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Quand le Maroc protestait contre les déplacements forcés des populations marocaines de Tindouf
Publié dans Yabiladi le 03 - 01 - 2025

En 1960, les autorités coloniales françaises en Algérie ont opéré des déplacements forcés de Marocains établis dans la région de Tindouf, vers le royaume. Le Maroc avait protesté, par voie diplomatique, contre ces agissements. Retour sur une page de l'histoire commune de la France et du royaume, qui reste toujours d'actualité.
Un document officiel, datant du 17 octobre 1960, relance le débat sur la marocanité du Sahara oriental. Le texte, consulté par Yabiladi, est une lettre du ministère marocain des Affaires étrangères adressée à l'ambassade de France à Rabat, pour protester contre les opérations de déplacements forcés de Marocains installés dans la région de Tindouf, menées alors par Paris.
«Le 28 août 1960, les autorités militaires françaises de Tindouf ont donné l'ordre aux ressortissants marocains habitant cette localité d'évacuer cette dernière dans les 24 heures. Les intéressés ont été transportés par les forces militaires françaises jusqu'à l'Oued Dra, et les premiers d'entre eux auraient déjà gagné Akka», située sur le territoire marocain, souligne le royaume.
Le ministère a dénoncé ces pratiques : «Le ministère des Affaires étrangères ne peut que protester énergiquement contre de tels agissements et voudrait espérer que des instructions seront données pour que les ressortissants marocains arrêtés puissent retourner dans leur foyer dans les plus brefs délais et afin que des incidents de cette nature ne se renouvellent plus.» Une mise en garde ignorée alors par le gouvernement français.
Quand De Gaulle et le FLN «reconnaissaient» la marocanité du Sahara oriental
Le Maroc indépendant a montré sa détermination à récupérer ses régions du Sahara oriental que la France a colonisées en 1934, alors qu'elle occupait l'Algérie depuis 1830. Le royaume avait d'ailleurs demandé en 1959 d'inscrire à l'ordre du jour de l'Assemblée générale des Nations unies, les essais nucléaires que prévoyait la France de mener au Sahara oriental.
Le 13 février 1960, les autorités françaises sont passées à l'acte dans la localité de Reggane au Sahara ; une explosion condamnée par le roi Mohammed V. Rabat avait même rappelé pour consultation son ambassadeur à Paris. Une mesure suivie par l'envoi en France du ministre de la Défense, Mohammed Aouad, porteur d'une lettre de protestation du roi au président Charles de Gaulle.
C'est à la suite de ce message que le chef d'Etat français, dans un geste d'apaisement, a informé Mohammed V de la poursuite des essais nucléaires français. «Les relations amicales que je suis heureux d'entretenir avec Votre Majesté me déterminent à l'informer personnellement de la décision que j'ai prise de faire procéder à partir du 31 mars à une nouvelle expérience nucléaire au Sahara (…) L'explosion sera beaucoup moins puissante que la précédente. Elle en constituera en quelque sorte le complément», a écrit le président au monarque.
«Je tiens à cette occasion à donner à Votre Majesté l'assurance que toutes les précautions sont prises afin que les retombées radioactives ne présentent aucun danger pour les populations.»
Le président Charles de Gaulle
De son côté, Ahmed Ben Bella, qui occupait le poste de vice-président du gouvernement provisoire algérien, a reconnu dans une déclaration à la presse la marocanité du Sahara oriental. «L'explosion de Reggane a eu lieu. Le Maroc a protesté auprès de la France parce que l'explosion a eu lieu sur ses territoires. Ils nous ont demandé de nous associer à leur protestation contre la France», avait-il précisé dans des déclarations à la presse. Des propos vite oubliés une fois investi président de l'Algérie, le 17 septembre 1963.


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