Le Forum marocain des industries culturelles et créatives (FOMICC) s'est ouvert, ce jeudi à Rabat, pour une troisième édition qui réunit les faiseurs de tous les métiers de la création, allant des arts à l'artisanat, en passant par les accompagnateurs de projets. A l'initiative de la Fondation Hiba, ce rendez-vous décliné en panels d'intervenants et en ateliers professionnels valorise un secteur qui a dépassé les 2,5% du PIB national en 2024. Ph. FOMICC ‹ › En trois ans, le Forum marocain des industries culturelles et créatives (FOMICC) est devenu un espace de ritualisation et de rencontres. Celles-ci donnent lieu à des initiatives pérennes, s'érigeant ainsi en facteur accélérateur de décisions. C'est dans ce sens que la troisième édition, qui se tient du 11 au 14 décembre à Rabat, se veut désormais une contribution effective à même d'accompagner un secteur qui a généré près de cinquante milliards de dirhams en 2024 et dépassé les 2,5% du PIB national au Maroc. À cet effet, le programme s'articule autour de trois grands parcours : le financement de l'entrepreneuriat culturel, l'export, la mobilité et l'accès aux marchés, ainsi que la coopération africaine. En ouverture de cette édition, jeudi, le président de la Fondation Hiba, qui organise le FOMICC, a indiqué que ces thèmes étaient abordés au bon moment, à travers des panels et des ateliers, grâce au soutient du ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication, celui de l'Inclusion économique, de la petite entreprise, de l'emploi et des compétences, la Délégation de l'Union européenne au Maroc et l'ambassade de France au Maroc. Ces thématiques sont mises en lumière dans un contexte où le Maroc se prépare à accueillir de grands événements, dont la Coupe d'Afrique des nations (CAN 2025) et le Mondial 2030, conjointement avec l'Espagne et le Portugal, entre autres rencontres majeures «qui sont autant d'occasions de montrer au monde la créativité marocaine et africaine», a déclaré le président de la Fondation Hiba. Un espace fédérateur pour les métiers des ICC Dans ce sens, Younes Boumehdi considère que le FOMICC est devenu «bien plus qu'un événement». «C'est une communauté, un espace de travail, un laboratoire d'idées et, je l'espère, un facteur accélérateur dans la prise de décisions», a-t-il dit. C'est ainsi que cette troisième édition se donne comme objectif de «passer du diagnostic à l'action», dans un environnement économique et culturel où les ICC connaissent une évolution exponentielle au niveau national, ces dernières années. En chiffres, Younes Boumehdi a estimé que les 50 MMDH générés grâce aux ICC en 2024 étaient l'œuvre de 150 000 emplois directs et plus de 200 000 indirects, dont 34% pour les femmes. «L'objectif est de doubler ce poids économique et ces emplois d'ici 2030», a insisté le président de la Fondation Hiba, également vice-président de la Fédération des industries culturelles et créatives (FICC) au sein de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). Younes Boumehdi, président de la Fondation Hiba / Ph. FOMICC Selon Younes Boumehdi, «chaque point de PIB gagné dans les ICC signifie des dizaines de milliers d'emplois directs et indirects». «Derrière chaque studio, festival, atelier, média, il existe des trajectoires de vie, des familles, des quartiers qui vivent mieux. Le potentiel est immense, mais il demande des choix politiques clairs, des règles adaptées, des financements mieux ciblés, des formations en phase avec la réalité du terrain, des infrastructures accessibles, des données pour piloter, une gouvernance qui écoute et qui associe.» Younes Boumehdi, président - Fondation Hiba Abordant l'ancrage territorial des ICC et l'intérêt porté aux dimensions locales et régionales de la question, le directeur général de la Fondation Hiba, Marwane Fachane, a déclaré à Yabiladi qu'un travail «impressionnant» s'effectuait en amont, afin de valoriser et de visibiliser ces dynamiques au sein du FOMICC et à long terme, tout en convergeant les efforts des acteurs privés, publics, indépendants et institutionnels. «Nous accompagnons et agissons dans ce processus comme on le ferait avec toute autre industrie, car il faut cesser de penser et de diffuser l'idée reçue que les ICC évolueraient séparément des autres secteurs, quand bien même elles seraient faites de métiers différents», nous a affirmé Marwane Fachane, en ouverture de la troisième édition du FOMICC. «C'est à partir de là qu'avec Rayhane Monkachi, responsable des partenariats à la Fondation Hiba, nous avons parcouru tout le Maroc depuis trois ans. Nous nous sommes rendus auprès des Technoparc, des Centres régionaux de l'investissement (CRI), dans l'optique de renforcer un écosystème local et promouvoir l'entrepreneuriat créatif, au sein des territoires et avec des instances dont les statuts portent également sur les ICC. Nous nous sommes tournés aussi vers les universités, les écoles, les artisans et divers acteurs culturels.» Marwane Fachane, directeur général - Fondation Hiba Un moteur de développement local et un soft power national Pour le directeur général de la Fondation, «les compétences, les formations et les métiers diffèrent, mais l'essence de l'industrie est la même ; cette idée gagne à être adaptée et déclinée à travers les régions, afin de dynamiser des ICC créatrices de valeur, à impact social et économique». Marwane Fachane et Rayhane Monkachi - Fondation Hiba / Ph. FOMICC Autant dire que les ICC, par leur diversité, constituent un moteur de l'emploi pour les jeunes, les femmes, une aubaine pour le développement territorial et régional et une source de fierté pour les diasporas, en plus d'être un élément constitutif de la qualité de l'expérience touristique dans le pays. Dans ce registre, le président de la Fondation Hiba rappelle que cette dynamique s'inscrit dans la vision royale, en citant le roi Mohammed VI pour souligner que «la culture est le ciment de notre identité et le moteur de notre développement économique et social». «Cette vision, nous la partageons profondément, tant à la Fondation Hiba qu'à la FICC, parce que la culture crée du lien dans une société qui change rapidement, parce qu'elle est un moteur économique puissant, créateur d'emplois, de valeurs d'export et d'attractivité touristique, un levier de soft power pour un Maroc qui regarde à la fois vers l'Afrique, la Méditerranée, l'Europe et le monde.» Younes Boumehdi, président - Fondation Hiba Cette dynamique est rendue possible également à travers le programme Kawaliss de la Fondation, qui propose un incubateur des ICC. L'objectif est notamment de «promouvoir l'insertion professionnelle des jeunes et de l'entrepreneuriat culturel, à travers un dispositif complet permettant l'émergence et le développement de projets viables à fort impact». Article modifié le 12/12/2025 à 00h05