Dans les camps de Tindouf, les interrogations se multiplient sur la fin de la période de disgrâce pour le «ministre» auteur, en décembre 2021 à Paris, de la phrase «la RASD n'est pas un Etat». Après des mois de marginalisation, le secrétaire général du Polisario a fini par faire appel à Mustapha Mohamed Ali Sid Al Bachir pour lui offrir un siège au sein de la commission préparatoire du 16e congrès du Front. Le «ministre» partage l'adhésion à ladite commission aux côtés de voix critiques avec la ligne politique adoptée par Brahim Ghali, comme Mohamed Lamine El Bouhali, le chef de l'armée de réserve, et Bachir Mustapha Sayed. Ce retour en grâce d'Al Bachir n'est pas dénué de calculs politiques. En effet, Brahim Ghali a grandement besoin de l'appui de la tribu des Bouihates, considérée la plus forte numériquement dans les camps de Tindouf, dont le chef de file est l'auteur de la «RASD n'est pas un Etat», pour garder entre ses mains les commandes du Polisario quelques années supplémentaires. Pour rappel, Ghali avait décrété, dans le cadre du mouvement qu'il a opéré en mai dernier dans les représentations du Polisario à l'étranger, la fin de mandat de Mohamed Limam, le frère de Mustapha Sidi El Bachir, au Pays Basque espagnol. Article modifié le 12/09/2022 à 11h36