Cela fait prés de 11 mois que Bouchta Makcharrade, un MRE de France originaire de Meknès, est décédé. Alors qu'il venait passer des vacances auprès de sa famille au Maroc, Bouchta Makcharrade avait découvert que son terrain avait été vendu en son absence. Aujourd'hui, l'affaire est encore loin d'être résolue. L'affaire de spoliation Bouchta Makcharrade a été classée sans suite. La nouvelle vient de nous être annoncée par son fils Jamal Makcharrade, qu'on a joint par téléphone cet après-midi. Le verdict, jugé «incompréhensible» par les membres de sa famille, leur a été communiqué début septembre par le procureur général du roi près la Cour d'appel de Meknès, un certain Chakir Abdelkebir. Ce dernier évoquant l'apparition de deux témoins dans l'affaire qui attestent avoir été présents lors de la conclusion de la vente du terrain de Bouchta Makcharrade à son actuel «propriétaire». Sauf que pour le fils du défunt, il n'en est rien. Un terrain «guichs»… Le terrain en question, contenant des oliviers centenaires et qui s'étale sur un hectare dans la région de Meknès, est invendable. Il s'agit en réalité d'une terre dite Guich, qui lui avait été offerte par l'Etat marocain, durant l'époque coloniale, en guise de reconnaissance envers son militantisme.«Ces terres ne sont absolument pas vendables. Elles sont héritées de père en fils et ces derniers ont uniquement un droit de jouissance, c'est-à-dire qu'ils ne peuvent qu'exploiter librement la richesse de ces terres, mais qu'elles ne peuvent pas faire l'objet d'un contrat de vente», nous expliquait alors, en avril dernier, Abdelali Boutaleb, avocat à Casablanca, spécialiste en droit foncier. Mais, visiblement, cela n'a pas empêché la vente du terrain de Bouchta Makcharrade. …vendu à 700 000 dhs Ce Marocain qui résidait à Montpellier était, pour rappel, venu en 2008 passer ses vacances d'été au Maroc auprès de sa famille. Une fois chez lui, il apprend avec grande stupeur que son terrain a été vendu en son absence au prix de 700 000 dirhams. Selon son fils Jamal, l'acheteur serait un richissime «millionnaire de Meknès». A l'annonce de la nouvelle, Bouchta est victime d'une attaque cérébrale. Il revient alors en France où il reste hospitalisé pendant six mois, la moitié de son corps étant paralysée. Le sexagénaire sera par la suite atteint d'un cancer avant de rendre son dernier souffle le 1e janvier 2012. Aujourd'hui son fils, Jamal est dans l'incompréhension totale. Affirmant qu'il dispose de tous les documents officiels nécessaires à la résolution de cette affaire, il ne compte pas baisser les bras.