une inflexion, voire un nouvel élan, en faveur d'un Maroc plus cohésif, plus inclusif et plus solidaire, un Maroc où la participation citoyenne, l'égalité des chances et l'effectivité des droits fondamentaux relèvent moins du discours que d'une pratique pleinement assumée. C'est à cette condition que la confiance pourra être restaurée et que l'horizon d'un avenir commun redeviendra un projet partagé.
Ce dossier s'ouvre ainsi comme on déploie une carte, avec ses reliefs, ses zones de friction et ses routes possibles. L'enjeu n'est pas de célébrer 2025, mais de comprendre ce qu'elle a rendu inévitable et ce que 2026 devra rendre irréversible. C'est une carte stratégique, des tensions à maîtriser, de l'eau à l'emploi, de l'école à la compétitivité, mais aussi des opportunités à consolider, de l'attractivité aux infrastructures, de l'énergie à la montée en gamme.
Dans un monde où la croissance ralentit et s'inquiète, avec une dynamique mondiale attendue autour de 2,7 % en 2026, les vents extérieurs ne seront pas toujours porteurs. Dans ce contexte, le Maroc n'a qu'une option durable : transformer ses chantiers en résultats, ses ambitions en standards, et ses réussites ponctuelles en modèle.


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