DR ‹ › Jeudi soir, France 2 a diffusé une enquête révélant des opérations clandestines menées par les services de renseignements algériens sur le sol français, suscitant la colère des autorités algériennes. Ce samedi, le chargé d'affaires de l'ambassade de France à Alger a été convoqué par le ministère algérien des Affaires étrangères pour lui signifier «la responsabilité d'une chaîne de service public français dans cette véritable agression contre l'Etat algérien, ses institutions et ses symboles», selon un communiqué du ministère dirigé par Ahmed Attaf. «Contrairement à toutes les pratiques et coutumes diplomatiques, la participation de l'ambassade de France à Alger, et celle de l'ambassadeur personnellement, à l'animation de cette campagne outrageante menée par cette chaîne publique, renforce le sentiment que celle-ci a bénéficié d'une approbation de services officiels français.» Alger fait référence aux témoignages de l'ambassadeur de France, Stéphane Ramatet, dans le documentaire de France 2, notamment à ses déclarations sur la reconnaissance de la marocanité du Sahara. Le ministère algérien des Affaires étrangères estime que «l'action de la chaîne française en question représente une nouvelle étape dans l'escalade des manœuvres anti-algériennes que des milieux officiels français entretiennent pour maintenir les relations algéro-françaises dans un état de crise permanent». Le communiqué conclut en «condamnant avec une extrême vigueur l'émission» Complément d'enquête, la qualifiant de «tissu de contre-vérités profondément offensantes et inutilement provocatrices». Par le passé, l'Algérie avait pourtant bénéficié d'une bienveillance particulière de la part de certains médias français. En octobre 2022, CNews avait annulé, à la dernière minute, une interview de Ferhat Mehenni, président du Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK). De même, en mai 2023, une enquête de BFMTV sur les opérations clandestines des services de renseignements algériens en France n'a jamais été diffusée, alors que les chaines de télévision publiques algériennes multipliaient les sujets tendacieux visant la France.