La nouvelle page dans les relations entre le Maroc et le Kenya, se précise. Nairobi a fait, ce lundi à Rabat, un grand pas en direction de la solution proposée, depuis 2007, par le royaume pour le règlement de la question du Sahara occidental. Ce lundi à Rabat, le ministre kenyan des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi, a rencontré son homologue marocain, Nasser Bourita. À l'issue de leurs discussions, un communiqué conjoint a été publié, dont le contenu va susciter des grincements de dents en Algérie et au sein du Polisario. «La République du Kenya salue le consensus international croissant et l'élan impulsé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI en faveur du plan d'autonomie proposé par le Royaume du Maroc, considéré comme la seule solution crédible et réaliste pour résoudre le différend autour du Sahara.» Communiqué conjoint Le document précise également que «la République du Kenya considère le plan d'autonomie comme l'unique approche durable pour régler la question du Sahara et entend collaborer avec des Etats partageant cette vision pour en favoriser la mise en œuvre». De son côté, «le Royaume du Maroc se félicite du soutien du Kenya au cadre des Nations Unies, reconnu comme le seul mécanisme pour parvenir à une solution politique durable au différend sur le Sahara». Cette position constitue une véritable douche froide pour l'Algérie et le Polisario, qui continuent de défendre le «plan de règlement africain». Nairobi prend ses distances avec le Polisario Les deux ministres ont réaffirmé «le rôle exclusif des Nations Unies dans le processus politique» et ont exprimé leur soutien aux résolutions du Conseil de sécurité, notamment la résolution 2756 (2024), à laquelle Alger s'oppose. Pour rappel, l'Algérie avait boycotté le vote de ce texte par les membres du Conseil le 31 octobre 2024. «Le Maroc apprécie la reconnaissance par le Kenya de sa coopération continue avec le Secrétaire général de l'ONU et son Envoyé personnel pour faire avancer le processus politique sur la base des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.» Sur le plan bilatéral, les deux ministres ont souligné «l'importance d'un dialogue politique conjoint de haut niveau pour harmoniser leurs positions au sein des instances régionales, continentales et multilatérales». Les deux pays se sont engagés à concrétiser cette nouvelle étape dans leur relation en «accélérant immédiatement leurs échanges économiques, commerciaux et sociaux dans des domaines tels que la pêche, l'agriculture, la sécurité alimentaire (y compris l'importation d'engrais), la santé, le tourisme, les énergies renouvelables, la coopération en matière de sécurité, ainsi que les échanges culturels, religieux et interpersonnels, conformément au communiqué conjoint signé à Nairobi le 14 septembre 2022», lors de la rencontre entre Nasser Bourita et le président William Ruto. Cette rencontre avait été marquée par l'annonce du retrait du Kenya de sa reconnaissance de la «RASD», une décision qui avait toutefois été de courte durée. Dans cette dynamique de coopération, le Maroc et le Kenya ont annoncé l'ouverture d'une liaison aérienne directe entre Casablanca et Nairobi. «Le Royaume du Maroc s'est engagé à signer un accord commercial bilatéral dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) pour renforcer les opportunités commerciales», précise le communiqué conjoint. Hier, le ministre Musalia Mudavadi a exhorté l'ambassadrice de son pays à Rabat à «réduire le déséquilibre commercial actuel en augmentant les exportations de thé et de café kenyans vers le Maroc», tout en soulignant que «les importations kenyanes, principalement d'engrais et d'autres produits de base essentiels, s'élèvent à 12 milliards de shillings kenyans (93 006 529,08 dollars américains), tandis que les exportations vers le Maroc restent nettement inférieures, à seulement 500 millions de shillings kenyans (3 875 272,04 dollars)». Le Kenya a ouvert officiellement, ce lundi, son ambassade au Maroc.